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NOUVEAU

DICTIONNAIRE

D'HISTOIRE NATURELLE,

APPLIQUÉE AUX ARTS,

A l'Agriculllire , a l'Économie rurale et domestique, à la Médecine , etc.

PAR UNE SOCIÉTÉ DE NATURALISTES ET D'AGRICULTEURS.

Nouvelle Édition presqu entièrement refondue et conside'- rablement augmentée ;

AVEC DES FIGURES TIRÉES DES TROIS REGNES DE LA NATURE.

TOME YIII.

DE L'IMPRIMERIE U'ABEL LANOE, RUE DE LA IIARI'E,

A PARIS,

Chez DETERVILLE, libraire, rue hautefeuille, w" 8.

M DCCG XVII.

Indication des Pages oîi doivent être placées les Planches du Tome VIII ^ avec la note de ce qu elles représentent.

B 2 2. Oiseaux l'^g- ^

Caille delà Chine, ou Fraise.— Coracine céphaloptère. —Casse-noix.

B 25. Coquilles , 4^

Conchole'pas péruvien. —Cône musique. Cône cein- ture bleue. Cône drap d'or. —Cône aile de papillon. Cône mosaïque. Corbule unie. Crassalelle fossile. Cuculle'e crassatine. Cyclostome scalata.

B Sa. Plantes T07

Corette potagère. Corossol à fruit he'rissé. Coslus d'Arabie. Cotonnier annuel.

B 2T. Insectes l54

Calope serraticorne. Cercopis sanguinolente. Ce'rie clavicorne. Céroplate charbonné, et sa tête grossie Cholève soyeuse grossie. Cnodalon azuré. CoIIiure longicolle. Corée porc-épic. Cossyplie de Hoff— mansegg. Crabron criblé et sa patte grossie. Cryp- tocère très-noir. Cychrus à bec.

B 39. Physique ' 248

Colorigrade comparable.

B 33. Reptiles 2()4

Couleuvre à stries. —Couleuvre cannelée. Couleuvre écarlate. Couleuvre boïga. Couleuvre des Dames. Couleuvre daboie.

B 34. Plantes 290

Cûulequin ombiliqué. Courbaril d'Amérique. Cro- tonsébifère. Curumalong.

B 35. Reptiles Pag. 371

Crapauc! bossu. —Crapaud agua. Crapaud cornu. Crapaud pipa. Crapaud perlé. —Crapaud rude. Crapaud de Roësel. —Crapaud criard. Crapaud ac- coucheur.

B 36. Reptiles 4^2

Couleuvre argus. Couleuvre molure. Couleuvre agile. Couleuvre à collier. Crocodile du Nil. Crocodile gavial. Crotale boiquira. Dragon vo- lant.

B 3 Minéralogie 54 1

Calce'doine en g^ode. —Cuivre natif de Sibérie. -^Cui- \fe pyriteux en dendçit^.

NOUVEAU

DICTIONNAIRE

D'HISTOIRE NATURELLE.

COR

i_jORACES, Coraces. Famille de l'ordre des Oiseaux syl- VAINS, et de la tribu des Anisodactyles. V. ces mots. Caractères : pieds médiocres, peu forts; tarses annelés, nus; doigts ex- térieurs unis à leur origine; pouce épaté ; bec en couteau, épais, à base nue ou emplumée, entier ou échancré , rare- ment plus long que la tcte ; douze rectrices. Cette famille renferme les genres : Corbeau, Pie, Geai, Cassenoix,

CORACIAS, ChOQUARD, TÉMIA , y\.SÏRAPIE, QuiSCALE, CaS-

SïCAN, ROLLIER. Voyez ces mots, (v.)

CORACIA. C'est, dans Brisson, le nom générique du CoRACiAS. V. ce mot. (v.)

CORACIAS , (JoraaV/, Briss.; Coa^ms, Lalh. Genre Tordre des oiseaux Sylvains, et de la famille des Coraces. Voyez ces mots. Caractères : bec plus long que la tête , garni à la base de plumes courtes dirigées en avant, entier, un peu grêle, arrondi, convexe en dessus, arqué, pointu; narines un peu arrondies, ouvertes, cachées sous les plumes du ca- pistmm; langue cartilagineuse, médiocre, bifide à la pointe; aileslongues; lapremière rémige la pluscourte des primaires; la deuxième moins allongée que la sixième ; les quatrième et cinquièmes les plus longues de toutes; quatre doigts, trois de- vant, un derrière. Ce genre n'est composé que de deux espè- ces, dont Tune se trouve en Europe, et l'autre à la Nouvelle- Hollande. On a rangé les corarias avec les corbeaux ; en effet, ils ont, comme ces derniers, les narines recouvertes par des plumes dirigées en avant; mais ils en diffèrent par les formes du bec, ce qui m'a déterminé à adopter le sentiment de Brisson, qui en fait un genreparticulier: M. Qxx^ïqv (Règne ani- Yin. I

^ COR

mal ) , classe les coracias parmi les huppes^ sous les noms de cra\?e et defragilus.

Le Coracias Àbec noir , Coracia melanoramphos , Vieill,, se trouve à la Nouvelle-Hollande; son bec est moins long que celui du suivant, et il est noir, ainsi que les pieds; la mê- me couleur règne sur tout le plumage ; mais elle est moins profonde que celle de notre coracias, et elle jette très-peu de reflets.

Le Coracias À BEC ROUGE, Corarîaerj'throramphos^ Yieill.; Cojvus garnilus ^ Lath. , pi. enl. de Buffon, n.» 255, est tota- lement d'un noir à reflets verts , bleus et pourpres ; le bec et les pieds sont rouges, les ongles noirs; longueur totale, quinze pouces.

Dans quelques individus, le bec et les pieds sont jaunes. Picot-Lapeyrouse fait mention, dans ses Tables mélhotUifues , d'une variété toute blanche.

Quoique d'un naturel vif, inquiet et turbulent, ce cora- cias se prive à un certain point: lorsqu'on veut l'élever, ou le nourrit d'abord d'une espèce de pâte faite avec du lait, du pain et des grains; mais, par la suite, il s'accommode volon- tiers de tous les mets qui se servent sur nos tables. Il a des habitudes analogues à celles des pies et des corbeaux; comme eux, il est attiré par ce qui brille, et comme eux il cherche à se l'approprier; et on l'a vu même, dit Montbeillard, en- lever du foyer des cheminées, des morceaux de bois tout allumés, et mettre ainsi le feu dans la maison. Mais l'on Oiourroit, dit-il, tourner contre lui-même cette mauvaise ha- bitude, et la faire servir à sa propre destruction, en em- fdoyant les miroirs pour l'attirer dans les pièges , comme on es emploie pour attirer les alouettes.

Cet oiseau a le cri aigu quoique assez sonore, et fort sem- blable à celui de Vhuilrier ; il le fait entendre presque con- tinuellement, et l'on prétend qu'il apprend à parler. La femelle établit son nid au haut des vieilles tours abandon- nées et des roches escarpées; elle y pond quatre à cinq œufs blancs, tachetés de jaune sale. Les coracias habitent ordi- ïaairementles rochers; mais il semble qu'ils préfèrent ceux qui sont situés du côté de l'occident à ceux qui sont à l'orient et au midi, quoiqu'ils présentent à peu près les mêmes sites et les mêmes expositions. Ils fréquentent les Alpes, les montagnes de Suisse et celles de l'Auvergne; mais on ne les voit pas 6ur les montagnes du Bugey, ni dans toute la chaîne qui borde le pays de Gex jusqu'à Genève. On les retrouve en- core sur le Mont Jura, en Suisse , et dans l'île de Crète ; et partout ils ne se plaisent qu'à la cime des rochers. Les Coracias seroient voyageurs, si comme l'assure H asselquist, ils

COR 3

arrivent vers le temps le Nil déborde est prêt à rentrer dans son lit; ils y seroient attirés par les insectes et les grains nouvellement semés et ramollis par le premier travail de la végétation, car ces oiseaux sont également granivores et in- sectivores. 11 résulte de Tadmission de ce fait, que cette es- pèce n'est point, comme on l'a cru, attachée exclusivement aux sommets des montagnes, et quelle en descend, ainsi que plusieurs autres, lorsqu'elle est attirée par une nourriture plus abondante et plus facile à trouver.

Le CoRAClAS TIVOUCH, Coracia crîsiata, Vieill.; Upupa ca- pem'is^ pi. 3 des Promérops de VHist. nai. des Oiseaux dorés. Cet oiseau, auquel j'ai conservé le nom qu'il porte dans l'île de Madagascar, est plus connu sous les dénominations de huppe giise , ou de huppe noire et bhinche du Cap de Bonne-Es- pérance; comme oxi\ a jusqu à présent classé avec le pvput et les promérops., on me reprochera, peut-être, de l'avoir déplacé pour le mettre dans un autre genre. Cependant ce n'est ni un puput ni un promérops ; et le coracias est l'oiseau dont ilse rapproche le plus, par son bec, garni, à la base , de petites plumes dirigées en avant , et couvrant presque entièrement les narines; caractère qui a donné lieu à M. Cuvier de dire (article des huppes du Règne animal), que " cet oiseau se lie plus particulièrement aux craves ( les coracias), parce que les plumes antérieures de sa huppe , courtes et fixes, se dirigent en avant et couvrent les narines; » en effet, ce caractère n'existe point chez notre huppe ou puput , ni chez les promé- rops; de plus, le tivouch diffère de la huppe, en ce qu'il a douze pennes à la queue, et la langue d'une longueur ordi- naire; tandis que chez le puput, la qifeue nVst composée que de dix pennes , et que la langue est très-courte , obtuse et très-entière ; ces deux attributs, joints à celui des nari- nes, m'ont paru suffisans pour le retirer du genre upupa; il se rapproche davantage des promérops qui ont, dit-on, la langue presque aussi longue que le bec , et douze pennes à la queue; mais ceux-ci ont les narines découvertes et les plumes du capistrum nullement couchées sur le bec. Les co- racias étant donc les seuls qui présentent la réunion des at- tributs du tivouch, je me suis déterminé à le placer dans leur genre; cependant, si, comme le dit Montbeillard, sa langue est divisée par plusieurs filets à son extrémité, ce caractère ne se trouve point chez les coracias , dont la langue est seu- lement bifide à la pointe.

Cette espèce se trouve, dit-on, aussi dans l'Ile de Bour- bon et au Cap de Bonne-Espérance, elle fréquente les forêts et s'y nourrit d'insectes, de graines, de baies , et pat-

4 COR

iiculièrement de celles au pseudobuxus. On ajoute qii'elle est susceplible de devenir très-grasse aux mois de juin et de juil- let. Elle a le bec , les pieds et les paupières jaunes; l'iris d'un brun bleuâtre; une belle huppe blanche, composée, dans le milieu , de plumes longues , flexibles , et à barbes désu- nies ; ces plumes se recourbent en avant quand ces oi- seaux les redressent; le dessous du corps est de cette même couleur, ainsi que le cou, dont le dessus est d'une teinte grisâtre; le dos, le croupion, les ailes, la queue et les plu- mes des jambes sont d'un gris rembruni ; les pennes primaires ont une tache blanche vers leur milieu; les ongles sont bruns; longueur totale, neuf pouces trois quarts. Montbeillard s'est mépris en lui donnant vingt pouces de long.

Le CoRAClAS HUPPÉ , ou le SoînNEUR, Cojvus eremiia^ Lath., que Ton a décrit d'après Gesner, paroît être un oiseau ima- ginaire , et vraisemblablement un courlis défiguré. Ne se- roit-ce pas le Courlis vert ( Tantalus faldnellus^ Lath. ), auquel on auroit mis une fausse huppe? Au reste, ce n'est, de ma part, qu'une conjecture, fondée sur les couleurs que l'on donne à son plumage, et sur la nudité de quelques par- ties de sa tête, lorsqu'il est dans l'âge avancé ; d'où est venu le nom de rurbeau rhaui>e^ que l'on a imposé à ce prétendu coracias. (v.)

COR AGI AS. C'est, dans Linnseus, le nom générique des

ROLLIERS. (V.)

CORACIAS, CORACITES. Noms donnés ancienne- ment aux RÉr.EMNiTES et à une pierre noire, de la couleup des plumes du corbeau, (ln.)

CORACINA. V. CoRAciNE. (v.)

CORACINE , Cumdna^ Vieill. ; Corous, Lath. Genre de l'ordre des oiseaux Sylvains, et de la famille des Bacci- \ORES. V. ces mots. CaracÛres : bec à base glabre chez les uns, couverte de plumes veloutées ou sétacées chez les au-^ 1res, épais, robuste, déprimé, anguleux en dessus, étroit vers le bout; mandibule supérieure, ou entière ouéchancrée et courbée vers la pointe ; l'inférieure plus courte , un peu aplatie en dessous; narines ovales, ouvertes, situées près du front ; bouche ample ; ailes à penne bâtarde courte ; \ei deuxième, troisième cl quatrième les plus longues de toutes ; quatre doigts , trois devant , un derrière ; les extérieurs unis à leur origine.

Ce genre est divisé en quatre sections : la première ren- ferme les espèces qui ont le bec garni à la base de plumes veloutées (les Col-nus); la deuxième, celles dont les narines sont recouvertes par des plumes sétacées , dirigées en avant, et dont la mandibule supérieure est |chaDcréc vers le bout

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(les ChOUCARIS); la-U'oisîème, les espèces dont le bec est nu à la base et échancré à la pointe (les Coracines chauve ,

VERTE , KaILORA , A VEISTRE RAYÉ ET A FRONT BLANC ; la

quatrième , celle dont les narines sont découvertes et dont le bec est entier (le Céphaloptère),

Les principaux caractères indiqués ci-dessus m'ayant paru assez prononcés et assez distincts de ceux des corbeaux , parmi lesquels Latham et Gmelin ont rangé mes comcities ^ j'ai cru pouvoir les en retirer pour en composer un nouveau genre. M. Cuvier (iî%ra<î animal') les en a aussi distraits , 1.° sous les noms de Choucari, Graucalis; 2.° de Gymnodère; 3." de Gymîïocéphale ; 4-° de Céphaloptère. Les trois dernières dénominations sont d'après M. le professeur Geoffroy- Saint-Hilaire.

Plusieurs coracines se trouvent dans les forets de l'Amé- rique méri,dional,e , et les autres dans celles de l'Asie aus- trale. Toutes sont du nombre des oiseaux dont la partie his- torique n'est pas connue.

La Cor ACiNE céphaloptère , Covadna csphalopiera ^ pi. B. 32, f. 2 de ce Dictionnaire^ se trouve au Brésil. Lebec, les pieds et tout le plumage sont d'un beau noir à reflets métalliques et éclatans sur diverses parties; la taille est celle du choucas ; les plumes du dessus de la tète sont longues , à tige très-grj^le, moitié blanches, et terminées par un épi de barbe décom- posée ; elles se recourbent vers le bout , de manière que la tcle et le bec semblent être sous, un large panache qui , dans sa circonférence , représente assez bien un parasol. Cet oi- seau est encore remarquable par une expansion cutanée en forme de jabot, recouverte en devant et sur les côtés par des plumes allongées , larges et formant un faisceau qui s'isole en s' avançant sur le haut de la poitrin.e , et qui laisse à décou- vert une partie des côtés ^u cou, dont la peau est nue et dun bleu de ciel.

La C0RACINE CHAUVE ou GymjSOCéphale , Coracina g)m-^ Tiocephala , Vleill. ; Coiviis calws , Lath, , pi. ^9 des Oiseaux rares et nouveaux de Levaillant. On a comparé cette coracine vlvl freux on /rayonne ^ sous le rapport de la nudité de la tête , comparaison qui me paroît juste ; car, comme celui-ci , elle n'a celte partie nue que lorsqu'elle est adulte, le jeune ayant comme le jeune freux toute la tête emplumée, et même les narines cachées par de petites plumes sélacées; et c'est ce que je puis assiirer, d'après un individu que j'ai eu occasion de voir , et dont j'ai fait mention dans la première édition de ce Dictionnaire (article du choucas chauve').

L'adulte a le plumage roux , un peu plus foncé sur les par- ies supérieures que sur les inférieures; les pennes des ailes

6 COR

Et delà queue noires ; les petites couvertures aîalres roiis- sâtres ; les grandes brunes et noires ; les inférieures blan- ches ; le bord des pennes d'un joli gris ; le bec , les pieds et les ongles noirs ; l'iris brun.

Le ji'une a les plumes de la lêle grises avec des points d'un gris plus clair à leur extrémité ; le reste de son vêtement d'une teinte moins foncée que celui de l'adulte. Cette espèce n'est point rare dans les forêts de la Guyane française. Les nègres lui donnent le nom à oiseau-mon-pèie ^ parce qu'ils trouvent dans sa tête chauve et ses couleurs, de l'analogie avec la tête et la robe d'un capucin , qu'ils appellent mon père.

La CoRACINE CHOUCARI , Coracina papuensis , Vieill. ; Cor- v:is papuensis , Lath. Cet oiseau a dans ses couleurs des rap- ports avec la rorarine à ventre rayé ; mais, il a, comme le rur- he.au, les narines cachées sous des plumes qui se dirigent en avant. Ce caractère le distingue de toutes les espèces de ce genre. Un gris cendré domine sur le plumage de cet oiseau, mais il est plus foncé sur la partie supérieure du corps , plus clair sur l'inférieure, et se dégrade presque jusqu'au blanc sous le ventre et les entours ; une bande noire environne le bec ; les grandes pennes des ailes sont d'un brun noirâtre ; les ailes ne s'étendent pas au-delà de la moitié de la queue ; ses pieds sont petits , et ses ongles courts : longueur, environ onze pouces.

La CoRACINE COU-NU OU GymkodÈRE , Coyarinagymno- dera , Vieill. ; Corms nudus , Lath. , pi. 4-5 des Oiseaux rares et nouveaux de M. Levaillant. Cet oiseau a le cou nu sur les côtés, avec quelques plumes isolées ; le dessus de la tête, le derrière du cou et la gorge couverts de petites plumes noires serrées et veloutées ; la bordure extérieure des pennes inter- médiaires des ailes, les secondaires, et toutes les couver- tures supérieures d'un gris bleuâtre ; les pennes primaires et Il queue d'un noir à reflets bleuâtres; le reste du plumage , le bec et les pieds noirs ; au-dessous de l'œil une peau nue de couleur jaune ; l'iris d'un rouge-brun ; le bec blanchâtre avec la pointe noirâtre. Longueur totale, seize pouces; gros- seur du choucas. On le trouve à la Guyane.

La femelle , au lieu d'avoir les ailes d un gris bleuâtre , les a d'un noir-brun; les plumes des scapulaires et de la poitrine avec quelques bordures grises; le resie du plumage d'un brun noirâtre sans reflets ; le bec et les pieds d'un brun-noir. Il ne me paroît pas certain que cet oiseau soit la femelle ; ne seroit-ce pas plutôt un jeune ? car M. Levaillant nous dit que les jeunes mâles portent le plumage de la femelle, et qu'ils ont alors le cou entièrement. couvert de plumes. Mais ce

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n est de sa part qu'une conjecture , peut-être fonde'e. Au reste, les cou-nus habitent la Guyane, ils fréquentent les bois ; ils s'approchent des habitations à l'époque de la ma- turité des fruits , et ils nichent au bord des rivières sur les arbres les plus élevés. Cet oiseau est en double emploi dans Latham et Gmelin , sous le nom de gracula fcctida.

La CoRAClNE A FRONT BLANC , Coracina albifrons^ Vieill. ; Corvus parificus, Lath., a dix pouces de longueur totale; le bec noir; le plumage supérieur du corps cendré ; Tlnférleur plus pâle et inclinant au brun rougeâtre ; le front et la gorge blanchâtres ; quelques soies mélangées parmi les plumes de la dernière partie ; le dessus de la tête et la nuque d'un noir sombre ; les ailes et la queue de la même couleur; mais les rémiges sont terminées de blanc sale , ainsi que les rectrices, à l'exception des deux intermédiaires. Cet oiseau se trouve dans les îles de la mer du Sud.

La CoRAClNE KAILORA , ComaW m«/rtno^5, Vieill. ; Corvus melanops , Lath. , a le bec , la face et la gorge noirs ; le dessus du corps d'un cendré bleuâtre; le dessous de la même cou- leur, mais plus pâle ; les pennes des ailes noires et bordées d'une teinte plus claire ; la queue longue de six pouce&, d'un brun-noir et terminée de blanc , à l'exception des deux inter- médiaires ; les pieds d'un bleu obscur : la taille du geai. La couleur du corps est plus foncée chez quelques individus ; le noir de la tête ne dépasse pas les yeux, et la queue n'a point de blanc à son extrémité. La femelle (ou le jeune), est rayée de brun sur le ventre et sur les parties postérieures. Je crois que le mâle est figuré dans les rolliers de M. Levaillant , sous le nom de rollierà m<isqiie noir, pi. ?ïo. Il est étiqueté au Mu- séum , sous celui de chourari à camail. Les naturels de la ÎSouvelle-Hollande appellent ces oiseaux kai-a-lora.

Latham décrit dans le deuxième Supplément de son Sy- nopsis, un oiseau du port Jackson, qui a de si grands rapports avec le kaîlora que je le regarde comme un individu de la même espèce. Cet oiseau, qu'il appelle W«c^ breasUd crown {^coTVus melanogasfer-y , diffère du précédent en ce que le noir s'étenajusque sur la poitrine, et qu'il a le ventre et les par- ties postérieures dun blanc pur ; la queue totalement noire , et les pennes des ailes bordées de blanc.

La CoRACiNE A <;oRGE ROUGE , Coracina rubricollîs , Vieill. , se trouve au Brésil. Elle est d'un noir profond, avec une grande plaque d'un rouge éclatant , qui s'étend depuis le menton jusque sur le milieu de la poitrine ; les plumes du cou, principalement en dessus, sont en si grande quantité qu'il paroît plus gros qu'il n'est réellement; la queue est un peu arrondie ; le bec bleu, blanchâtre à sa pointe et garni

8 COR

a «a base de poils courts , roides , ainsi que le menton ; l'iris est de couleur de plomb , et le tarse d'un bleu terreux chez l'oiseau vivant. Longueur totale , dix sept jA)uces envi- ron. La femelle diffère du mâle en ce que le bec est de cou- leur brune ; la plaque dun rouge moins vif; la teinte noire moins foncée ; les plumes de la poitrine , immédiatement après la plaque , moitié noires, moitié rouges, et plus nom- breuses de ces deux couleurs que chez le mâle.

La pie à gorge ensanglantée, du Paraguay, décrite par M. de Azara , appartient certainement à la même espèce , malgré quelques disparités que l'on remarque dans la des- cription que ce naturaliste en fait; comme d'avoir la poitrine tachetée et pointillée de roussâtre , et les plumes du cou presque frisées.

Ces oiseaux, dit Nozeda , cité par M. de Azara, sont inquiets et méchans ; ils changent de place aussitôt qu'ils craignent d'être vus. J'en pris un vivant, ajoute-t-il ; il étoit courageux, hérissoit toutes les plumes de son cou , celles de la tête restant couchées; il donnoit des coups de bec assez yiolens , jetoit un cri fort et guttural , et se défendoit avec ses sq»i-cs. Cette coracine se rapproche des pies du Paraguay par la manière de voler , de se poser, de se cacher entre les branches des arbres et de sauter de l'une à l'autre. Elle a de grands rapports avec le pinuhau ;pe\ii-èlre ^ourroh-on placer ce dernier dans le même genre et en faire une section parti- culière , puisqu'il en diffère par son bec moins évasé, plus caréné en dessus, par les plumes de sa base , qui ne sont point dirigées en avant , et par ses narines totalement à dé- couvert.

La Coracine a ventre rayé, Coracina fasciata , Vieill. ; Corviis KovœGuineo'^ Lalh. , pi. enl. de Buff. , n.° 629, sous le nom de choucas de la Nouvelle-Guinée , a le front , le capis- trum et un trait à travers l'œil noirs; la tête , le cou, le dos et le haut de la poitrine d'un cendré bleuâtre foncé ; les ailes noirâtres et terminées de blanc ; le bas de la poitrine, le ventre, les parties postérieures , le croupion et les couver- tures supérieures de la queue blancs et traversés de noir; les pieds dun gris sale et le bec noirâtre. Longueur, un pied environ. La femelle diffère en ce qu'elle n'a point de noir sur les cotés de la tête; la teinte cendrée est plus claire, et toutes les parties inférieures sont blanches et rayées en tra- vers de gris bleuâtre, à l'exception du bas-ventre et des cou- vertures inférieures de la queue ; le jeune mâle est , dans son premier âge , marqué de noirâtre sur les oreilles, rayé en travers de blanc et de gris bleuâtre sur la tête, et moucheté de blanc depuis la gorge jusq;i'au ventre, sur un fond cendré.

COR 5

La CoRAOlNE VERTE, Coradna viiidis , Vleill., est totale- ment verte avec des taches blanches , en forme de larmes sur la tête, le cou et sur toutes les parties inférieures; la queue est terminée de blanc ; le bec très-robuste, est un peu comprimé par les côtés , ce qui semble l'éloigner de ce genre. Taille du pigeon biset. On trouve cet oiseau à la Nouvelle- Hollande , mais il n'est pas certain qu'il soit sous son plu- mage parfait ; ses narines découvertes , les plumes du capis- trum dirigées en arrière , la force et la forme de son bec me paroissent être des attributs assez différens pour l'éloigner de l'individu qu'au Muséum on donne pour un mâle de la même espèce. V. Ciioquârd. (v.)

CORACINO. Nom italien du Corassin ou Hamburge, poisson du genre Cyprin, (desm.)

COR AGITES. V. Coracias. (m.)

CORAIL, Corallium. Genre de polypiers ^ dont le carac- tère est d'être pierreux , solide , strié à sa surface , et recou- vert d'une enveloppe charnue , poreuse et polypifère. Voyez pi. A. 28, il est figuré.

Il est peu de personnes qui ne connoissent le corail , cette production la plus précieuse de la mer après les perles, et qui de tout temps a fait l'objet d'un grand commerce pour les habitans des bords de la Méditerranée.

Quelques naturalistes anciens et modernes avoient consi- déré le corail comme une production minérale, comme une pierre végétante , et d'autres l'avoient regardé comme appar- tenant au règne végétal. Dioscoride , Pline , Césalpin , Tour- nefort , etc., étoient de cette dernière opinion. Peyssonel , le premier , fit connoître sa vraie nature , et depuis lui , on n'a plus douté que le corail , ainsi que les gorgones et genres voi- sins, ne fussent des loges d'animaux, c'est-à-dire, des produc- tions polypeuses.

Il n'en est pas moins vrai que le corail ressemble com- plètement à un arbrisseau sans feuilles. On lui voit un large pied qui l'attache aux rochers ; de ce pied ne s'élève ordi- nairement qu'une tige , dont la grosseur varie , et qui ne tarde pas à se diviser en un petit nombre de branches qui elles- mêmes se divisent et se subdivisent , irrégulièrement, en un £;rand nombre d'autres. Ces branches sont ordinairement rondes comme la tige ; mais on en voit quelquefois d'aplaties ou d'anguleuses.

La plus grande hauteur d'un arbre de corail, dans la Médi- terranée , est d'environ un pied et demi ; son plus grand dia- mètre de huit lignes: toutes ses parties sont identiques, excepté Técorce , qui est moins compacte que le cœur.

COR

La pariie intérieure égale le marbre en dureié , même nu fond de la mer , excepté à l'extrémité des rameaux , elle est plus tendre que Técorce. C'est par un préjugé fondé sur l'ignorance l'on étoit de sa nature , qu'on a cru qu'elle se durcissoit à l'air.

Lorsqu'on fait calciner une branche de corail , on voit qu'elle est formée de plusieurs couches concentriques.

Donati a fait de très-précieuses observations sur la nature du corail ; il en résulte qu'en dehors il est cannelé ou strié , selon que la partie qu'on examine est plus ou moins près ou loin de la racine ; qu'à ces cannelures ou stries , s'attache immédiatementune pellicule ou tunique médiocrement molle, composée de petites membranes pleines de vaisseaux et de glandes. Toutes ces parties ensemble forment un corps réti- culaire accompagné de plusieurs petits vaisseaux remplis d'un suc blanchâtre qui se répand dans ses interstices. A ces mem- branes sont aussi attachés plusieurs corpuscules fort menus , sphériques , et liés l'un à l'autre par d'autres petites mem- branes ; c'est à ces corpuscules qu'il faut attribuer la forma- lion de la partie dure intérieure , comme ils doivent eux- mêmes leur origine aux polypes.

L'écorce est formée de petites membranes très-déliées, ou de petits fils auxquels sont attachés une immense quantité de corpuscules pierreux ; elle est traversée , dans sa longueur, par des tubes cylindriques , parallèles , très-rapprochés, des- quels sortent de côté et d'autre des vaisseaux plus petits qui ont communication avec les membranes de la tunique : par ces derniers coule une liqueur laiteuse.

Cette écorce , nouvellement pêchée , est gluante , tuber- culeuse , et s'enlève aisément; mais lorsqu'elle est desséchée, on ne peut plus l'ôter qu'en la réduisant en poussière.

Les tubercules ont des bases larges et rondes, et leur som- met est terminé par une petite lèvre divisée en huit parties. C'est à leur extrémité , qui est creuse , tubuleuse , et re- vêtue intérieurement , par une duplicature de la tunique jusqu'à la moitié de leur hauteur , que finit l'écorce.

Chacune des cavités de ces tubercules, donne retraite à un polype blanc, mou et un peu transparent. 11 a huit tentacules égaux, coniques, et munis d'appendices aussi coniques, qui sont rangés sur les deuxbords opposés du même plan.La bou- che est située au centre de ces tentacules; elle est évasée à son ouverture, et sillonnée, dans sa longueur, par huit stries. Plus bas est le ventre de l'animal, très-court, et ne tenant aux pa- rois de la cellule que par un ligament irès-foible.

Dès qu'on tire de l'eau le corail , ou qu'on le touche , tous les polypes se contractent. Dans celte opération , les appen-

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dices des tentacules rentrent en elles-mêmes ; ens\ntp chaque tentacule se replie sur le milieu, et la bouche se referme. Pour pouvoir observer cette manœuvre , il faut plonger le corail dans l'eau de mer aussitôt qu'il est péché.

Donati a vu , au bas du ventre de quelques polypes , des petits corps jaunâtres qu'il croit être leurs œufs. Ces œufs se détachent , se fixent aux corps sur lesquels ils tombent , et il en naît un polype qui a une petite corne à sa base ; ensuite il en naît un autre à côté , puis un troisième ; enfin il se pro- duit un arbre de corail. Mais ces prétendus œufs ne sont que des boure;eons qui se développent sans changer de nature. Foyez au mot Polype.

Ordinairement le corail est d'un rouge vif; quelquefois il est couleur de rose ou jaunâtre , mais toujours , ainsi que l'a observé Donati, la tunique intermédiaire est blanch-e , et l'écorce, de plusieurs teintes, est plus foiblement»colorée que 1 intérieur. Il se trouve dans la mer Rouge et dans la Médi- terranée , attaché aux rochers dans toutes les directions pos- sibles. C'est par erreur qu'on a dit quil croissoit toujours la tête en bas. llparoît, d'après les observations de Spallaiizani, que sa reproduction est assez rapide pour que , en peu d'an- nées , un endroit épuisé par la pêche en soit de nouveau garni.

On a remarqué que lorsqu'une branche de corail a été séparée de son tronc , elle continue à croître au fond de la mer , et s'y fixe de nouveau par la partie, quelle qu'elle soit, qui touche au rocher ; alors elle croît dans une nouvelle direc- tion. Ne pourroit-on pas partir de ce fait pour faire , dans un lieu donné , une pépinière de corail , si on peut employer cette expression , et une ordonnance ne devroit-elle pas obli- ger les pêcheurs à rejeter à la mer, sur-le-champ, les sommi-" tés de toutes les branches P Ces sommités leur sont inutiles, et peuvent cependant servir à produire de nouveaux coraux qui seroient placés dans des lieux déterminés et connus , et qui croîtroient plus rapidement que ceux qui doivent leur origine à des bourgeons.

De tout temps le corail a été l'objet d'une industrie pré- cieuse et d'un commerce considérable. Aujourd'hui ce sont principalement les habitans de Marseille , de la Catalogne , de la Corse , et de quelques autres îles de la Méditerranée , qui l'exploitent. C'est principalement autour de la Sicile , à l'embouchure de la mer Adiiatjqae et sur les côtes de Tunis, que s'en fait la pèche. Elle a lieu pendant les trois mois des grandes chaleurs. Elle est tantôt fructueuse , tantôt infruc- tueuse , selon riiabileté des pêcheurs, et le hasard des cir-

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constances. Tel bateau qui pendant quinze jours n'aura pas ramassé pour un écu de corail, en trouvera pour cent le sei- zième.

Les coraillers , c'est le nom des pêcheurs de corail, em- ploient pour cette pêche une machine qu'on appelle salabre à Marseille , et qui n'est autre chose que deux forts bâtons mis en croix , au point de réunion desquels est attachée d'un côté une corde fort loiigue , et de l'autre un boulet ou autre corps pesant. A chacune des extrémités de ces bâtons , est fixé un filet de ficelle , à larges mailles , fait en forme de Bourse ouverte , et les bâtons sont entourés d'étoupe dans toute leur longueur. On se sert de cette machine en la traî- nant sur les rochers, en l'introduisant sous leurs saillies, le tout ordinairement à tâtons. Les coraux qu'elle rencontre sont brisés ; leurs branches s'entortillent à l'étoupe , ou s'arrêtent dans les filets , mais il en tombe plus qu'il n'en, reste ainsi aîcroché. Quelquefois on ramasse , en plongeant , celui qui est tombé. En général le corail se pêche à soixante ou quatre-vingts pieds de profondeur , mais on le tire quel- quefois de plus de cent.

Lorsqu'il est gros , le corail est sujet à être percé par un ver dont on ne connoît pas encore précisément l'espèce : alors il perd considérablement de sa valeur.

C'est principalement à Marseille que l'on met en œuvre le corail, et c'est principalement dans l'Orient qu'on le débite. Il y sert à garnir les armes des guerriers , à faire des bijoux aux femmes, et des chapelets aux dévots. Les Arabes n'enterrent pas un de leurs parens sans lui mettre un de ces chapelets entre les mains. 11 est également fort recherché dans l'Inde et en Afrique. H fut un temps il étoit fort à la mode en France ; mais aujourd'hui il y est tombé en défaveur.

Le corail a été aussi beaucoup employé dans la vieille mé- decine , il étoit regardé comme absorbant, diurétique , tonique, astringent, etc. Toutes ces propriétés ont disparu au creuset de la raison ; actuellement il ne sert plus qu'à net- toyer les dents , après avoir été réduit en poudre impalpable et uni à un opiat.

Aucune production de la mer n'a donné lieu à tant d'écrits que le corail : on l'a considéré sous tous les rapports possi- bles. Les meilleures figures qu'on en ait données sont celles d'EUis , Traite des Coralines , tab. 33 , fig. A. ; de Donati , Histoire de la mer Adriatique^ tab. 5; de Marsilli, Histoire mar., tab. 22 , A. 29 , et tab. 4.0. (b.)

CORAIL. On donne ce nom au Piment des Jardins^ dans quelques lieux, (b.)

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CORAIL DE JARDIN. Dénomînallon vulgaire du Poi- vre DE Guinée et du Bois immortel, (s.)

CORAIL (PETIT). C'esi le ISeflier buisson ardent, dans quelques jardins. (B.)

CORAIOINCILLO. Nom espagnol d'un Millepertuis. (Jiypericum pcrforatuni, L.). V. aussi CoRAZONCILLO (ln.)

CORAL. On donne ce nom au Boa devin, (b.)

COPvAL. Nom anglais de l'arbre au Corkil (^eiythnnaco-' rallodendrum y L. ). J. Commelin , Dillen et Petiver l'ont donné à cette même espèce ou à des espèces du même genre- V. Erythrine. Sloane anommé ainsila piscidie etyihrine. (ln.)

CORAL SCALLOP. Nom anglais d'une coquille du genre peigne (^pecten nudosum , Lk.), appelée vulgairement la Coralline. (ln.)

CORAL WORT. Nom anglais de la Dentaire bulbi- FÈRE {denlaiia bulbifera , Linn.) , plante crucifère, (ln.)

CORALLACHATES et CORALLO - ACHATES- Nom donné par les anciens à une agate qui avoit la couleur du corail , et par Pline, i." à une agate semée de points d'or, et 2." à une autre agate avec des gouttes couleur d'or produites, sans doute , par du fer sulfuré (ln.)

CORALLAIRES. Ordre établi par Blainville , parmi des Polypes composés. Il a pour type le genre Corail, (b.)

CORALLAIRE , Corallaria à petites feuilles. C'est ainsi que Rumpliius désigne le mandsiadi des Malabares, qui est un CoTSDORl (^adenaniJiera pavonina, L.). Son corallaire à grandes feuilles est un autre arbre qui paroît appartenir au même genre et que les Malais nomment , comme le précédent, ^«g^a- pohon el ay lam-pohon. Ses fleurs sont en panicule terminale, et ses légumes oblongs, à deux graines. {V. Rumph., Amb. 3, t. 109 et 110.). (ln.)

CORALLE, Coralliis. Genre de reptiles de la famille des serpens, qui a été établi par Daudin aux dépens des Boas ,de Linneeus. Il offre pour caractères : des rangées de doubles plaques sous le cou ; des plaques entières sous le ventre et la queue ; des dents aiguës aux mâchoires , mais point de cro-- chets à venin.

Il ne faut pas confondre la seule espèce qui forme ce genre avec les Boas, les Scytales et les couleuvres qui onè de grandes écailles sous la gorge.

On croit que la coralle est originaire d'Amérique. Son aspect est féroce et perfide, mais elle est peu à craindre pour l'homme, (b.)

CORALLIGÈNES Scytales ( Polypes ). Ce sont les Polypes qui forment des coraux, (ûesm.)

ÇORALLIN ou CORALH.NE. Yipèr« d'Asie, (b.)

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CORALLINAIRES. Nom d'une classe établie par Blam- ville parmi les Vers polypes de Lamarck , pour placer les CoRALLiNES et genres voisins. V. Corallinees. (b.)

CORALLIINE, Corallmu. Genre de Polypiers, dont les caractères sont : une tige rameuse, articulée ainsi que ses ra- meaux , à articulations cornées , recouverte d'une subs- tance calcaire dont la superficie n'offre pas de cellules per-i ceptibles.

Lit^ anciens naturalistes avoient pris les corallines pour des plantes, et on les trouve figurées dans leurs ouvrages, sous les noms de mousses rnarinesoa de/«a/i. Plusieurs espèces sont, en effet, si ressemblantes à des lichens ., qu encore au- jourd'hui, un botaniste pourroil d'autant plus les l'éclamer, qu'on ne reconnoît , sur leur surface, aucune apparence de polype comme dans les autres polypiers, avec quelque at- tention qu'on les observe.

Toutes les corallines sont adhérentes aux rochers et autres corps solides par le moyen d'une concrétion que forment les animaux qui les produisent. Leurs liges , en s'élevanl , pous- sent des branches, ordinairement opposées , qui elles-mêmes en poussent d'autres qui ont la même disposition, de ma- nière qu'elles forment de petits buissons quelquefois fort élégans.

Tant les tigesque les branches des corallines sont toujours composées d'articulations dont le milieu est couvert par une matière crétacée et cassante, et dont la surface est parsemée de pores ou de cellules, qui servent, chacune, de demeure a un polype ; ces pores ne se voient, dans la plupart de celles des mers d'Europe , qu'au moyen d'un microscope , encore faut-il souvent qu'elles soient fraîches ; mais dans celles des mers des pays chauds, ils se voient à l'œil nu, même après leur dessiccation.

Lorsqu'on met une branche de coralline dans du vinaigre , la partie calcaire se dissout , et il ne reste que la partie carti- lagineuse dont on voyoit une petite portion au point de réu- nion des articulations.

La forme des articulations varie selon les espèces, et c'est principalement d'elle que Ton peut tirer des caractères spéci- fiques assurés.

La couleur des corallines varie aussi beaucoup, non-seu- lement dans les espèces différentes, mais aussi dans la même espèce. Elles ont toutes cela de commun ., qu'elles blanchis- sent par leur exposition à l'air sur le rivage.

On doit à Ellis le premier travail passablement complet qui ait été entrepris sur les corallines ; mais il manque d'or- dre. Depuis lui, Lamarck, daiis les Annales du Muséum, et

COR ,5

clans son Histoire Naturelle des Animaux sans verièhres ^ ainsi que Lamouroux, dans un ouvrage nouvellement mis au jour , et très-digne d'être étudié, ont fixé nos idées sur les divisions ou genres qu'il est possible d'établir à leurs dépens.

En général, les corallines ne servent qu'à orner les cabi- nets des curieux ; mais il en est une espèce qui est fréquem- ment employée en médecine. C'est la Coralline officinale, plus connue en France sous le nom de mousse de Corse, du lieu autour duquel on la ramasse en plus grande quantité. Elle passe pour un des plus puissans remèdes vermifuges. On ne vante pas moins sa vertu absorbante. C'est surtout sur les en- fans qu'elle agit avec succès. Lorsqu'on veut la ramasser pour l'usage, il faut avoir soin de la laver au sortir de la mer, à plu- sieurs reprises, dans de l'eau douce , et même un peu chaudt. La Tournelte a cependant prétendu que ce n'étoil pas aux corallines qu'étoient dues les vertus de la mousse de Corse, mais à un Varec qu'il a appelé helminthocorton. Au reste , DecandoUe a fait voir que ce qu'on appeloit sous ce nom, contenoit , outre la Coralline , sept espèces de Varecs , et autant d'espèces de Conferves.

Les genres Nésée, Galaxaure, Jante, Udotée, Am- PHIROÉ, Halimède , Mélobesie, ont été établis par La- mouroux aux dépens de celui-ci qui, selon lui, ne doit plus rester composé que de trente-quatre espèces, parmi lesquelles je ne mentionnerai que celle qui vient d'être citée, c'est-à-dire :

La Coralune officinale, qui est presque bipinnée et dont les articulations sont presque cunéiformes. Elle se trouve dans les mers de 1 Europe, et principalement dans la Méditerranée. Beaucoup d'auteurs l'ont décrite et figurée. Ce que j'ai dit plus haut lui convient plus complètement qu'à aucune autre. V. pi. A. 28. (b.)

CORALLINE. Les marchands donnent ce nom au Pei- gne SANGUINOLENT. (B.)

CORALLINEES, CoralUnœ. Synonyme de Coralli- KAIRES. C'est le sixième ordre des polypiers coralligènes flexibles de Lamouroux. Il lui donne pour expression carac- téristique : polypiers phytoïdes, presque toujours articulés^ formés de deux substances; Tune intérieure, ou axe, membra- neuse ou fibreuse, fistuleuse ou compacte ; l'autre extérieure, ou écorce plus ou moins épaisse, calcaire et renfermant des cellules polypifères très-rarement visibles à l'œil nu.

Cet ordre renferme, selon le même naturaliste, les genres

ACÉTABULAIRE , POLYPHYSE , NÉSÉE, GaLAXAURE, JaNIE,

Coralline, Cymopolie, Amphiroé, Halimède, Udotee et Mélobesie. (b.)

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CORALLINES. Ce mot, dans les écrits des anciens na- turalistes , avoit une acception fort étendue. Il renfermoit une division entière des Polypiers, c'est-à-dire, les Coral- LITSES proprement dites, les TuBULAiRES, les Sertulaires, les Cellaires, les Flustres, les Cellépores, les Alcyons et les Éponges. C'est à Ellis, dont le superbe travail sur les corallines sert encore aujourd'hui de base à leur étude , que l'on doit l'établissement de cette ancienne nomenclature. Ses divisions répondent aux genres précités. Ainsi ses corallines vé- sjcu/ei«« sont les Sertulairt s,\SQScorullinestubuleuses^ les Tu- BULAIRES; ses corallines articulées, lesvéritablesCoRALLlNEs,etc. On a même réuni sous cette dénomination , les Isis , les Gor- gones , les Antipates et les Escares. V. ces différens mots.

(B.)

CORALLINITES. Polypiers fossiles, finement bran- chus et ramifiés. Ce nom est général, et ne s'emploie plus aujourd'hui, que la science a été précisée par l'établissement des genres , selon la méthode linnéenne. (b.)

CORALLIS, Pline. Pierre des Indes et de Syène , qui avoit la couleur àaminiimiy et qui étoitrangée au nombre des Gemmes. Elle nous est inconnue. On l'a néanmoins rap- prochée des Jaspes, (ln.)

CORALLITE. Ce mot a une acception un peu diffé- rente des CoRALLiNiTES. Il suppose des polypiers plus gros qu'eux; du reste, l'observation citée à l'article de ces der- niers lui convient également, (b.)

CORALLO-ACHATOS. F. Corallachates. (ln.)

CORALLODENDRON. Dans Séba, on trouve une FlusTre, figurée sous le nom de Corallodendron per- ienue, Eschara crustulenta de Pallas. Lamouroux ne l'admet pas au nombre des espèces du genre Flustre. Le corallo- dendron vulgare rubrum , du même Séba, ou accabaar, est Visis ochracea de Gmelin, ou la Mélitée oCHRACÉEde Lamouroux.

(desm.)

CORALLODENDRUM. Trew, Catesby et Tourne- fort ont donné ce nom à des espèces d'ÉRYTHRlNE, à l'une desquelles Linnseus l'a conservé comme nom spécifique.

Le corallodendrum de Plumier comprend une espèce dug^nre RuDOLPHiE de Willdenowetune espèce de Sophora. (ln.)

CORALLOÏDE, Coralldîdes. Genre établi par Hoffmann, aux dépens des LiCftENS de Linnseus. Il rentre dans le genre Thamnion de Yentenat. Il est figuré pi. 5 des Planiœ liche- nosœ , du premier de ces auteurs, (b.)

CORALLOÏDE de Gesner , 4. t. 2 f. 4. C'est la dentaire ennéuphylle. (LN.)

CORALLOÏDE PIED D'OISEAU. Nom spécifique

COR ,^

d'une Clavaire, figurée pi. 8, n.° 3, du Botanicon de Vail- lant. (B.)

CORALLOÏDES. C'est un ancien nom des Gorgones. V. ce mot. (b.)

CORALLOPÈTRES. Noms appliqués indistinctement à tous les coraux pétrifiés, (ln.)

CORALLORHIZA ou CORALLORHIZON. C'est le nom d'une Ophrys , dont Gmelin, Gunner, Haller et Scopoli ont fait un genre particulier qui rentre dans le Cymilidon de Swartz. (ln.)

CORASSIN ou HAMBURGE. Espèce de Cyprin.

CORAX. Nom grec du Corbeau, etcelui du Cormoran dans Arislote. (s.)

COR4YA. V. le genre Batarâ. (v.)

CORAZO DE JESU. Au Brésil, on appelle ainsi une espèce d' Aristoloche, qui est employée contre la morsure des serpens. (b.)

CORAZON. Nom espagnol d'une coquille du genre des BuCARDES, cardium cardissa ^ L. (ln.)

CORAZONCILLO et CORAÏONCILLO. Noms es- pagnols du Millepertuis perforé, hypencum perforatunif L., ou Herbe Saint-Jean, (ln.)

CORB. Poisson du genre Sciène. (desm.)

CORBATO. Jeune Corbeau, en espagnol, (desm.)

CORREAU, Cojvus. Genre de l'ordre des oiseau-x Syl- vains et de la famille des C o r a c E s. Voyez ces mots. Caractères : bec garni, à la base, de plumes sétacées di- rigées en avant, épais, robuste, convexe en dessus, com- primé latéralement, à bords tranchans ; droit chez les uns, un peu arqué chez les autres ; mandibule supérieure entière chez les freux et les choucas, échancrée plus ou moins che^ les corbeaux et les corneilles ; narines un peu ovales , ou- vertes, cachées sous les plumes à\x capistmm ; langue cartila- gineuse, fourchue à la pointe; ailes longues, à penne bâtarde échancrée ; les troisième et quatrième rémiges les plus lon- gues de toutes; queue égale ou arrondie; quatre doigts, troi^ devant, un derrière.

Dans Linneeus et Latham , ce genre comprend le corbeau, les corneilles, les choucas, les choquards, les coracias, les pies, les geais, les casse-noix et les brèves; mais, à l'excep- tion des quatre premiers , j'en ai distrait tous les autres, aux- quels il faut encore joindre les coroi nudus ^ calédoniens , cal- vus, halicassius, papuensis, no\^œ Guinecz , tropicus , infaustus ^ flainis^ paradoxus. Consultez, pour tous ceux-ci, lesgenres Pie Geai, Casse-noix, Coracias, Choquard, Brève, Cora-

CINE , CaSSICAN , TeMIA , QUISCALE.

\ni. a

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Les oiseaux qui composent mon genre corvus^ ée rappro- chent en ce qu'ils ont une disposition naturelle à dérober et à cacher ce qu'ils peuvent attraper; ils ont cela de commun avec les pies, les geais et les coracias, La plupart font des provisions pour l'arrière-saison , et tous ont l'aptitude à con- trefaire des voix étrangères, lorsqu'on les tient en captivité; presque tous sont omnivores. Les corbeaux proprement dits ont de l'analogie aVec les vautours, par leurs corps exhalant une mauvaise odeur, par une grande finesse d odorat, par leur voracité et leur appétit pour les charognes, ils vivent aussi de chair palpitante. Des corneilles vont à la voirie, particulière- iftent la corbine et te corncil'e mantelée ; mais il n'en est pas de même des freux et des choucas. Ceux-ci ne sont point carnivores dans leur état sauvage ; aussi leur chair n^a point Celte odeur qui répugne dans celle des autres ; les fruits, les baies, les graines et les semences germées , les vers de terre elles insectes, sont la nourriture qu'ils préfèrent.

Les corbeaux nichent ordinairement dans les rochers ou k la cime des phis grands arbres. Les corneilles construisent leur nid dans les forêts, vers le milieu des arbres. Les freux et les choucas le font en famille, les premiers sur les arbres, et les autres dans les anciens édifices , les rochers, et quel- fois dans des trous, en terre. Tous ne font qu'une couvée par an ; ils portent dans l'œsophage la nourriture destinée à leurs petits, et la leur dégorgent dans le bec ; ceux-ci naissent nus, lie quittent le nid que lorsqu'ils sont en état de voler, et ils sont encore nourris par le père et la mère quelque temps après qu'ils ont pris leur vol. Ces oiseaux marchent posément, sans sauter comme font les pies et les geais, ont un vol soutenu et élevé, et planent avec grâce. Les corbeaux vivent par paires , quittent rarement le canton qu'ils ont adopté , et n cmigrcnt point, dans quelque temps de Tannée que ce soit : nos corbi- nesse conduisent de même ; mais les corneilles de l'Amérique iseptentrionale abandonnent, comme nos corneilles mante- lées, leur pays natal à l'arrière-saison; enfin , j'ai remarqué <iue les freux et les choucas, qui habitent nos contrées sep- tentrionales, disparoissent immédiatement après les couvées et n'y reviennent que vers les mois de septembre et d'octobre. Le CoKBEAU proprement dit, Conmscorax^ Lath. , pi. enl. de Buffon, n." 485 , est noir, avec des reflets pourprés et bleuâ- tres sur le dessus du corps , et des nuances de vert chatoyant en dessous; le bec et les pieds sont d'un noir pur; longueur totale, vingt-deux pouces et demi. La femelle est distinguée du mâle, en ce qu'elle est d'un noir moins décidé, qu'elle a le bec plus foible , et qu'elle est plus petite. Le plumage des jeunet est plutôt noirâtre que noir , et privé de reflets.

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La langue de cet oiseau est noire, cylindrique à sa base , aplatie et fourchue à son extrémité ; l'œsophage se dilate à l'endroit de sa jonction avec l'estomac, et forme , par sa di- latation , une espèce de jabot ; car cet oiseau n'en a point. L'estomac du corbeau n'est pas proprement musculeux comme celui des gallinacés, ni membraneux, ou d'une foible épais- seur, comme celui des oiseaux de proie et des quadru- pèdes; mais il a une grosseur et une solidité moyenne entre l'un et l'autre. Cet estomac ne peut point altérer des tubes de fer-blanc , lesquels se déforment facilement dans celui du pigeoi\; mais il aplatit des tubes de plomb, ce que ne peu- vent point faire les estomacs membraneux.

Lorsqu'on fait avaler aux corbeaux des tubes épais , percés de petits trous, et remplis de graines de froment, ou de fèves, ces graines s'imbibent du suc gastrique , mais ne se digère^it point , en restant même quarante-huit heures dans l'esto-^ mac ; c'est que les sucs gastriques ne peuvent parvenir à la substance farineuse du grain sans traverser son écorce, qui est probablement pour eux un obstacle imperméable ; au lieu que si on répète la même expérience, en employant des grains battus ou écorcés , leur dissolution s'achève très -bien dans l'espace de vingt-cinq heures. Aussi la nature , qui ne pouvoit point donner à ces oiseaux un estomac capable de broyer les grains avec écorce , leur a enseigné le moyen de faire eux-mêmes celte trituration préliminaire ; lorsqu'on leur présente des grains entiers, ils les assujétisent sous leurs pieds, et les écrasent avec leur bec avant de les avaler.

Les substances végétales plus tendres, comme des mor- ceaux de pomme ou de poire, n'ont pas besoin de celte pré- paration ; elles se dissolvent dans l'estomac des corbeaux , cjuoique renfermées dans des tubes de fer-blanc. Il en est de même de la chair, elle se dissout parfaitement dans l'espace de sept heures, par la seule action des sucs gastriques. Ces sucs attaquent d'abord sa surface, puis ils pénètrent plus avant , rongent , pour ainsi dire , feuillet par feuillet , jus- qu'à ce qu'ils soient arrivés aux couches les plus intérieures , et qu'ils dissolvent de la même manière. Les jeunes digèrent avec une singulière promptitude ; leur estomac contient beaucoup plus de liqueur que les oiseaux plus âgés. {Observa- tions de Spallanzani. )

Le corbeau, d'après son universalité d'appétit, a été tan- tôt proscrit comme un animal nuisible , tantôt protégé comme un animal utile et bienfaisant. En effet, ne trouvant point dans un pays pauvre et peu peuplé, des alimens suffisans , les voiries infectes, les charognes pourles, qui font la base de sa nourriture , il a être à charge , puisque pour assouvir

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sa faim, il attaque et dévore les animaux foibles, et sou- vent utiles, comme les agneaux, les lièvres, les perdrix, et même les quadrupèdes les plus grands et les plus forts. Dans les contrées riches et bien peuplées, il a être très-précieux, puisqu'il consomme ceux de toute espèce dont ils regorgent ordinairement. Dans Pile de Féroë et à Malte, on a mis sa tête à prix. En Angleterre , ilétoit autrefois défendu d'en tuer. Tout convient à cet oiseau; fruits , grains, insectes, pois- sons morts, rats, grenouilles, œufs, et même les petits oi- seaux; aussi il mérite mieux que tout autre animal la dénomi- nation d'omnivore. Au Groenland , il accompagne les ani- maux carnassiers, dit Othon Fabricius , pour partager leur proie ; il emporte souvent des coquillages au sommet des rochers, contre lesquels il les frappe pour les casser; il mange aussi les baies d'une espèce de bruyère , et lorsqu'il est pressé par la faim, il dévore des pelleteries de rebut , et même les excrémens des hommes.

Cet oiseau, d'une hardiesse étonnante , et dont le bec est très-fort, n'est pas sans danger pour les hommes, et les en- fans doivent s'en méfier; car il peut percer les vêtemens , et faire une plaie. Privé, son audace semble redoubler; et comme il a un instinct rusé , c'est souvent au moment l'on s'en «léfie le moins , qu'il se jette avec fureur aux jambes des per- sonnes qu'il ne^connoît point , et surtout des enfans qui l'agacent. Il ne craint ni chats, ni chiens. J'en ai possédé un qui s'étoit rendu le maître dans une boucherie ; les chiens fuyoient ou se cachoient à son approche ; si de plus rétifs lui opposoient quelque résistance, ou ne vouloicnt pas lui céder leur proie, il sautoit sur leur dos, s'y cramponnoit, et à coups de bec leur déchiroit la peau du cou , ou chercholt à leur crever les yeux. C'est de cette manière qu'il a fait périr plu- sieurs chats.

Qu'on ajoute à ces qualités voraces et féroces, un plumage et un cri lugubre, un regard farouche, un corps exhalant une odeur infecte , l'on ne sera plus surpris qu'il soit regardé en tous pays comme objet de dégoût , d'horreur et môme de mauvais augure. Sa chair étoit interdite aux Juifs, et parmi nous elle répugne auxplusraisérables, qui, pour lamanger, la dépouillent de sa peau très-coriace. Cette antipathiepour la chair du corbeau est telle, qu'on l'a étendue h celle des cor- neilles de diverses espèces, et même à celle du freux, sans doute d'après la couleur de sonplumage; car il n'approche jamais des charognes, et n'est pas Carnivore. Les jeunes de cette der- nière espèce sont un bon manger, et les vieux ont le goût d'un vieux pigeon ; mais comme la peau est un peu coriace , il faut les en dépouiller. Partout le corbeaua été regardé comme au

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oiseau sinistre. Si on lui fait pressentir l'avenir, c'est pour an- noncer des malheurs. Un combat entre les corbeaux et d'au- tres oiseaux de proie , étoit autrefois un présage de guerres cruelles entre les nations; son croassement, même aujour- d'hui, fait frémir et intimide beaucoup de gens; son vol plus ou moins élevé, inquiet ou incertain, ses cris particuliers, an- noncent le beau ou le mauvais temps. Cette science de 1 ave- nir lui est commune avec la plupart des autres oiseaux.Conime eux il connoît mieux que nous lélément qu'il habile, etest plus susceptible de recevoir ses moindres impressions; il pressent ses moindres changemens et nous les annonce par certains cris et certaines actions qui sont en lui l'effet naturel de ces changemens. Dans le temps que les aruspices faisoient partie de la religion , les corbeaux étoient des oiseaux intéressans. L'on étudioit toutes leurs actions, toutes les circonstances de leur vol, toutes les inflexions de leur voix; chacune avoit une signification déterminée , et présageoit un événement futur.

Chez des peuples sauvages du continent américain , la vue d'un de ces oiseaux est pour le malade un signe de guérison ; aussi leurs magiciens invoquent-ils le corbeau e|| imitant son croassement; chez d'autres il est au contraire d'un si mauvais augure, qu'ils détestent toutes les espèces de corbeaux noirs. Enfin , il s'est trouvé des gens assez fous pour en manger le cœur et les entrailles , dans l'espérance de s'approprier leur don de prophétie.

A un grand nombre d'inflexions de voix, le corbeau joint le talent d'imiter le cri des chiens, le miaulement des chats et la parole de l'homme. Le mot qu'il prononce le plus ai- sément est colas\ celui dont j'ai parlé ci-dessus le prononçoit si distinctement , que l'on s'y trompoit ; on l'avoit aussi ins- truit à dire le mot gratte; il sembloit en comprendre la signi- fication ; car lorsqu'on lui grattoit le cou et le dessus de la tête, il ne cessoit de répéter gratte colas, et manifestoit sa joie en hérissant ses plumes, courbant la têie et en inclinant le cou. L'on assure que pour perfectionner cette disposition na- turelle, il faut leur couper le filet de la langue , ce qui ne me paroîtpas essentiel, puisqu'on ne lavoitpas coupé à celui-ci. On faisoit grand cas à Rome de ces oiseaux parleurs ; mais on les a oubliés depuis qu'on connoît les perroquets, autrement jaseurs qu'eux. Le corbeau devient très-familier, est capable d'un attachement personnel et durable, et sait très-bien dis- tinguer celui qui l'a instruit ; enfin , l'on a profité de sa sou- plesse naturelle pour l'employer à la chasse; on le dresse pour celle des perdrix, des faisans et même des autres cor- beaux ; mais il fait cette dernière chasse avec répugnance ; il faut qu'il y soit excité, et comme forcé par la présence du

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fanconnier. Ces corbeaux privés mangent, de la viande crue et cuite , de petits poissons, du pain trennpé dans Teau, et gé- néralement de tous les mets que l'on sert sur nos tables ; ils mangent aussi des cerises, qu'ils avalent avec les queues et les noyaux; mais ils ne digèrent que la pulpe , et deux heures après ils rendent , par le bec , les noyaux et les queues ; on dit qu'ils rejeftent aussi les os des animaux qu'ils ont avalés avec les chairs. Comme les vautours, dont ils se rapprochent dans le choix de quelques alimens, ils ont une grande sagacité d'o- dorat pour éventer de loin les cadavres: on leur accorde même un instinct assez sûr pour s'abstenir de ceux des animaux qui sont morts de la peste. Ce prétendu discernement se dément quelquefois. Privés ou sauvages, ils ont toujours Ihabitude de faire des provisions et de cacher ce qu'ils peuvent attraper; mais cette habitude ne se borne pas aux comestibles, ni même aux choses qui peuvent leur être utiles, elle s'étend encore à tout ce qu'ils trouvent à leur portée, et ils paroissent pré- férer les pièces de métal et tout ce qui brille aux yeux. Dans leur manière de dérober ils montrent beaucoup de patience et d'adresse; o^jen avu porter une aune et cacher sous une pierre une quantité de petites pièces de monnoie ; mon corbeau avoit de même caché dans sa loge , et recouvert avec de la paille et des boisettes , cinquante œufs qu'il avoit pris fort adroitement l'un après l'autre dans un panier à hauts bords, et cela sans en casser un seul : plusieurs fois il a été assez adroit pour découvrir le pot au feu sans endommager le cou- vercle ; et quoique l'eau fût bouillante, il en a retiré la viande etleslégumes, etles a emportés danssacachette; sil'on n'avoit veillé sur lui, il auroit souvent répété ce petit manège.

Quoique l'on confonde tous les jours les corbeaux et les corneilles, ils diffèrent les uns des autres, non-seulement par la grosseur, mais encore par des habitudes et des mœurs dif- férentes. Les vrais corbeaux ne sont point oiseaux de passage ni voyageurs, et diffèrent en cela plus ou moins des cor- neilles ; ils semblent particulièrement attachés au rocher qui les a vus naître, ou plutôt sur lequel ils se sont appariés; on les y voit toute l'année en nombre à peu près égal , et ils ne l'abandonnent jamais entièrement : s'ils descendent dans la plaine, c'est pour chercher leur subsistance; mais on les y voit plus rarement Tété que l'hiver, parce qu'ils évitent les grandes chaleurs : ils ne passent point la nuit dans les bois comme font les corneilles; ils savent se choisir dans les mon- tagnes une retraite à l'abri du nord , sous des avances ou dans des enf(mcemens de rocher ; ils dorment perchés sur les ar- brisseaux qui y croissent, et font leur nid dans les crevasses de ces mêoies rochers, ou dans les trous de murailles, au

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haut des vieilles tours abandonnées, et quelquefois sur les hautes branches des grands arbres isolés; le nid est fort grand et formé de trois couches superposées ; des rameaux et des racines composent la première ou la plus extérieure; la se- conde est d'os d'assez gros quadrupèdes, ou d'autres fra^- mens de substances dures; l'intérieur est tapissé de graminées, de mousse et de bourre. Chaque mâle a sa femelle, à qui il de- meure attaché plusieurs années de suite; ces oiseaux, si odieux, si dégoûtans, s'inspirent un amour constant et l'expriment par des caresses graduées; le mâle commence toujours, si Ion en croit les anciens , par une espèce de chant d'amour; en- suite 1 un et l'autre approchent leur bec , se caressent et se baisent ; mais il est aussi rare de les voir s'accoupler réelle- ment, qu'il est commun de les voir se caresser: ils ne se joi- gnent presque jamais de jour ni dans un lieu découvert; ils cherchent au contraire les endroits les plus retirés et les plus sauvages. L'on attribue au corbeau cet inslinct de se mettre en sûreté penda'nt la durée d'une action qui semble suspen- dre, dans l'individu, le soin actuel de sa propre exisience , parce qu'ayant moins d'ardeur et de force pour l'acte de la génération, son accouplement doit avoir une certaine durée. La femelle pond, vers le mois de mars , jusqu'à cinq à six œufs d'un vert pâle . bleuâtre, marquetés d'un grand nombre de taches et de traits de couleur obscure ; T incubation dure vingt jours ; le mâle et la femelle couvent alternativement , mais celle-ci pendant la nuit, et le mâle dort perché à côté du nid. Il a soin, pendant le jour, de pourvoir à une partie de sa nour- riture. Quand les petits viennent d'éclore , ils sont plutôt blancs que noirs ; dans les premiers jours la mère semble un peu les négliger, elle ne leur donne à manger que lorsqu'ils commencent à avoir des plumes, mais le mâle y supplée. Outre le soin de pourvoir à la subsistance de la famille , le mâle veille à sa sûreté et pour sa défense; il combat les oi- seaux de proie qui s'approchent de son nid, et cela jusqu'à 4?xtinction de force : s'il aperçoit un milan ou une buse , il prend son essor, gagne le dessus, et^se rabattant sur l'ennemi, il le frappe violemment de son bec; si l'oiseau de proie fait desefforts pour reprendre le dessus, le corbeau en fait de nou- veaux pour conserver son avantage , et ils s'élèvent quelque fois si haut, qu'on les perd absolument de vue. Les corbeaux se livrent aussi des combats entre eux, et on les voit se frap- per mutuellement de leurs serres, même en volant ; ils se tournent souvent en roue pendant leur vol, et ils passent avec beaucoup d'adresse les morceaux de proie qu'ils ont enlevés, de leur bec à leurs serres , et de celles-ci à leur bec. Peu d'oiseaux prolongent aussi long-temps l'éducation de leurspc-

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tits : il est vrai qu'ils sont aussi long-temps à se pom'voir par eux-mêmes ; l'époque ils quittent le nid est environ trois semaines après leur naissance ; ils se tiennent long-temps sur les rochers qui les avoisinent , ils font entendre un piaulement presque continuel , chaque fols que le père et la mère leur apportent à manger ; ceux-ci les appellent par un cri,cmM, craii^ crau, très-différent de celui des jeunes ; les petits essayent d'abord leurs forces et reviennent se poser sur le rocher-, dès que l'aile est assez forte pour voler , quinze jours au moins après leur sortie du nid, les père et mère les emmènent tous les matins avec eux, et les ramènent tous les soirs : cette réunion de toute la famille dure tout l'été. Ceux qui nichent aux environs de Rouen ne font qu'une ponte par an; si on leur enlève leurs petits au mois de mai, on voit pendant tout le reste de l'été le mâle et la femelle seuls. Dès que les jeunes sont en état de se suffire à eux-mêmes, les vieux les chassent et les forcent de quitter l'arrondissement qu'ils se sont approprié. Ce qui me paroît encore confirmer que ces oiseaux ne font qu'une couvée par an , c'est qu'ils commencent à muer dès la fin de mai , ou dans les premiers jours de juin, et l'on sait que pendant tout ce temps les fe- melles ne pondent point. Si chaque période de la vie étoit proportionnée dans cet oiseau comme dans les quadrupèdes, l'on pourroit soupçonner que les corbeaux ne deviendroient aduhes qu'au bout de plusieurs années, puisqu'il paroît avéré que cet oiseau vit quelquefois un siècle et davantage ; mais aucun observateur n'a encore déterminé l'âge les jeunes deviennent adultes et sont en état de se reproduire , ce qui est très-difficile à connoître , puisqu'ils ne multiplient point en domesticité , et que dès l'automne l'on ne peut guère dis- tinguer les vieux d'avec les jeunes de l'année ; cependant il est très-probable que ceux-ci sont en état de se reproduire dès la seconde.

Cette espèce, qui est répandue danstoute l'Europe, se trouve aussi en Afrique et dans l'Amérique septentrionale, elle est beaucoup plus rare que la corneille, quoique des voyageurs assu- rent l'avoir vue en grand nombre ; mais j'observerai, comme j'ai déjà fait, que , d'après la couleur de cet oiseau, on le con- fond journellement avec la corneille ; ce qui a pu donner lieu à croire qu'on le trouve dans presque tout l'univers. L'on voit dans le Nord, et même dans l'intérieur de la France , des corbeaux blancs ou variés de noir et de blanc; mais le blanc , soit pur , soit mélangé de noir , ne constitue pas une race particulière; ce sont des variétés que l'on ren- contre souvent dans les autres oiseaux , surtout dans ceux qui habitent les contrées boréales; néanmoins Ton ne doit point

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regarder comme tel le corbeau noir et blanc de l'île Féroë ; c'est une race bien distincte qui ne s'allie point avec le cor- beau tout noir, et ne se tient point dans les mêmes lieux , si l'on en croit ceux qui l'ont observée ; je n'ai pas de peine à le croire, vu que cette race se distingue facilement par une taille d'un quart au moins plus foitc , et par la longueur des plumes de la gorge et du devant du cou, qui sont effilées vers la pointe et comme flottantes ; enfin, ce qui se voit très-rarement dans les individus qui, accidentellement, sontvariés de blanc, c est que les marques blanches sont correctes sur les plumes, et se repèlent aux mêmes places sur les deux côtés : il en est de même pour les pennes des ailes et de la queue. Si l'on juge de la voracité des corbeaux à la grosseur et à la force du bec , celui-ci doit être un grand dévastateur.

Chasse aux corbeaux. Ces oiseaux, quoique très-méfîans, donnent, par leur appétit qui s'étend à tous les genres de nourriture, la facilité aux oiseleurs de trouver des appâts qui leur conviennent; la poudre de noix vomique , qui est un poison pour un grand nombre d'animaux quadrupèdes, en est aussi un pour ces oiseaux, les pies et les geais ; elle les enivre au point qu'ils tombent bientôt après qu'ils en ont mangé ; mais il faut saisir le moment ils tombent , car cette ivresse est quelquefois de courte durée, et ils reprennent souvent as- sez de force pour aller mourir ou languir ailleurs : on leur donne ce poison dans de petites boulettes de viande ou autre nourriture dont ils sont friands. On les prend aussi aux lacets et même à la pipée, comme les petits oiseaux; car ils parta- gent avec eux leur antipathie pour le hibou, et ils n'aperçoi- vent jamais cet oiseau sans jeter un cri. La vache artificielle est pour eux un fléau terrible. V. Pluvier. On en prend aussi beaucoup à la pince , en l'amorçant de morceaux de chair. V. Poule d'eau. Les Groënlandais les prennent avec des filets arrangés dans la neige , et conduit une traînée au bout de laquelle on place un appât.

Le Corbeau aquatique. Nom qu'on a donné à I'Ibis ACALOT du Mexique , d'après les couleurs sombres de son plumage , et au Cormoran.

Le Corbeau a bec. croisé , Coivus cmcirosira, Daudin. La très-grande rareté de cet oiseau me fait présumer que c'est une variété accidentelle , dont les deux mandibules du bec sont croisées l'une sur l'autre comme celle du bec croisé ; du reste, il ressemble au Corbeau a duvet blanc. Le seul individu que Ton connoisse a été trouvé à Porto-Ricco.

Le Corbeau chauve. Nom que l'on a donné au prétendu Coracias huppé , parce que, dans sa vieillesse , sa lête est en partie nue. F, Coracias.

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Le Corbeau coRBivAU , Corviis albicolUs ^ Lath. , pi. 5o des Oiseaux d Afrique de Levaillant. Ce corbeau , dont le nom composé désigne un oiseau qui , par ses mœurs et son genre de vie , se rapproche des vautours ^ n'est pas le seul de celte famille auquel il puisse convenir , puisque la plu- part de ceux que Ton connoît ont le mên)e naturel. On trouve cette espèce, non- seulement dans les environs du Cap de Bonne-Espérance , mais encore dans l'Abyssinie Bruce l'a observée. Latham la rapporte à son corheau de la mer du Sud {soidh-sea raven) que j'ai décrit dans ce Diction- naire , à la suite du corbeau des Tenes australes. Le corbwau a le bec très-courbé ; les ailes très-longues, et dépassant de trois pouces la queue qui est étagée ; le plumage est d'un noir lustré , mais moins foncé sur la gorge et interrompu sur le derrière de la.tete par une tache blanche; les pieds sont noirs ainsi que le bec qui a l'extrémité blanche. La femelle est moins grande que le mâle , et ses couleurs sont moins décidées. Elle pond au mois d'octobre , quatre œufs ver- dâtres , tachetés de brun, dans un nid fort ample et creux, placé sur des arbres ou de grands buissons , composé de branches à l'extérieur et garni intérieurement de matières douillettes. Ce corbeau a le croassement de celui d'Europe et son même goût pour les cadavres; en outre , il a aussi beaucoup d'appélît pour la proie vivante : il attaque, tue les agneaux et les jeunesgazelles, et les dévore après avoir com- mencé à leur arracher les yeux et la langue. On les voit per- chés en grand nombre sur le dos des buffles , des bœufs , des cheifaïiv , des rhinorérus et des èléphans , qu'ils débarrassent des larve.5 et des insectes qui y sont logés. Ces faits sont tirés de V Ornithologie d'Afrique de IVl. Levaillant.

Le Corbeau a collier. Désignation du choucas dans quel- ques ouvraj^es.

Le Corbeau commun. V. Corbeau proprement dit.

Le Corbeau cornu. V. les Calaos du Malabar et des

JVIOLUQUES.

Le Corbeau du désert. Oiseau dont parle le docteur Shaw(Travels of Barbary), et que Sonnini a isolé dans son édition de Buffon. Il a, dit le docteur , la grosseur du cor- beau commun : le bec et les pieds rouges. Poiret en fait aussi mention dans son f-'^oyage en Barbarie, et dit qu'il se trouve du coté de Constantine et vers le désert de Saara. Ne seroit-ce pas Iccoraciasà bec rouge , car il se trouve aussi en Afrique?

Le Corbeau a deux Bornes. Des auteurs font mention d'un Corbeau à deux cornes que Christine , duchesse de Saxe, entre autres raretés qu'on lui présenta dans la Hautc- Hessc , eu avoit rapporté.

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Le duc rie Saxe ettt aussi , dans le même temps, un cor^ beau qui avoit une corne sur la tête. Il est très-probable que ces prétendues coracs avoient été implantées sur la tête de ces oiseaux de la même manière que l'on fisc des ergots sur la tête des coqs.

Le CoiUîEAU d'Égypïe. C'est, dans le Voyage d'Hassel- quitz , un oiseau d'Egypte , dont il est question sous le nom d'ATTHis {V\ ce mot) ; mais qui n'est pas un corbeau , comme la pensé ce voyageur.

Le GRAND Corbeau , Coivus major ^ pi. 5i des Oiseaux d'Afrique, de M. Levaillant. La couleur générale de ce corbeau d'Afrique est d'un noir décide , luisant sur les ailes et la queue ; le bec est plus fort et plus recourbe que celui du corbeau d'Europe. La femelle est un peu plus petite que le n)àle , et son plumage est d'un noir plus rembruni.

On voit plus communément ces grands corbeaux sur les montagnes de la baie de Saldanha ; ils vivent en petites troupes isolées, se nourrissent de cadavres d'animaux, de tortues de terre, de limaçons et même d'insectes; ils ont même assez de courage , lorsqu'ils sont réunis ,, pour atta- quer les jeunes gazelles et les mettre à mort. Ils nichent sur les rochers. Les femelles pondent quatre à cinq œufs d'un vert sombre , avec des taches brfines.

Latham fait mention (2.^ suppl. To ihe gcn. synop. ) d'un corbeau figuré par Sparmann {J^lus. caris.)., lequel se trouve en Egypte ; il ne diffère de l'espèce commune qu'en ce qu'il a le menton blanc- On le voit en petites troupes dans les en- virons de Rosette , mais au mois de février seulement.*

Le Corbeau des Indes. Dans Bontius , c'est le nom du Calao des Moluques.

Le Corbeau mari*. Dénomination vulgaire du Cormo- ran , à cause de sa couleur noire. F. ce mol.

Le Corbeau de mer. C'est vulgairement le Pélican. On donne aussi le même nom au Cormoran.

Le Corbeau de montagne. Nom vulgaire du Casse- noix.

Le CoRÊEAU noir et blanc de l'île Féroé , Connus leu- cophœus , \ieill. , a été donné par les auteurs pour une va- riété du corbeau commun; mais c'est, selon moi, une race particulière qui ne s'allie point avec les corbeaux noirs., quoi- que ceux-ci habitent dans les mêmes conirées , et qui se tient toujours isolée ; elle en diffère encore par plus de grosseur et de longueur, par son bec plus fort, plus long et plus arqué. On ne doit pas non plus le confondre avec les variétés noires et blanches de notre corbeau ; car, cuire les différences indiquées ci-dessus , son p!um;$'ge est

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tacheté régulièrement de noir et de blanc , tandis que ce» deux couleurs sont, chez les autres, distribuées sans ordre.

Cette race est la plus féroce et la plus carnassière de toutes ; elle fait souvent sa proie des agneaux , et elle ose même attaquer les brebis et les veaux , lorsque les grands hivers la privent de sa nourriture habituelle. Ce sont , sans doute , ces oiseaux dont parlent des voyageurs, lorsqu'ils disent avoir vu dans les contrées boréales de l'Europe des corbeaux qui arrachoient les yeux aux moulons et leur dé- ehiroient le ventre. Ce corbeau a deux pieds environ de lon- gueur totale , et est aussi gros qu'une forte poule ; le bec a trois pouces un quart de long , le tarse trente-six lignes , et le doigt du milieu dix-huit ; les plumes qui s'avancent sur les narines , le dessus et les côtés de la tête , la gorge , le ventre , les couvertures inférieures et une partie de la queue , les couvertures supérieures des ailes , les pennes primaires et plusieurs secondaires sont d'un blanc pur ; le reste du plu- mage est d'un beau noir avec des reflets bleus, particulière- ment sur le devant du cou et sur la poitrine ; les plumes de ces deux parties sont longues , étroites et pointues ; le duvet de toutes les plumes du corps est gris; le bec, Tiris et les pieds sont noirs. .

Le Corbeau de nuit. Nom vulgaire , appliqué par des auteurs à I'Engoulevent , par d'autres à la Hulotte, et par Albin au Bihoreau.

Le Corbeau ossifrague , Cowiis ossifragus , AVilson , 2." supf 1. , pi. 87, f. 2. Cet oiseau de l'Amérique septentrionale se trouve particulièrement surles côtes maritimes de la Géor- gie. Il y reste pendant le jour, et il se retire dans l'intérieur àes terres au coucher du soleil. Sa voix est plus rauque et plus gutturale que celle du corbeau r.omvmn ^ et il en varie les tons lorsqu'il s'envole. Il a seize pouces de longueur totale , et deux pieds neuf pouces d'envergure; le plumage, le bec et les pieds noirs ; le menton dénué de plumes à la base de la mandibule inférieure ; la supérieure échancrée près de la pointe , et toutes les deux à bords rentrans en dedans vers le milieu ; les yeux très-petits , situés près de l'angle de la commissure du bec , et de couleur noisette ; les cils soyeux et longs ; les pieds robustes ; les ongles grands, forts et cro- chus. La femelle ressemble au mâle.

Le Corbeau de paradis. V. Tyran savana.

Le Corbeau rhinocéros. V. Calao rhinocéros, (s.)

Le Corbeau solitaire. C'est , dans Adanson , le Cor- beau proprement dit.

Le Corbeau des terres australes , Coivus œ.istralis ,

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Lath. Cet oiseau , remarquable par son bec plus épais à sa base , et plus comprimé sur les côtés que celui du corbeau comnnin , a les plumes de la gorge molles et très-peu serrées entre elles; le bec, les pieds , la tête et tout le corps noi- râtres ; les pennes des ailes tirent sur le brun ; longueur , dix-huit pouces environ.

Cette espèce habite les îles des Amis. Latham {Suppl. 1o gen. synopsis) lui rapporte un corbeau qui se trouve dans les mêmes contrées ; mais il en diffère en ce que son bec est en dessus conformé comme celui de Vani; mais il n'a pas l'arête acérée , elle est au contraire arrondie ; son plu- mage est d'un noir profond , excepté sur le haut du cou , l'on remarque une espèce de croissant blanc.

Cet oiseau a les plus grands rapports avec le corbeau corbi- vaii ; Awssi Latham les donne l'un et l'autre pour des indi- vidus de la même espèce.

Le Corbeau vautourin. V. Corbeau corbivau.

La Corneille aquatique. Nom que , dans quelques can- tons , on applique à \di corneille manlelée^ parce qu'elle fré- quente les bords des rivières et des tleuves.

La CoRisEiLLE bleue d'Edwards , est le Rollier.

La Corneille de bois des cantons Suisses. C'est , dans Albin , le prétendu Coracias huppé.

La Corneille du Cap de Bonne-Espérance. Cette cor- neille ne diffère àa freux qu'en ce qu'elle a le devant de la tête garni de plumes , tandis que dans celui-ci cette même partie en est dépourvue ; de plus elle en a les mêmes habi- tudes. Est-ce bien une espèce distincte , puisque les jeunes freux lui ressemblent totalement dans leur première année , et même les adultes , quand ils sont tenus en domesticité ?

La Corneille cendrée de Royston. V. Corneille

MANTELÉE.

La Corneille chauve. V. Corneille freux.

La Corneille corbine , Corvus corone , Lath. , pi. enl. de Buff. n.o 4^83 , a dix-huit pouces de longueur ; le plumage totalement noir , à reflets violets ; l'iris couleur de noisette ; le bec noir, ainsi que les pieds. La femelle est un peu plus petite que le mâle. La corbine se rapproche beaucoup plus du corbeau que du freux, par son instinct, son appétit, et par ses habitudes , par la nature de ses plumes et leurs couleurs ; c'est au point qu'au premier aperçu on ne peut guère les distinguer que par la taille ; cependant il y a entre eux d'autres disparités ; outre que le corbeau a la taille plus longue et est près de moitié plus gros , les plumes de sa poitrine sont étroites et pointues , tandis que cette corneille a les mêmes plumes larges et arrondies vers le

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bout. Celles de la gorge et du devant du cou sont conformées de même dans ces deux oiseaux. Ils diffèrent encore l'un de l'autre par les proportions des pennes primaires des ailes. La première rémige, chez la corbine , est plus courte que la neuvième ; la deuxième que la sixième ; l«i troisième que la cinquième ; la quatrième est la plus longue de toutes. Le corbeau a la première rémige et la septième égales -, la deuxième plus longue que la quatrième ; et la troisième la plus longue de toutes.

Les corbines passent l'été dans les grandes forets , d'où elles ne sortent que pour chericher leur nourriture. Tout leur convient : insectes, charogne, vers, poissons, grains, fruits et œufs d'oiseaux : ce sont surtout ceux de perdrix , dont elles sont le plus friandes ; aussi en font-elles une grande consommation. Comme dans les grands froids , principale- ment lorsque la terre est couverte de neige , elles font la chasse aux perdrix, et ne laissent pas que d'en détruire, on peut dire qu'elles ne sont pas les moins nuisibles des oiseaux de proie. Enfin elles dévastent les noyers dont elles enlèvent les noix , qu'elles cassent en les laissant tomber d'une certaine hanlour , ou qu'elles ouvrent à coups de bec en les fixant entre leurs serres. En hiver elles vivent avec les corneilles mantelces et les freux, et des mêmes subs- tances ; c'est alors qu'elles s'approchent plus fréquemment des habitations ; mais elles se tiennent plus volontiers dans les terres labourées , errent pêle-mêle avec nos troupeaux, et cherchent à la suite de la charrue , les vers et les larves de hannetons que le soc met à découvert. Le soir, elles se "rassemblent de tous côtés, et se retirent dans les forêts elles passent la nuit à la cime des plus grands arbres qu'elles paroissent avoir adoptés, car c'est toujours sur les mêmes qu'elles se retirent ; le matin elles se dispersent dans les campagnes jusqu'à trois lieues à la ronde. \ers le mois de février, elles s'accouplent, disparoissent de la plaine et s'é- loignent beaucoup moins des forêts ; alors, toute société est rompue ; elles se séparent deux à deux , se partagent une forêt , de manière que chaque couple occupe un arron- dissement d'environ un <iuart de lieue , dont loui ;uUre est exclus, et dont il ne s'absente que pour chercher sa pâture. On prétend que ces oiseaux restent appariés toute leur vie. Ils placent leurnid tantôt vers la cime Aes arbres, tantôt vers le milieu ; il en est même qui ne le mettent qu'à sept ou huit pieds de terre; généralement, ils préfèrent les arbres moyens à ceux qui dominent dans les forêts. Le fond et l'extérieur du nid sont composés de petites branches et d"é- pines entrelacées , grossièrement mastiquées avec de la

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terre et du crottin de cheval ; le dedans est construit avec

Elus de soin ; il est matelassé avec du chevelu de racines, a ponte est de cinq à six œufs, d'un vert hleuàlre, mar- quetés d'un grand nombre de taches et de traits de cou- leur obscure ; le mâle et la femelle les couvenl alternaiive- ment pendant trois semaines , époque les petits naissent presque nus , le bout du bec et les ongles jaunes , les coins de la bouche d'un blanc sale , le resJe du bec el les pieds rougeâtres; le mâle et la femelle veillent avec le plus grand soin à leur conservation , et combattent avec fu- reur les buses ou cresserelles qui veulent en approcher ; quel- quefois même ils viennent à bout de les tuer, en leur cre- vant la lêle à coups de bec, à ce qu'assure Montbeillard. Ils se ballenl aussi , ajoute-t-il, avec les pie-grièches ; mais celles-ci , quoique plus petites , sont si courageuses , qu'elles viennent souvent à bout de les vaincre , de les chasser et d'enlever leur couvée. Les corbines continuent leurs soins à leurs petits bien au-delà du temps ils sont en état de voler ; aussi cette espèce ne fait qu'une couvée par an , à moins que la première n'ait été détruite au printemps. La famille ne se sépare pas pendant la premièr(| année , c'est- à-dire jusqu'au retour de la belle saison , et ce sont toutes ces familles réunies ensemble , qui composent les bandes nombreuses que l'on voit en automne et pendant 1 hiver. Comme le corbeau , cet oiseau apprend à parler , et de- vient aussi familier ; comme lui , il dérobe tout ce qui hiille, et fait des provisions de ce qu'il ne peut consommer.

L'espèce est répandue sur les deux continens ; mais en Amérique , elle ne dépasse guère le Mexique ; du moins on ne dit pas les avoir trouvées dans la partie méridionale. Elle est très-commune depuis la Louisiane jusqu'à la baie d'Hud- son. Comme il y a des corbeaux blancs et des corbeaux variés , il y a aussi des corbines blanches et des corbines variées de noir et de blanc. Ces variétés accidentelles se rencontrent quelquefois en France ; mais elles sont plus com- munes dans le Nord , et surtout dans l'Islande.

Chasse aux corbines. Comme ces oiseaux sont fort rusés, qu'ils ont l'odorat très-subtil , et qu'ils volent ordinairement en grandes troupes , ils se laissent difficilement approcher , et ne donnent guère dans les pièges qu'on leur tend : ce- pendant on en attrape quelques-uns à la pipée, en imitant le cri de la chouette , et tendant les gluaux sur les plus hautes branches, ou bien en les attirant à la portée du fusil, par le moyen d'un grand-duc ou tel autre oiseau de nuit , qu'on élève sur des juchoirs dans un lieu découvert. On les détruit en leur jetant d«s fèves de marais dont elles sont

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très-friandes, et que l'on a eu la précaution de garnir en dedans d'aiguilles rouillées. Mais la façon la plus singulière de les prendre , est celle-ci , qui fait connoître le naturel de l'oiseau. Pour cette chasse , il faut avoir une corbine vivante; on l'attache solidement contre terre, les pieds en haut , par le moyen de deux crochets qui saisissent de chaque côté l'origine des ailes : dans cette situation pénible , elle ne cesse de s'agiter et de crier ; les autres corneilles ne manquent p is d accourir de toutes parts à sa voix , comme pour lui 'li^nner du secours ; mais la prisonnière , cherchant à s'accrocher à tout pour se tirer d'embarras , saisit avec le bec et les griffes qu'on lui a laissées libres , toutes celles qui s'approchent, et les livre ainsi à l'oiseleur.

On se procure encore une chasse amusante en les prenant avec dis cornets de papier appâtés de viande crue. Lorsque la corneille introduit sa tête pour saisir l'appât qui est au fond, les birds du cornet qu'on a eu la précaution d'engluer, s'attachent aux plumes de son cou; elle en demeure coiffée, et, ne pouvant se débarrasser de ce bandeau qui lui couvre entièrement les yeux, elle prend l'essor et s'élève en l'air presque perpendiculairement , jusqu'à ce qu'ayant épuisé ses forces, elle retombe de lassitude , et toujours fort près de l'endroit d'où elle étolt partie.

Autre chasse. Pour celle-ci , l'on s'habille de noir ; on monte sur des arbres ébranchés et fréquentés ordinairement pendant la nuit par des corneilles. Deux ou trois personnes vont secouer les arbres il y en a le plus ; et ces oiseaux épouvantés quittent leur asile , prennent les hommes ha- billés de noir montés sur d'autres , pour des groupes des leurs , vont se placer à l'entour , et il est aisé de les saisir et de les tuer. Cette chasse , décrite par Chomel , dans son Dictionnaire économique ^ ne mérite pas grande confiance, et doit être d'une réussite duTirile. Il n'en est pas de même de celle qui suit, car les procédés qu'on emploie détruisent beaucoup de corneilles ; mais comme il en peut résulter de grands inconvéniens , elle doit être faite avec de grandes précautions. L'on hache de la viande, et on la mêle avec de la noix vomlque en poudre. On laisse ces deux substances se pénétrer et s incorporer pendant vingt-quatre heures. On en forme des boules que l'on répand sur les terres que les corneilles fréquentent, elles s'empoisonnent en les dé- vorant. Comme les chiens peuvent s'empoisonner à ces dan- gereux appâts, on ne peut les guérir qu'en les forçant de boire de 1 eau dans laquelle on a mêlé du vinaigre, du jus de citron ou quoique autre acide. Si l'on ne trouvolt ce moyen de destruction imprimé dans tous les livres qui traitent des diverses chasses, je me serois bien gardé d'en parler^ mais

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elle doit être prohibe'e , puisqu'il en peut re'sulter la perte d'animaux utiles , surtout des chiens de berger qtii en sont presque toujours les premières victimes. Il me semble que , pour se défaire d'oiseaux qui ne sont nuisibles que parce qu'ils détruisent le gibier , et particulièrement les perdrix , il suffit, pour en diminuer le nombre, d ordonner aux gardes- chasse , au temps de la ponte , de tirer à balles dans le nid; et ils tueront aisément la mère posée sur les œufs ou suc les petits. Cette manière de les chasser en détruit autant , et même plus que le procédé dont je viens de parler.

La CoRKEIhLE DE CoRNOUAlLLE, V. CoRAClAS A BEC ROUGE.

La Corneille a duvet blanc , Corvus leucognaphalus , Daudin , se trouve à Porto-Ricco. Tout son plumage est noir à l'extérieur , et blanc sur le duvet des plumes de la poi- trine et du ventre. S il n'existe aucune autre dissemblance entre celte espèce et les corneilles à duvet blanc, dont parle Dampierre , il paroît qu'elle ne seroit point particulière aux Antilles , puisqu'elle se trouveroit aussi à la Nouvelle- Guinée.

La Corneille freux ou frayone , Corms frugilegits , Lath. , pi. eni. de Buffon , n." 4^4, a un pied cinq pouces et demi de longueur; tout son plumage est noir, avec des re- flets pourprés sur le corps et les ailes, moins éclatans sur les parties inférieures et verts sur la queue ; l'irisbleuâtre ; le bec, les pieds et les ongles noirs. Son bec est presque aussi long, mais plus grêle et plus droit que celui de la corbine; il est com- me râpé, et dégarni à la base , dans l'oiseau d'un an , des plu- mes qui s'étendent dans l'autre jusque sur l'ouverture des na- rines ; non-seulement la base des mandibules est nue , mais encore la partie antérieure de la tête jusqu'aux yeux. Cet oiseau , vivant principalement de graines , de petites ra- cines et de petits vers , a l'habitude d'enfoncer son bec fort avant dans la terre pour chercher sa nourriture ; le frotte- ment continuel qui en résulte brise les plumes , et à la longue en détruit le germe. Cette peau nue, qui paroit cou- verte d'une matière blanche et farineuse , distingue très- bien le freux adulte du jeune ; car celui-ci , jusqu après sa première mue , a les narines et le front couverts de plumes comme la corbine , avec laquelle on le confond au premier aspect -, mais, dès l'automne , la base de son bec commence à se dépouiller de plumes, et à la fin de l'hiver, l'on ne peut plus le distinguer du vieux. Cette espèce n'est point Carnivore , aussi ne touche-t-elle jamais aux charognes ; mais elle cause du dommage dans les terres nouvellement ense- mencées , ce qui l'a fait proscrire dans plusieurs pays ; ce-

vm. 3

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pendant elle rend aussi de grands services à l'agrîcullure ^ en détruisant les vers de terre et une grande quantité de larves de hannetons , et d'autres coléoptères qui rongent les racines des plantes utiles. Je crois, comme les auteurs de la Zoologie britannique , que les freux font plus de bien que de mal ; car les récoltes , dans les lieux ils sont plus nom- breux , ne paroissent nullement en souffrir. Comme le geai, ils ont l'habitude d'enfouir le gland ; et, comme lui , ils ne se souviennent pas toujours de l'endroit ils l'ont enterré ; mais au printemps , ils savent bien le retrouver lorsqu'il commence à sortir de terre ; et de tout ce qu'ils ont semé , très-peu échappe à leur recherche.

Ces oiseaux vivent toute l'année en société ; ils forment , à l'automne, des troupes si nombreuses, que quelquefois l'air en est obscurci ; ces troupes le sont d'autant plus à cette époque et pendant l'hiver, que ceux qui habitent le Nord viennent passer celte saison dans nos contrées , les freux qui restent en France commencent à nicher au mois de mars , et placent leurs nids près les uns des autres ; il n'est pas rare d'en voir dix à douze sur le même arbre ; mais , ainsi que nous le voyons tous les jours dans les animaux d'autre espèce qui vivent en société , il se trouve parmi eux <les êtres qui guettent sans cesse le moment de s'approprier le travail des autres. C'est pourquoi , lorsqu'un couple appa- reillé travaille à la construction du nid, l'un des deux res(e toujours pour le garder , tandis que l'autre va chercher les matériaux nécessaires ; sans cela il seroit bientôt pillé et dé- truit. La ponte est de quatre à cinq œufs , d'un vert clair tacheté et rayé de brun; le mâle partage le travail de l'incu- bation , et a des attentions pour sa femelle ; tandis qu'elle couve , il lui dégorge les alimens qu'il tient en réserve dans une espèce de poche formée par la dilatation de l'œsophage; et c'est ainsi qu'ils apportent la nourriture à leurs petits. 11 est désagréable de les avoir pour voisins , surtout à l'époque des couvées, car ce sont alors des oiseaux très-criards; dans d'autres temps , ils ne font entendre leur voix , plus grave que celle des corbines, que lorsqu'ils se jouent dans les airs, ou le soir, pour se rallier. On a de la répugnance pour leur chair, parce qu'en les confondant avec les corbeaux et les autres corneilles , on croit que , comme eux , ils vivent de charogne ; mais elle n'est pas mauvaise lorsqu'ils sont gras ; les jeunes , surtout au moment qu'ils quittent le nid , sont bons, et même délicats. On les mange ordinairement en fri- cassée comme les poulets. Les freux , dès que les couvées sont finies , et que leurs petits sont en état de les suivre , quittent nos contrées , et ne reparoissent qu'au mois de sep-

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«embre ; cette habitude leur est commune avec les choucas. C'est, sans doute , cette disparition de deux à trois mois , qui les a fait regarder par des ornithologistes comme des oiseaux de passage en France ; du moins , s'ils le sont dans certains cantons , ce n'est pas en Normandie , ils restent pendant les trois quarts de l'année ; il en est même qui ne quittent jamais les lieux ils sont nés , mais c'est le très- petit nombre.

On prend les freux avec les mêmes pièges que les cor- bines , et on les détruit plus aisément pendant les couvées ; hors ce temps, ils sont aussi défians, et on ne les approche que par surprise.

L'espèce est répandue dans toute l'Europe ; mais elle est rare dans les parties méridionales; on la rencontre fréquem- ment en Danemarck, en Russie , et dans l'Asie septentrio- nale.

On retrouve dans ces corneilles les mêmes variétés que dans les corbines ; les unes sont toutes blanches , d'autres variées de cette couleur et de noir ; enfin Latham fait men- tion d'un freux dont les teintes se rapprochent de celles qui dominent dans le plumage du geai.

Comme j'ai vu très-souvent confondre la corbine et le freux , quand il a sa tête totalement emplumée , et ses na- rines couvertes par les plumes sétacées dirigées en avant , et au point de douter de l'existence de celui-ci , comme es- pèce particulière, tant ils se ressemblent , alors je vais en- trer dans quelques détails qui , j'espère , suffiront pour les bien distinguer.

La corbine a , i." le bec de la longueur de la tête, et la mandibule supérieure entaillée sur chaque côté , vers le bout , courbée à la pointe , couvrant et outre-passant l'in- férieure : 2.0 la première rémige plus courte que la neu- vième ; la deuxième , que l^ixième ; la troisième , que la cinquième, qui est presque égale à la quatrième, la plus longue de toutes.

Chez le freux, i.» la tête est moins grosse que celle de la corbine ; 2.° le bec moins fort, plus long que la tête, très-entier et à pointe droite ; 3." la première rémige est plus longue que la neuvième ; la deuxième , que la sixième ; la troisième , que la cinquième, et aussi longue que la qua- trième , qui est la plus allongée de toutes. Si on consulte le vêtement de ces deux oiseaux , on voit que les plumes de la gorge et du devant du cou sont de texture différenle. Les plumes de la corbine sont roides et terminées en pointe , tandis que le freux les a soyeuses , arrondies à l 'extrémité et àbaibes, eu quelque sorte, décomposées. Outre ces diffé-

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rences , on en remarque encore dans la teinte des veux ; celui-ci a l'iris bleuâtre, et l'autre de couleur noisette. Quant au genre de vie , aux mœurs , aux habitudes , il faut consul- ter leurs articles , et Tony trouvera encore des disparités plus prononcées,

La Corneille a gorge brune , Corvus daurims , var. , La- tham. On doit la connoissance de cet oiseau à M> Pallas , qui l'a vu dans les contrées du lac Baïkal. Des naturalistes re- gardent cette corneille comme une variété de celle du Séné- fal ; d'autres , comme la femelle : cependant le voyageur jevaillant nous l'a fait connoître sous un plumage un peu dissemblant. Quoi qu'il en soit , celle-ci se trouve assez sou- vent au milieu des bandes d'autres corneilles. Elle est géné- ralement noire , excepté le haut du cou et la gorge, qui sont de couleur brune.

La Corneille d'hiver. V. Corneille mantelée.

La Corneille hocizana , Corvus mexiranus , Lath. , est plus grosse que notre choucas , et est entièrement d'un noir changeant en bleu éclatant; le bec, les pieds et les ongles sont d'un noir mat. Cet oiseau, que Ton ne connoît que par Fernandez, porte au Mexique le nom àhorizanatli, dont Buffon a fait par abréviation celui à'hocizana. On dit qu'il est aussi babillard que notre pie , qu'il a la voix forte et so- nore , et qu'il se plaît près des habitations.

On ne peut rapporter l'hocizana à la pie de la Jamaïque, ou QuiscALE , Gracula quisr.ala , comme l'a pensé un orni- thologiste moderne , puisque le quiscale est d'un tiers moins gros que le choucas , n'est point un oiseau babillard, a la voix

fdaintive , et que tout son plumage jette des reflets non-seu- ement bleus , mais verts , pourpres et violets. D'après cela, on ne peut donc se dispenser de regarder l'hocizana comme une espèce distincte , ainsi que l'a jugé Fernandez, qui a ob- servé ces deux oiseaux, et a distjpgué le quiscale par le nom de iequixquiarazanalt ; il lui donne encore la dénomination étourneau des lacs salés ^ lieux qui sont réellement, dans un certain temps , son domicile de préférence. Un autre rappro- chement , fait par Latham et Gmelin , ne me paroît pas juste ; ils rapportent à l'hocizana une espèce de corneille dont Pernetty fait mention dans son Voyage aux îles Ma- iouines , et que les Portugais du Brésil appellent criard. Le plumage de cet oiseau, suivant Pernetty , est d'un beau bleu tendre, et sa taille, celle du corbeau. Cette corneille ne seroit-elle pas une de celles qui se trouvent dans les Etats- Unis ? La proximité de ces deux contrées me le fait soup- çonner. La Corneille de la Jamaïque , Coivusjamdkensîs , Latb.

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Son plumage est du même noir que celui de la corbine : elle a seize pouces de longueur totale ; sa nourriture étant pareille à celle du freux et de la corneille mantelée , ne laisse au- cun doute sur la famille à laquelle appartient cet oiseau, quoiqu'il ait la queue plus courte et le bec plus petit quenotre corneille noire. Ainsi que le corbeau , cette espèce habite les montagnes et descend rarement dans les plaines ; mais elle diffère de toutes les autres par son cri qu'elle fait entendre continuellement, ce qui lui a valu à la Jamaïque le nom de corneille babillarde (^chatlering crown). Je soupçonne que c'est la même espèce qui se trouve à Saint-Domingue , elle plane continuellement au-dessus des mornes les plus élevée-.

La CoRTSEiLLE MANTELÉE , Coivus comix , Lalh. , pi. enl. de Buff. , n." 76. Sa taille est un peu au-dessus de celle de la corbine ; sa tête , sa queue et ses ailes sont d'un beau noir à reflets bleuâtres ; une espèce de manteau gris blanc, varié sur quelques individus de taches noires et oblongues, s'étend - par-devant et par-derrière, depuis les épaules jusqu'à l'ex- trémité du corps ; l'iris est d'une couleur cendrée approchant de la couleur de noisette ; le bec, les pieds et les ongles sont noirs. La femelle est un peu plus petite que le mâle ; la cou- leur noire ne se prolonge pas autant sur le devant du cou , ses reflets ont moins d'éclat, et sa couleur grise prend une nuance plus roussâtre. Les jeunes ne sont pas connus.

Cette corneille se rapproche du corbeau par la texture des plumes du devant du cou et de la poitrine ; de la cor- bine , par son bec et sa nourriture habituelle ; et du freux , par son genre de vie. Elle diffère de tous ceux-ci par un caiactère qui consiste dans les proportions des pennes primaires , dont première et la neuvième , la deuxième et la sixième sont dans leurs rapports comme celles de la cor- bine , et les troisième, quatrième et cinquième comme chez le freux. m

Cette espèce qui , par son arrivée chez nous , annonce les frimas , nous quitte dès les premiers beaux jours du prin- temps. Elle se répand en troupes assez nombreuses dans les champs et les prairies , fréquente les rivages de la mer , se réunit souvent avec les freux et les corbines , et vit des mêmes alimens ; la disette seule la force de se nourrir de cadavres; et elle préfère les poissons que la mer jette sur le rivage, les prend à la surface, ainsi que les mouettes et les goélands , et s'éloigne même quelquefois des côtes à une distance assez grande. Elle vit aussi de petits crabes , de vers marins et de coquillages que le reflux laisse à découvert ; dans nos champs et nos prairies, elle fait sa nourriture de vers, de testaces , de grenouilles , de limaçons , mange les larves de

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la phaiône que l'on nomme calamiieusc à cause de ses ra- v;»ges ; les larves des tipules qui se logent sous les racines des graminées; enfin, elle détruit beaucoup d'autres animaux nuisibles. Par la consommation que ces corneilles font de ces insectes destructeurs , elles doivent être rangées parmi les oiseaux utiles.

Les corneilles mantelées doivent être regardées, en France et dans une partie de l'Europe , comme oiseaux de passage, puisqu'elles n'y restent que pendant Thiver. Dès les premiers jours de mars , elles retournent au Nor<ï, et se retirent dans les bois des plus hautes montagnes. , comme les corbines , chaque couple s'isole , et place son nid sur les pins et les sa- pins. La ponte est ordinairement de cinq à six œufs d'un bleu verdâtre avec de nombreuses taches de brun noirâtre. La fe- melle a pour ses petits le même attachement que les autres cor- neilles, montre autant daudace pour attaquer les oiseaux de proie, et autant de courage pour les combattre. Selon Frisch, file est si attachée à sa couvée, que lorsqu'on coupe par le pied l'arbre est placé son nid, elle se laisse tomber avec lui, et s'expose à tout plutôt que d'abandonner sa progé- niture. Cet oiseau a deux cris, l'un grave, et l'autre aigu , et qui a quelque rapport avec celui du coq. Cette corneille se trouve dans toute l'Europe , comme je l'ai déjà dit : mais il est des contrées au nord et au sud, elle reste toute l'année, telles qu'en Ecosse , dans l'île de Féroë , et celles de l'archi-

Îel de la (irèce. On la retrouve encore en Sibérie, et, selon jatham, sur la terre des Papoux, et même aux îles Molu- ques, elle mange le fruit rouge du cannellier. Cette cor- neille des Papoux ne seroit-elle pas plutôt celle à srapulaire blanc , ou du Sénégal ?

On la prend dans les mêmes pièges que les autres.

La Corneille marine. Dénomination vulgaire de la Cor- neille MANTELÉE, parce qu'elle se tient souvent sur les bords de la mer.

La Corneille de mer. Nom que l'on donne, dans quel- ques contrées , au prétendu CoRACiAS HUPPÉ. V. ce mot.

La Corneille moissontseuse. V. Corneille freux.

La Corneille noire. V. Corneille corbine.

La Petite Corneille d'église. C'est le nom du Choucas en Normandie.

La Corneille a plumes grises est très-commune dans la partie orientale et montagneuse de la Sibérie ; elle ne dif- fère de la corbine qu'en ce qu'elle a quelques plumes grises sur le dos. Ces corneilles se joignent aux corbines pendant l'hiver, et vse jettent par troupes de plus de vingt sur les poules , et les mettent en pièces.

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La Corneille delà. Nouvelle Calédome, Corons cale- donicus , Lath. C'est d'après un dessin de la collection de Joseph Bancks, que Latham a décrit cette espèce. Elle a quatorze pouces de longueur; le bec et les pieds noirs : l'iris jaune ; le plumage généralement cendré , excepté la queue qui est noire. Si les analog^ies n'étoient pas quelquefois trompeurs, je croirois que cet oiseau seroit une coracine ; mais il faut le voir en nature pour le classer convenable- ment ; en attendant, Je le laisse dans le genre Latham l'a placé.

La Corneille a rabat, Corvus dencus^ Lath., Muséum caris, fascic. i , tnh. 2. La couleur cendrée de la base du bec de cet oiseau, et une tache blanche sur sa gorge , sont les seules dissemblances qui existent entre son plumage et celui du corbeau et de la corbine. Sa très-grande rareté fait pré- sumer que c'est une variété accidentelle ; mais Fest-elle du corbeau ou de la corneille? C'est ce qu'on ignore , puisque Sparmann, qui le premier l'a fait connoîlre , se tait sur sa grosseur , sur sa taille , ainsi que sur la force de son bec. Cet oiseau a été trouvé en Suède. La Corneille sauvage. V. Corneille mantelée.

La CORÎ^EILLE DU SÉNÉGAL. V. CORNEILLE A SCAPULAIRE BLANC.

La Corneille A SCAPULAIRE BLANC, Cqtvus dauricus , Lath., pi. enl. , n." 827 de VHist. nal. de Buff. Cette espèce se trouve non-seulement au Sénégal , mais encore au Cap de Bonne- Espérance , en Abyssinie, dans plusieurs contrées de l'Asie, en Chine, en Daourie et en Mongolie. Il paroît que c'est la plus familière des corneilles , car dans les villes des Terres australes de l'Afrique , elle est répandue, elle se lient dans les habitations , et vient lui^me jusqu'aux portes des bouche- ries. Elle se mêle avec les corbeaux pour dévorer les cada- vres, et en a les habitudes. Ainsi qu'eux, elle place son nid sur les arbres et les buissons , et ce qu'il y a de remarquable , c'est que ses œufs sont aussi du même vert et tachetés du même brun, à ce que nous assure Levaillant , dans son Hist. nai. des Oiseaux d' Afrique.

Le bec, les pieds , les ongles, la tête , la gorge, le man- teau, les ailes et la queue sont noirs avec des reflets bleus sur diverses parties; le reste du plumage est blanc ; l'iris d'un brun noisette ; les pennes de la queue arrondies. Les ailes étant ployées, vont jusqu'au-delà des trois quarts de la lon- gueur de la queue. L'individu qu'a décrit Montbeillard , les avoit plus courtes. La femelle est un peu plus petite que le mâle ; son espèce de scapulaire est moins étendu, et le blanc est moins pur. Longueur totale, onze pouces.

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La Corneille tigrée. V. Corneille a scapulaire blanc. La Corneille versicolore , Corous verskolor , Latt. La- tham ayant décrit cet oiseau d'après un dessin , n'a pu cons- tater sa taille ; c'est, dit-il , une grande espèce , qui a le bec fort ; tout le plumage d'un brun sombre à reflets bleus et rougeâtres , selon les aspects de la lumière ; le bec et les pieds sont noirs. Je ne puis assurer que cet oiseau soit bien placé. Le Cuouc, Coivus sperniologus, Frisch; Curons monedula ^ var. , Lath. ; pi. enl. de Buff., n.° 622, et de Friscb, n.° 68, est totalement d'un beau noir qui reflète en vert, en pour- pre et en violet, sur les parties supérieures et sur la poi- trine ; on remarque sur chaque côté de la tête un crois- sant d'un noir très-foncé, dont la partie concave est tournée vers les yeux, qui sont entourés de petits points blancs; ce croissant et ces points sont très - peu apparens chez la fe- melle, dont le plumage a moins d'éclat que celui du mâle; c'est la seule différence qui existe entre eux. Frisch, Brisson et Buffon sont très-fondés à donner le chouc pour une es- pèce très -distincte du choucas proprement dit. Latham , Gmelin et tous les ornithologistes modernes présentent le premier comme une variété du second; ils auroient bien en donner les motifs, pour nous prouver que cette sorte de: réunion est réelle: mais elle est bien loin de l'être; car, non - seulement les choucs, qui tous se ressemblent, ce qui n'indique pas une variété , diffèrent des choucas par leur plumage , tnais encore par d'autres attributs qui leur sont propres; i.° si l'on compare leur plumage à celui des autres , on saisit facilement en quoi ils diffèrent; mais ces dissemblances ne sont point, comme le dit M. Levaillant , les caractères distinclifs des sexes; a.Oéia taille du choucas est un peu trapue; celle du chouc est svelte ; 3." aucun choucas n'a, près des yeux, des petits points blancs qu'a celui-ci; 4'* ^*^ chouc a les yeux bleuâtres, et le choucas les a blancs; 5." il est moins gros et moins long; son bec est plus grêle, plus effilé et plus court, ainsi que sa queue, ses tarses et *es doigts. Yoici les dimensions comparées de l'un et de l'autre :

Longueur totale. .

Bec

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Doigt du milieu. .

Queue,

TJepasse les ailes ch

Choucas.

Chouc.

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C O B 4i

Outre ces différences , il y en a encore d'autres dans les proportions relatives des rémiges : le choucas a la première plus courte que la neuvième, les deuxième, et cinquième égales, la quatrième plus courte que la troisième : chez le chouc, la première est plus longue que la neuvième; la deuxième un peu plus courte que la cinquième; les troisième et quatrième sont égales. Ces deux oiseaux ont les mêmes habitudes, les mêmes mœurs, et rivent des mêmes alimens; ils se plaisent, l'un et l'autre, dans les vieux châteaux aban- <loîinés et dans les tours des églises ; mais le chouc est sé- dentaire dans le pays qu'il habite , tandis que le choucas le quitte pendant plusieurs mois de l'année; son espèce est moins nombreuse; elle se trouve dans plusieurs provinces Sud de la France, je l'ai vue ; mais on ne la voit jamais à Paris, ni en Lorraine, quoi qu'en dise M. Levaillant, ni dans aucune de nos provinces septentrionales, dans lesquelles les choucas sont très-nombreux.

Le Choucas proprement dit, Connis monedula, Lath., pi. enl. de Buff. , n.° 520. Nous retrouvons dans le mâle et la femelle de cette espèce, la même fidélité, le même attache- ment que nous avons remarqués dans les Bouvreuils ( Voy. ce mot); ce qu'on rencontreroit encore dans beaucoup d'au- tres oiseaux, s'ils étoient mieux observés. « Une fois appa- riés, ils ne se quittent plus; dès les premiers jours du prin- temps, ils se recherchent avec empressement, se parlent sans cesse, joignent leur bec comme pour se baiser, se ca- ressent de mille manières, essayent toutes les façons de s'unir avant de se livrer à la dernière union , et se préparent à remplir le but de la nature par tous les degrés du désir, par toutes les nuances de la tendresse ; ils ne manquent jamais à ces préliminaires, non pas même dans Tétat de captivité. » C'est ainsi que Montbeillard peint leurs amours. Chaque couple ne s'isole poinl(> comme font la plupart des autres espèces; tous placent leur nid les uns près les autres sur les grands arbres ou dans les ti'ous les plus voisins d'un même édifice; mais ils préfèrent aux arbres les rochers, le comble d'un vieux château abandonné, les tours des églises les plus élevées; et ce qu'il y a de remarquable, c'est que, parmi celles-ci, ils donnent la préférence à celles qui sont dune structure gothique, quoique les autres, construites à peu près sur le même modèle, semblent, par la hauteur et la capacité, leur présenter un asile aussi favorable. Lorsque cett( ressource leur manque, ils nichent dans les rochers, et mêmr- dans des trous de lapin, si Ton en croit Pennant, et Latham d'après lui; ce dernier ajoute que dans l'fle d'Ely,

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il n'y a point d'édifice (ni sans doute de terriers), ils le placent dans les cheminées.

Les choucas disparoissent vers les mois de juin et de juil- let, et cela, immédiatement après les couvées ; du moins ils ne fréquentent plus alors les tours des églises, et Ton n'en rencontre que très-rarement dans les champs. Ils reviennent à l'automne visiter leur ancien domicile, mais seulement au milieu du jour, et se répandent dans les terres nouvellement labourées, on les voit souvent à la suite de la charrue. J'ai remarqué que pendant l'été, ces oiseaux ne passent point la nuit sur les tours, ni les mâles, dans le temps de lincubation. Les femelles seules y restent; et dès que leurs petits peuvent, sans inconvénient, supporter la fraîcheur de la nuit, elles les quittent le soir, vont avec les autres se coucher dans les bois de haute futaie , et les y condui- sent dès qu'ils peuvent voler.

A ces choucas indigènes à la France, se joignent ceux qui n'habitent T Allemagne et les autres pays du Nord que pen- dant les beaux jours, et, tous ensemble, forment ces gran- des troupes qu'on voit souvent avec les freux^ mais formant toujours des bandes distinctes : comme ceux-ci , ils ne ces- sent de crier en volant; leur cri est plus aigu et plus perçant; il paroît avoir influé sur la plupart des noms qu'on leur a donnés dans différentes langues; mais ils ont encore une autre inflexion de voix, et on les entend quelquefois crier, tian tian tian.

Ces oiseaux sont très-peu carnivores , et ils ne touchent aux cadavres que dans une très-grande disette de leur nour- riture habituelle. Ils vivent de vers de terre , d'insectes, prin- cipalement de scarabées , de graines et de fruits.

L'on prétend que les choucas font deux couvées par an ^ ce qui est possible dans certains pays; mais en Norhnandie , et à Paris, j'ai eu occasion de le^observer, ils n'en font qu'une. La ponte est de quatre ou six œufs, marqués de quelques taches brunes sur un fond verdàtre; le mâle et la femelle couvent alternativement, et apportent la même af- fection pour soigner et nourrir leurs petits. Ainsi que les torneilles, ces oiseaux n'ont point de jabot pour contenir la nourriture qu'ils réservent à leurs petits; mais la nature y a pourvu en donnant à l'œsophage une dilatation qui leur en tient lieu, ce dont ils ont besoin, puisque, presque tou- jours, le nid est très-éloigné des lieux ils trouvent leurs alimens. Le choucas se prive facilement, apprend à parler sans peine, et semble se plaire dans létat de domesticité, puisque, étant libre, il ne cherche point à rejoindre ses sem-

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blables. Comme les corbeaux .et les pies , il cache la nour- riture qu'il ne peut consommer, dérobe les pièces de monnoie et tout ce qui brille à ses yeux.

Cette espèce, répandue dans toute l'Europe, habile aussi la partie occidentale de la Sibérie, et se trouve, mais en petit nombre, auprès du lac Baïkal. Sa grosseur est celle du pigeon, et sa longueur de treize pouces un quart; le bec est noir ; l'iris blanchâtre ; un noir changeant en violet cou- vre le sommet de la tête, le dos, le croupion, les couver- tures, les pennes des ailes et de la queue; mais sur celles des ailes on remarque aussi des reflets verts; la couleur de l'occiput et du dessus du cou tire au cendré ; la gorge est noire, et chaque plume a dans son milieu un trait longitudi- nal blanchâtre ; la teinte noire qui est répandue sur les autres parties du corps est moins foncée et beaucoup moins bril- lante ; les pieds sont pareils au bec; la seule différence qui distingue la femelle du mâle , consiste dans les reflets qui sont moins apparens. On signale plusieurs variétés qui , d'a- près leur grande rareté, me paroissent accidentelles; tels sont : le Choucas à collier; le Choucas hlanc variée qui ressemble au vrai choucas, à l'exception des ailes qui sont blanches, et du bec qui est crochu ; le Choucas brun clair à gros des ailes blanc; le Choucas tout noir à occiput blanc ; enfin , le Choucas du plus beau noir, à pieds et bec d'un rouge de carmin, que Gmelin a vu dans son voyage en Sibérie. Cet oiseau, d'après la couleur de son plumage et de ses pieds, paroît avoir plus d'analogie avec le suivant.

Le Choucas des Alpes. V. Choquard.

Le Choucas columbia, Cormis columbiana ^ "Wilson, Or- nithologie américaine, tom. 3, pi. 20, fig. 2. Ce choucas de TAmérique septentrionale ayant été trouvé sur les bords de la rivière Columbia, on lui en a appliqué le nom. Wilson l'appelle, en anglais, clark's crown. Le seul individu que l'on connoisse est à Philadelphie, dans la collection de Péal; il est remarquable, dit l'auteur cité ci-dessus, par la puissance de ses serres, qui se rapprochent de celles des faucons; ce qui fait présumer qu'il vit de proie vivante. En effet, il se nourrit de poissons qu'il pêche sur les bords de la mer et des fleuves, il se tient en troupes nombreuses. C'est une es- pèce aussi criarde que celle du choucas d'Europe, avec laquelle elle a des rapports par sa taille et ses formes. Ce choucas a treize pouces anglais de longueur totale; la tête, le cou, le des- sus elle dcssousdu corps d'une teinte isabelle, légère et soyeu- se, mais plus foncée sur la poitrine et sur le ventre ; les ailes, la première penne latérale de la queue, ainsi qile les barbe-s internes des pennes voisines , d'un noir à reflets couleur d'à-

44 COR

cier; les pennes secondaires, à l'exception des trois les plus proches du corps, sont blanches à leur extrémité, dans un pouce d'étendue; ce qui donne lieu à une marque de cette couleur, lorsque l'aile est en repos; la queue est arrondie, et ses dix pennes intermédiaires sont dun blanc pur ; le croupion est de cette couleur; le bec d'un brun de corne; les pieds sont noirs; les ongles pareils, très-forts et crochus, surtout celui du milieu et le postérieur.

Le Choucas gris du Bengale, Cojvus splendens^ Yieill. Taille du choucas d'Europe : front, sommet de la tête, gorge, jambes, ailes, queue, bec et pieds noirs; reste du plumage d'un gris de perle sombre ; plumage très-lustré.

Le Choucas moustache, Cojvus h ottentotus ^ Lath., pi. enl. de Buff. , n.» 226, est très-remarquable par les poils noirs, longs et flexibles qui naissent de la base de la mandibule su- périeure, et qui sont trois fois plus longs que le bec; outre plusieurs autres poils plus courts, roides et dirigés en avant, qui environnent cette même base jusqu'aux coins de la bou- che ; des plumes longues et étroites partent de la partie supérieure du cou , glissent et se jouent sur le dos , sui- vant que le cou prend différentes situations, et forment à l'oiseau une espèce de crinière; le bec, les pieds et les ongles sont noirs , ainsi que tout le plumage , qui est changeant comme celui des choucas ; mais la queue est à proportion plus longue que celle d'aucun d'entre eux , et les ailes pliées n'atteignent qu'à la moitié de sa longueur. Brisson dit que cet oiseau a été envoyé du Cap de Bonne-Espérance ; mais il n'est pas certain qu'il se trouve dans cette partie de l'yVfri- que; car M. Levaillant nous dit que, quelques recherches qu'il ait faites, quelques informations qu'il ait prises, il n'a pu le découvrir, ni trouver quelqu'un qui le connût, (v.)

COBBEAU. On donne aussi ce nom à des poissons des geiires SciÈNE , Sciœna nigru , Linn. , et Trigle, Trigla hî- riido , Linn. (b.)

CORBED WYN. Nom gallois du Bouleau nain , Betula nana , L. (ln.)

CORBEILLE, Corhis. Genre de coquille bivalve, établi par Cuvier, aux dépens des \ ÉS'US. Ses caractères sont : coquille transversalement oblongue ; de fortes dents dans le milieu de sa charnière, et des lames latérales très-marquées; •surface extérieure treillissée.

La Vénus frangée sert de type a ce genre , qui renferme plusieurs espèces vivantes et fossiles.

Le Pétoncle grenu est encore une corbeille. (B.)

CORBEILLE-COEUR-EN-ABCHE, Arca granosa, Espèce de coquille bivalve. F. Arche, (ln.)

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COR 45

CORBEILLE-HUITRE. Nom vulgaire d'une coquille

du genre Peigne, Pecien orbicularis. (ln.)

CORBEILLE DES INDES , Arca senilis. Espèce de

coquille bivalve, (ln.)

CORBEILLE D'OR. C'est Yalyssumsaxalile cultivé dan.«;

les parterres. Dès le premier printemps elle se couvre de

fleurs jaunes d'un charmant effet, (ln.) CORBEJEAU. V. Corbigeau. (v.) CORBEL, Nom ancien du Corbeau, (v.) CORBEL, CoRBELLoetCoRBEZZOLA. Différens noms de

1' Arbousier, Arbutus micdo, L. , ou de son fruit, en Italie.

(LN.) CORBI-CALAO de Levaillant , Oiseaux d'Amén'que et des Indes , pi. 24. ,• ( Merops comiculatus , Latham et Shaw ) , est un oiseau de la Nouvelle-Hollande , du genre Créadion institué par M. Vieillot , et du genre Philedon établi par M. Cuvier. V. Créadion, (desm.)

CORBICHET. Nom breton du Courlis, (v.) CORBICHONIA. Nom donné, par Scopoli, à VOiygia de Forskaël, que depuis on a réuni au genre Talinum.

(LN.)

CORBIGEAU, CORBEJEAU. Noms vulgaires du Courlis , dans la Bretagne et dans le Poitou, (v.) ' CORBILLARD ou COR^^LLAÏ. On désigne ainsi les jeunes Corbeaux , dans quelques provinces, (desm.)

CORBIN. Nom du Corbeau , en vieux français, (s.)

CORBINE. V. l'article Corbeau, (v.)

CORBIS. Nom latin des coquilles du genre Corbeille, fondé par M. Cuvier. (desm.)

CORBULE, Corbula. Genre de coquilles bivalves, dont on ne connoît que des espèces fossiles. L'expression de ses caractères est : coquille inéquivalve , subtransverse , libre , régulière ; une dent cardinale , conique , courbe et relevée sur chaque valve ; ligament intérieur ; deux impressions musculaires.

Ce genre est remarquable par Tinégalité des valves des co- quilles qui le composent , l'une étant au moins d'un tiersplas grande que l'autre. Leur sommet et leur bord antérieur se joignent exactement, mais leur bord supérieur, et surtout le bord postérieur , laissent entre eux une distance considérable lorsque la coquille est fermée, c'est-à-dire, qu'elle est très- bâillante de ce côté- La charnière est de la même espèce dans les deux valve.<^;

^G COR

mais la dent , dans la petite, est très-longue et étroite, tan- dis qu'elle est très-courte et plus large dans la grande.

Ce genre contient cinq à six espèces, dont une est figurée pi. B 25.

Toutes se trouvent à Grignon, et autres dépôts tertiaires de coquilles, (b.)

COKBY. Nom écossais des Corbeaux, (desm.)

CORCAT. Dans le pays de Galles, c'est le lichen tartarcus de Linnaeus. (desm.)

CORCELET.On entend par ce mot , en conchyliologie, la face antérieure de quelques coquilles bivalves , séparée du disque par une carène saillante ou par une ligne en- foncée, (b.)

CORCELET , Thorax. Réaumur , et après lui Geoffroy et Degeer, ont ainsi écrit ce mot ; mais , soit qu'on le fasse dériver àe corset ., corps de jupe , soit de corselet^ petite cui- rasse, ou de petit corps, il eût été plus convenable , pour se conformer à notre orthographe , de Técrire ainsi que nous l'avons fait dans cet ouvrage, de cette manière : cor^e/r/. Quoi qu'il en soit , on désigne ordinairement par ce mot , la partie du corps des animaux de la classe des insectes de Lin- naeus qui se trouve entre la tête et l'abdomen. Si les objets ne peuvent être bien connus que par l'exactitude des détails qu'ils rassemblent , et par celle des noms qui doivent désigner et distinguer ces dékjils; si la confusion qu'on a des choses , naît le plus souvent de celle des mots , on doit, par- ticulièrement en histoire naturelle , ne rien laisser au vague et à l'incertitude. D'après ces règles , nous avons cru , dans la partie des insectes de V Encyrlopédie méthodique , ne devoir donner le nom de corselet, qu'à cette partie qui se trouve entre la tête et la poitrine, et qui donne naissance seule- ment aux deux pattes antérieures ; ainsi , les ailes ne pren- nent pas naissance du corselet, mais des parties latérales et supérieures de la poitrine ou du dos , dont la partie inférieure donne seule naissance aux quatre pattes postérieures. Ainsi , dans les lépidoptères et les hyménoptères , le nom de cor- selet ne pourroit convenir qu'à celle partie très-raccourcie , nommée épaidelles par la plupart des auteurs, puisque cette pièce, quelque courte qu'elle soit, donne toufours naissance, à sa partie inférieure, aux deux pattes de devant. Le cor- selet des coléoptères, des orthoptères et d'une partie des hémiptères, est grand, bien distinct, et placé entre la tête et l'origine des élytres. Dans les hémiptères , le corselet des cigales est un peu moins distinct que celui des punaises; et , comme tout est progression et dégradation insensible

COR ^7

dans la nature, onpourroit, en suivant les différens ordres des insectes , trouver leur corselet moins apparent de plus en plus, et disparoître insensiblement dans quelques né- vroptères. Dans les diptères , cette partie est presque imper- ceptible ; et dans les aptères, on ne la retrouve plus. La tôle , le corselet et la poitrine, dans les araignées, dans les scor- pions , ne forment qu'une seule pièce , qui donne naissance aux huit pattes de ces insectes. En général , les insectes à six pattes ont un corselet plus ou moins distinct , et ceux qui ont plus de huit pattes n'ont point de corselet. Tout le corps est divisé en anneaux ou segmens , d'où les pattes tirent leur origine. Malgré nos observations à cet égard , nous sommes forcés , pour la facilité et l'intelligence des descriptions , de nous conformer au langage adopté par les auteurs , et nous continuerons d'appeler avec eux corselet , la partie supé- rieure de la poitrine , dans la plupart des insectes ces deux pièces se confondent ensemble.

Le corselet a fourni des caractères génériques à la plupart des entomologistes ; nous croyons qu'on ne doit l'employer que relativement à la division des espèces. On peut le con- sidérer, dans ses différentes moditications, par rapport à sa forme , ses proportions , sa surface et ses bords, (p.)

Cet article est presque le même que celui de la première édition de cet ouvrage. Je remarquerai seulement que Lin- nseus, par le mot de thorax , désigne la partie supérieure da tronc, ou quelquefois , comme dan& les coléoptères , les or- thoptères, etc., le dessus du segment antérieur, lorsque , par son étendue , il forme la majeure partie du tronc. Voyez ce dernier mot , et les articles Arachnides, Crustacés , In- sectes et Coléoptères, (l.)

CORCHORUS. Ce nom latin est celui du genre coreile. Avant d'avoir été fixé à ce genre par Tournefort , qui pen- soit , avec beaucoup de botanistes , que le corchorus de Pline et des anciens , étoit le corchorus olitorius ; différentes plantes ont été prises aussi pour le corchorus de Pline ; ainsi , par exemple , le corchorus de Dalechamp est une épervière y ( Hieracium murorum , L. ) , et le corchorus d' Anguillara est l'anagallide des champs {Aiiagallis an^ensis , L. )

Le corchorus japonicus de Thunberg , d'après l'observa- tion de M. Decandolle, n'appartient pas à ce genre, ni même à la famille des tiliacées; il doit en constituer un particulier , voisin de la ronce ( rubus ) dans la famille des rosacées. (LN.)

CORCOÏTA. Nom basque de la Course, (ln.)

CORCOROSet CORCORUS, Pline. V. CoRcnoaus.

(L^7

48 COR

CORDE À VIOLON. Espèce de Périploque. (b.) CORDEAU À SONNETTES. C'est un cordeau au- quel on attache des grelots. On s'en sert pour battre et traquer les endroits ie chasseur ne peut avoir accès , comme dans les chasses de bourrées qui se font aux cail/es dans les chenevières. (v.)

CORDEIRO ou CORDERO. Noms portugais de l'A-

GNEAU. (DESM.)

CORDELIÈRE. Nom que les marchands d'histoire na- turelle donnent à quelques coquilles des genres hurcin et rocher dont la couleur est brune , et qui ont en outre des lignes blanches sur leurs spires. V. aux mots BucciN et Ro- cher. (B.)

CORDERO. V. Cordeiro. (desm.)

CORDIÉRITE. Nouvelle espèce de substance minérale de la classe des pierres, dont le nom est emprunté de celui de M. Cordier , inspecteur divisionnaire des mines du royaume , qui le premier en a fait connoître les véritables caractères et indiqué la place dans la méthode. {lolith^ W. etKARST. Dichroïte , Cordier. Id. , Delam.)

CARACTÈRES ET VARIÉTÉS.

(^Cordier^ J. des M., t. aS, p. 129 à i38; ouJ. de Ph. , t. 68, p. iû8 à 3o4. ; Haiiy , Tableau comparatif, p. 61 et 221.)

CARACTÈRE ESSENTIEL.

Divisible parallèlement aux faces d'un prisme hexaèdre ré- gulier, susceptible d'être subdivisé par des coupes longitudi- nales perpendiculaires aux faces latérales.

CARACTÈRE PHYSIQUE, Pesanteur spécifique , 2,56o.

Dureté y rayant fortement le verre et légèrement le quarz ; facile à casser.

Cassure , vitreuse , inégale , offrant quelquefois des indices de lames très-sensibles , ou imparfaitement conchoïde.

Poussière^ d'un gris-bleuâtre, âpre au toucher.

Éclat extérieur y ordinairement terne.

Couleur^ bleu-violet , tirant au noirâtre.

Transparence , translucide , ordinairement opaque.

Les cristaux translucides offrent un phénomène qu'on peut appeler celui de la double couleur par réfraction.

CARACTÈRE GÉOMÉTRIQUE.

forme primitive : Le prisme hexaèdre régulier, dans lequel

G O R ^g

le rapport entre le côté de la base et la hauteur est à peu près celui de lo à 9.

Molécule intégrante : Le prisme triangulaire dont les bases sont des triangles équilatéraux.

CARACTÈRE CHIMIQUE.

Action du feu : Fusible au chalumeau, mais avec difficulté, en un émail gris-verdâtre , très-clair.

On obtient le même résultat, soit avec le borate, soit avec le carbonate de soude.

Action des acides : nulle.

M. L. Gmelin, fils du célèbre naturaliste de ce nom , et lui- même minéralogiste très-distingué , s'est assuré par l'analyse que ce minéral ne contient pas de glucine , ce qui , indépen- damment de sa forme , Téloigne tout-à-fait de l'émeraude.

Les substances avec lesquelles il seroit le plus facile de con- fondre cette substance , tant à cause de sa couleur que de ses formes , sont : le corindon , l'émeraude , la tourmaline , la haiiyne , la népheline et le dipyre ; mais la comparaison de leurs caractères particuliers suffira pour l'en faire distinguer facilement. Elle est moins dure et moins pesante que le co- rindon ; sa molécule intégrante difïère de celle de l'émeraude, et d'ailleurs elle ne contient pas de glucine; elle n'est pas électrique comme la tourmaline , ne fond pas comme le di- pyre , et enfin ne fait pas de gelée avec les acides comme la haiiyne , etc. Sa couleur est aussi très-différente ; mais ce ca- ractère n'est pas essentiel.

VARIÉTÉS DE FORMES.

1. Cordiérite primitif;

Le prisme hexaèdre régulier.

2. péridodécaèdre ;

Prisme droit à 12 pans inclinés l'un sur l'autre de iSo".

3. émarginé ;

La variété précédente , dans laquelle les arêtes , au con- tour de la base , sont remplacées par des facettes inclinées sur les pans du prisme de i3o° environ. {Haiiy , cours de Mi- néralogie de 18 16.)

Cette variété vient de Bavière. V. plus bas.

4-. Dichroïte granuliforme ;

En gros grains irréguliers présentant des rudimens de cris- tallisation , ou en petites masses irrégulières formées de gros grains confusément agrégés.

ACCIDENS DE LUMIÈRE. Transparence ; lv&x\û\xc\A.Q ou opaque. VIIÏ. 4

So COR

Couleurs; violet , ou jaune-trunâlre et bleu d'indigo toUt à la, fois.

Les cristaux translucides vus par réflexion paroissent vio- lets ; mais si on regarde à travers parallèlement à l'axe dd prisme , la couleur est bleue : elle est jaune-brunâtre quand le rayon visuel est perpendiculaire à ce même axe.

ANNOTATIONS.

Le cordiérite se trouve en Espagne , dans le royaume de Grenade, en deux endroits différens, savoir : au Granatillo , près de Nijar, il a pour gangue une matière argileuse bleuâ- tre , à l'état de décomposition , enclavée dans un grunstein altéré , qni contient abondamment du mica et des grenats ( Tondi) ; et au pied des montagnes qui entourent la baie de San-Pedro , dans une immense assise horizontale de brèche volcanique suivant M. Gordier.

« Cette brèche est composée de détritus de toute espèce, mais notamment de fragmens et de blocs de scorie noire ou rouge parfaitement conservée , de lave vitreuse noire et de lave lithoïde . soit basaltique , soit pétrosiliceuse. C'est dans les blocs de celte dernière sorte qu'on rencontre spécialement le dichroïte. Il s'y présente tantôt sous la forme de grains dissé- minés , tantôt sous la forme de cristaux groupés et comme em- pâtés dans la lave. On le trouve aussi non-seulement dans le tuffa gris ou blanchâtre qui sert de base à la brèche , mais en- core dans quelques-uns des fragmens de granité feuilleté qu'elle renferme. Ces fragmens ont visiblement subi l'action de la cha- leur, et la couche primitivp dont ils ont été détachés , est très- probablement la matrice originaire du dichroïte : ils offrent effectivement dans leur composition des lames de mica noir et des grenats rouges trapézoïdaux semblables à ceux qu'on voit contenus dans les masses, et même dans l'intérieur des cristaux de ce minéral; ce qui indique une formation contem- poraine. La lave pétrosiliceuse qui lui sert plus communé- ment de gangue , est plutôt grenue que compacte : elle est de même nature que celle des îles Ponces , ou celle du Puy-de- Dôme et de la cascade du Monl-d'Or en France, c'est-à-dire, composé de grains très-fins de feldspath. Le feu a laissé quel- ques traces de son action sur les cristaux et les masses de di- chroïte -, la plupart des masses se montrent comme corrodées en différens endroits, etc. » ( Cordier^ Mémoire cité , p. i35 et i36.)

C'est de la baie de San-Pédro que proviennent les échan- tillons sur lesquels M. Cordler a établi les caractères de celle nouvelle espèce, dont il indique la place dans la méthode à côté lie l'émeraude avec, laquelle, en effet, elle a de l'analogie par sa

COR 5i

forme, par sa pesanteur spécifique et par sa dureté. Nous avons proposé ailleurs ( Tableau des espèces minérales^ t. 2, p. aat ) de nommer ce minéral cordiérile^ du nom du savant qui, le pre- mier, en a bien fait connoître les caractères ; celui à'ioliû/e, signifiant seulement une pierre violette, et celui de diclnmie ^ c'est-à-dire , double couleur, faisant allusion à un phénomène qui ne peut pas toujours être observé. Depuis lors on a dé- couvert des cristaux de même substance à Bodenmaïs , en Bavière, ils sont engagés dans la pyrite magnétique. Ils sont d'une couleur jaunâtre, légèrement nuancée de violet et de verdâtre, et se rapportent à la variété émargînée , décrite plus haut. .

On débite en Allemagne , sous le nom de pelium , qui lui a été donné par M. A^erner, une variété de cette substance , en masses lamellaires d'un bleu nuancé de violet , et présen- tant aussi le phénomène de la double couleur, qui vient du pays de Salzbourg.

Le minéral connu dans le commerce sous le nom de ^a- phir d'eau , et qui a été considéré tantôt comme un saphir oc- cidental ou de qualité inférieure , et tantôt comme un quarz , examiné de nouveau, par M. Cordier, en comparaison avec le dichroïte , lui a présenté tous les caractères de cette es- pèce à laquelle il l'a réuni. V. Saphir d'eau, (luc.)

CORDIA. Genre de plante consacré par Plumier à Valerîus Cordas^ botaniste allemand du seizième siècle, qui mourut à Rome à Tâge de vingt-neuf ans. Il avoit déjà pu- blié une Histoire des Plantes (i56i, Argeniinœ) dans laquelle il fit connoître des espèces nouvellement découvertes par lui en Allemagne et en Italie. Dix ans auparavant il avoit publié des Annotations sur Dioscoride. Le cordia de Plumier a é(é adopté par les botanistes. V. Sébestier. C'est le sehesiena de quelques autres botanistes, \e Jirensia de Scopoli , le paoonia de Dombey, le gerascanthus et collococcus de Brown , Jam. Le patagonula , L. et quelques cabrillets {ehretia) et varronm font partie du genre cordia, avec lequel le cerdana de Ruiz et Pavon , et le carmona de Cavaiiilles, ont beaucoup de rap- ports. Enfin , le genre cordia est le type d'une petite famille établie par \entenat , et intermédiaire entre les borraginécs et les solanécs. V. Sébesïeniers. (ln.)

CORDILIA. Encycl. bot., suppl. 2, p. 3^9. V. Cor- DYLE, arbre de la Cochinchinç. (lts.)

CORDON-BLEU. Nom d'un Bengali et d'un Cotinga. V. les articles Fringille et Cotitsga. (v.)

CORDON-BLEU. Coquille du genre Ampullaire. (b.)

CORDON DE CARDINAL. Nom vulgaire de la Peb-

SICAIRE. (B.)

Sa COR

CORDON - OMBILICAL. Assemblage des vaîsseaux ombilicaux. V. Homme, (s.)

CORDON-OMBILICAL. Filet qui communique de Vamande au placenta dans les graines. On l'a dernièrement apipelé funicule. V. Fruit, (b.)

CORDONEN. L'un des noms allemands de la Cardo- NETTE {cynara cardunculus, L. ). (ln.)

CORDONNIER. Quelques navigateurs ont donné ce nom au Goéland brun, (s.)

CORDONNIERouCOURDOUGNIÉ. Dans quelques départemens méridionaux de la France, on appelle ainsi l'in- secte décrit par Geoffroy sous le nom de punaise-axfiron.

V. NOTOTECTE, (DESM.)

CORDUBA. V. CoRRUDA. (ln.)

CORDUEIRA. Nom portugais de I'Antidesme alexi- TÈRE ( aniidesma alexileria , L. ). (LN.)

CORDUMÉNI. Nom que les Maures donnent au Car- damome. F. ce mot. (ln.)

CORDUMENON, Avicenne. F. Corduméni et Car- damome, (ln.)

CORDYLÉ. Lézard du genre des Stellions. (b.) COîlDYLE, Cordyla. Grand arbre à feuilles petites, oblongues, émarglnées, glabres , à fleurs disposées en petits bouquets latéraux et solitaires, qui, selon Loureiro, forme un genre dans la monadelphie polyandrie.

Ce genre offre pour caractères : un calice campanule, à qua- tre divisions aiguës ; point de corolle ; trente-quatre étamines réunies à leur base; un ovaire supérieur, surmonté d'un style à stigmate simple ; une baie pédicellée, ovale, aiguë , unifo- culaire, et contenant six semences ovales.

Le cordyle croît sur les côtes orientales de l'Afrique , on mange ses baies, (b.)

CORDYLE, Cordyla. Genre d'insectes, de l'ordre des diptères , famille des némocères , tribu des tipulaires , établi par M. Meigen. Par la forme générale du corps et ses pieds épineux, il paroît se rapprocher des mycé- tophiles; mais il est voisin des bibions, à raison de ses an- tennes courtes, grosses, en forme de fuseau et perfoliées. Elles sont composées de douze articles , et la tête n'offre point d'yeux lisses , ce qui distingue ces insectes de ces der- niers. M. Meigen ne cite qu'une espèce , qu'il noramefusca , et qui nous est inconnue, (l.)

CORDYLINE, Cordylina. Genre de plante établi par Commerson dans l'hexandrie monogynie, et dans la famille des asperges.

C O R S5

Ses caractères sont : corolle à six divisions profondes , égales, caduques; six étamlnes: ovaire supérieur surmonté d'un style à stigmate à trois lobes ; baie globuleuse à trois loges contenant plusieurs semences , dont deux avortent tou- jours.

Ce genre diffère fort peu des Dianelles et des Drago- NIERS. Il renferme deux à trois espèces, (b.)

CORDYLO CARPE, Cordylocarpus.ÇTtnvt de plantes éta- bli par Desfontaines, dans sa Flore atlantique , et dont les ca- ractères sont : un calice tétraphylle, caduc, à découpures li- néaires ; une corolle de quatre pétales , ovales , entiers et très- ouverts; six étamines télradynamiques; un ovaire supérieur, dont le style est subulé et persistant ; une silique en massue, ou cylindrique à la base et globuleuse à son sommet, à plu- sieurs semences écartées. Voyez Flore atlantique^ pi, i52 ,oii ce genre est figuré.

Les cordylocarpes sont au nombre de deux : lune, qui est celle de Desfontaines, c'est-à-dire, la Cordylocarpe Éri- NEUSE , a l'articulation globuleuse de la silique hérissée de pointes et les feuilles en lyre. L'autre , la Cordylocarpe unie, a cette articulation unie et les feuilles pinnatifides. Cette dernière vient des îles de l'Archipel, et forme le genre Érucaire de Gcertner. (b.)

CORE, Cor«/s, F ab. Genre d'insectes, de l'ordre des hémiptères, section des hétéroptères, famille des géocorise* ou punaises terrestres.

Les corés ont leurs antennes insérées au-dessus de la ligne qui va du bord supérieur des yeux à la naissance de la lèvre supérieure , ou du bout du museau , droites , toujours décou- vertes, de quatre articles, dont le dernier renflé ; un bec courbé , presque parallèle au corps, de quatre articles peu différens en longueur; les t.arses à trois articles, dont le pre- mier et le dernier longs.

L'habitus des corés esttrès-varié; néanmoins ils ont fréquem- ment la tête enfoncée postérieurement dans le corselet ; les yeux petits et saillans; le corselet très-étroit à sa partie anté- rieure et fort dilaté postérieurement ; l'écusson grand , trian- gulaire; l'abdomen plat en dessus, relevé sur les côtés; les élytres de la longueur de l'abdomen , coriaces , avec leur extrémité membraneuse ; et les pattes assez longues et minces.

Ces insectes appartiennent à la nombreuse famille des pu- naises, avec lesquelles Linnpeus et Geoffroy les ont placés. On les trouve pendant toute la belle saison sur les plantes, souvent réunis avec leurs larves et leurs nymphes. Celles-ci

54 COR

leur ressemblent par les formes et les couleurs; mais les lar- ves sont privées cV ailes et d'élylres, et les nymphes n'en ont que les rudimcns.

Ainsi que les autres insectes, les corés ne sont en état de s'accoupler qu'après avoir acquis des ailes; les femelles pon- dent un grand nombre d'œufs, qu'elles placent sur les plantes les uns à côté des autres, et ils y restent attachés au moyen d'un gluten qui les y colle. Quand les petites larves sortent des œufs, elles se répandent sur les feuilles pour chercher leur nourriture ; les unes la trouvent dans les plantes mêmes dont elles tirent le suc avec leur trompe, les autres en faisant la guerre aux insectes qu'elles sucent jusqu'à ce qu'ils n'aient plus que la peau. Ce n'est pas seulement sous l'état de larves que les corises sont carnassiers ; la nymphe et l'insecte parfait vivent également des insectes qu'ils peuvent attraper , et il n'est pas rare de les trouver suçant une chenille plus grosse qu'eux , souvent même en grand nombre.

On counoît une assez grande quantité d'espèces, dont plu- sieurs habitent l'Europe.

CoRÉ BORDÉ, Corcus marginahis , Fab. ; Wolff. , Ciinic. fasc. I , tah. 3 , fig. 20. Il a environ six lignes de longueur ; le dessus du corps, les pattes et les élytres d'un brun- roux; le dessous du corps d'un brun pâle , quelquefois jaunâtre ; le premier et le dernier article des antennes plus gros que les autres: deux petites épines droites, dirigées en avant, à la partie antérieure de la tête , près de la base des antennes ; le corselet large , relevé sur les côtes, formant deux angles ar- rondis ; l'écusson de moyenne grandeur ; les pattes longues ; les cuisses un peu renflées.

On le trouve en Europe ; il est commun aux environs de Paris.

CoRÉ PORTE-ÉPIKE, Coreiis spiniger, Fab. Il a la forme du précédent; le premier article de ses antennes a son extré- mité épineuse; la tête est cendrée , et a de chaque côté deux pointes élevées , aiguës ; le corselet est d'un brun grisâtre , avec le rebord élevé et formant une épine obtuse, bidentée ; l'écusson est gris, avec l'extrémité blanche ; les élytres sont grises, avec la base blanche; l'abdomen est gris, tacheté de blanc, et a ses bords aigus.

On le trouve en Italie et dans la France méridionale.

CoRÉ CHASSEUR, Coreus venutor, Fab. ; ^Volff. , iLid. tab. cad.fig. 21. Il est de moyenne grandeur; il a les antennes rougeâtres, avec le dernier article noirâtre; la tête, le cor- selet , les élylres jaunâtres, avec un grand nombre de points

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très-noirs; les ailes blanches; le corselet épineux, d'un gris obsf.ur en dessous ; et les pâlies ferrugineuses.

On le trouve en llalie.

CoRÉ PORC-ÉPic , Coreiis hystrix ; Coré paradoxe ^ B. 21. 8. Cette espèce est longue de cinq lignes , grise, avec quelques nuances obscures , son corps est si peu épais, qu'il ne sem- ble formé que d'une membrane ; il est entièrement héris- sé de poils rudes et gris; les antennes sont épineuses, ter- minées en massue ; les yeux sont rougeâtres ; les cotés du cor- selet sont relevés en lobes arrondis et ciliés; l'abdomen est en nacelle, et ses bords sont festonnés.

Je trouvai en 1780, dans un jardin de Paris, sur des feuil- les d'orme , un individu de celte curieuse espèce. Je remar- quai, avant de la prendre, qu'elle agiloit avec beaucoup de célérité son corps, et qu'elle faisoit entendre un petit biuit; je ne sache pas qu'on l'ait retrouvée ici depuis ; elle n'est pas rare dans le midi de la France; j'en ai pris une assez grande quanlilé dans la ci-devant province de l'Ajigoimiois; j'en ai reçu d'autres des environs de Lyon et de Bordeaux. Villers l'a représentée.

L'espèce que Sparmann a trouvée au Cap de Bonne-Es- pérance, et qui est figurée par StoU , diffère de la précédente. C'est celle que Fabricius a nommée paradoxiis.

On rencontre souvent, dans les environs de Paris, le coré farré et une espèce qui paroi t être le coré rhomhoule de M. Fabricius ; l'abdomen de l'un et de l'autre est aplati , et forme une sorte de rhombe, ou plutôt un carré dont un des angles fait la base de l'abdomen , et l'opposé l'anus. Dans le coré rhomboïde^ celte dernière partie a six dents. .

Les corés ont les antennes insérées au bord supérieur du museau et au-dessus d'une ligne idéale , tirée des yeux à l'origine du labre. Ce caractère se retrouvant aussi dans plu- sieurs géocorises , dont Fabricius a fait des lygées, ainsi que dans ses alydes {alydus} ^ j'ai réuni ces divers insectes au genre de coré. Cependant, si l'on a égard soit à ce mode d'in- sertion des antennes , soit à la manière dont elles se termi- nent, on pourra conserver le genre alyde, en y rapportant ces espèces de lygées , qui y formeront une division parli- culière. Les corés, les alydes et les neïdes seront distingués des lygées proprement dits, à raison de l'insertion supérieure de leurs antennes ; les espèces elles finiront par un arti- ticle plus gros , ou en massue , composeront le genre coré. Celles ces organes sonl filiformes, se placeront avec les alydes, l'on établira deux divisions, d'après la forme tantôt ovale ouoblongue, tantôt étroite et allongée ou pres- que linéaire du corps. Je comprendrai , dans la seconde de

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ces coupes, les alydes propres de Fabricius, et quelques- uns de ses gerris, et dans la première, ceux de ses lygées, que j'associois aux corés.

Le CoRÉ CLAvicoRNE et le C. du Poirier de la première édition de cet ouvrage , font maintenant partie du genre TiNGis. V. ce mot. (l.)

COREA. Nom portugais du CoRis de Montpellier (fom Monspeliensis , L.) , jolie plante de la famille des borraginées.

(LN.)

COREGONE, Coregonus. Genre deipoisson établi par Ar- tedi , confondu avec les Salmones par Linnaeus , et rappelé par Lacépède. Le dernier de ces auteurs lui donne pour caractères : bouche à l'extrémité du museau ; tête comprimée, écailles facilement visibles ; deux nageoires dorsales , dont la seconde est adipeuse et dénuée de rayons ; plus de quatre rayons à la membrane des branchies; des mâchoires sans dents ou avec des dents imperceptibles.

Ce genre renferme dix-neuf espèces , dont font partie :

Le CoRÉGONE LAVARET , qui a quinze rayons à la première nageoii'e du dos; quatorze à celle de l'anus ; douze à chaque ventrale ; la caudale fourchue ; la mâchoire supérieure pro- longée en forme de petite trompe ; un petit appendice auprès de chaque ventrale ; les écailles échancrées. On le trouve dans les mers du nord et dans le lac de Genève , il est connu sous le nom déferrât.

On le prend au filet , soit dans la mer , soit dans les ri- vières où il remonte. Sa chair est blanche , tendre et de bon goût; aussi Testime-t-on beaucoup dans le Nord. Dans quelques endroits il est si abondant , qu'on ne peut le con- sommer frais ; et qu'on le fume ou on le sale pour l'envoyer au loin.

Ce poisson , dans ses émigrations , suit une marche régu- lière. 11 remonte les rivières contre le courant , sur deux rangées qui se réunissent sur le devant de manière à former un angle , au sommet duquel est un seul individu qui mène la troupe , quelquefois composée de plusieurs centaines d'autres. Les pêcheurs qui connoissent ses allures , tendent leurs filets en conséquence , et souvent ils en prennent de grandes quantités à la fois; mais souvent aussi ils trouvent sous le filet ou à côté un trou par lequel toute la bande passe. Quand il survient une tempête, les lavarets rompent leur marche et se cachent ils peuvent; puis, quand elle est passée , ils reprennent leur ordre régulier. Ils ne s'avancent pas beaucoup dans les tleuves , s'arrêtent ordinairement dans les lieux l'eau est très-rapide , et se trouvent des pierres sur lesquelles ils puissent déposer leurs œufs. Après le frai ,

COR 57

qui a lieu à la fin de l'été , ils retournent pêle-mêle à la mer. Les petits restent dans le lieu de leur naissance jusqu'à ce qu'ils aient acquis trois pouces de grosseur; alors ils prennent le même chemin pour ne revenir qu'au bout de cinq à six ans , lorsqu'ils sont aptes à la génération.

On a essayé d'introduire les lavarets dans les lacs et les étangs , et on est parvenu à les conserver en Prusse , pays ce poisson est fort commun.

Le CoRÉGONE TUYMALLE a vingt-trois rayons à la première dorsale , quatorze à l'anale , douze à chaque ventrale , la caudale fourchue ; la mâchoire supérieure un peu avancée ; des points noirs sur la tête; un grand nombre de raies lon- gitudinales. On le trouve dans la mer du Nord, et au prin- temps dans les fleuves qu'il remonte pour déposer son frai. Il nage fort vite et aime les eaux rapides , froides et pures. On le pêche très-abondamment dans toute la Norwége , et ses entrailles y servent de présure pour faire cailler le lait. Il est également fort commun dans les lacs des montagnes de la Pnisse , on le nomme murène de rmère. Il vit de frai de poisson, principalement de celui de saiimon, de coquil- lages , de vers et d'insectes. Il croît fort vite et parvient com- munément à la longueur de deux pieds ; mais il ne multiplie pas beaucoup, et peut difficilement être introduit dans les étangs. On le prend au filet, à la nasse et à la ligne. Sa chair est blanche , ferme, douce et très-bonne au goût. Elle a quelquefois une odeur agréable de thym ou de miel. Il y a des cantons en Allemagne les lois féodales forcent de porter aux seigneurs tous les individus qu'on prend , et on est obligé de rejeter ceux qui n'ont pas encore acquis toute leur croissance. L'automne est l'époque cette chair est la plus grasse , mais c'est en hiver elle a plus de saveur. On attribue à Thuile qu'on en tire , la propriété d'effacer les marques de la petite-vérole et les taches de rousseur.

Bloch appelle ce poisson ombre d' Auvergne ; il ne faut pas le confondre avec le salmone ombre , ni avec le salmone ombre chevalier.

Le CoRÉGOisiE MURÈiSîE a quatorze rayons à la première dorsale, quinze à l'anale, onze à chaque ventrale; la cau- dale fourchue ; huit rayons à la membrane branchiale ; un bourrelet sur le museau; la mâchoire inférieure plus courte et plus étroite que la supérieure.

Il se trouve dans quelques grands lacs d'Allemagne , et entre autres dans celui de Madui , près Steltin en Poméra- nie. Il parvient jusqu'à quatre pieds de long. Sa chair est blanche , tendre et de bon goût, et n'a point de petites arêtes ; aussi est-elle très-recherchée sur les table» des riches.

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Ce poisson se lient haLituellemenl dans les profondeurs de l'eau et ne vient sur les bords qu'à la fin de l'automne , époque de son frai. C'est alors qu'on en prend le plus. On en pêche aussi en hiver sous la glace, avec des filets qui ont huit brasses de profondeur. On a essayé avec succès de le transporter dans des étangs; mais, comme il meurt aussi- tôt qu'il est sorti de l'eau, il faut des précautions très-nom- breuses pour réussir dans celte opération. Il n'est apte à la génération quà l'âge de six ans, et alors il a un pied de long. Il multiplie beaucoup. §a bouche n'a point de dents , et sa mâchoire inférieure est plus étroite et plus courte que la supérieure; aussi ne vit-il que de coquillages, de vers et de larves d'insectes. Son corps est brunâtre en dessus, violet sur les côtés et blanc sous le ventre. Sa ligne latérale, qui fait une petite courbure vers la tête , est garnie de qua- rante-quatre points blancs. Ses nageoires sont grandes, vio-. lettes à la base , bleuâtres au milieu et noires à leur bord. Ses écailles sont minces, brillantes et se détachent aisément.

Le CoRÉGONE MARENULE a dix rayons à la première na- geoire du dos , quatorze à l'anale , onze à chaque ventrale , la caudale fourchue; sept rayons à la membrane des bran- chies ; la mâchoire inférieure recourbée, plus étroite et plus longue que la supérieure.

Il se trouve dans les lacs de la Prusse , duDanemarck, de la Suède et autres contrées du Nord , dont le fond est de sable ou de glaise. Il vit en société dans le plus profond Je l'eau , et ne paroît sur les bords que dans le temps du frai, c'est-à-dire, en automne. Il se nourrit de plantes, d'insectes, de vers, etc. Sa chair est blanche , tendre et de bon goût. Ou en prend beaucoup au filet sous la glace , et on sale ou fume , comme les harengs, tout ce qui ne se consomme pas dans les environs. Sa tête finit en pointe, est demi-transparente et d'un vert brunâtre ; le dos est brun , et le ventre argentin ; les nageoires sont d'un gris-blanc , et celle de la queue, qui est fourchue , a une bordure bleue. La longueur totale atteint rarement dix pouces.

Le CoRÉGONE Wartmann a quinze rayons à la première dorsale , quatorze à l'anale , douze à chaque ventrale , la cau- dale en croissant; le museau en cône tronqué ; les deux mâ- choires presque égales ; la couleur bleue. Il est plus connu sous le nom A"" ombre bleu. On le trouve dans plusieurs lacs de Suisse, et surtout dans le lac de Constance, on en pêche de grandes quantités. Il parvient rarement à deux pieds de long. Il fraie en hiver sur les bords des lacs, et se tient le reste de l'année dans leurs plus grandes profondeurs. Il vi* de plantes, de vers et d'insectes. Sa chair est excellente ei

COR 59

fort recherchée des gourmets suisses. Il multiplie considéra- blement , et est pour les pêcheurs du lac de Constance ce que les harengs sont pour ceux du Nord. On le prend avec des filets de soixante à soixante-dix brasses de long et dont les mailles sont assez larges pour laisser passer ceux qui ont moins de trois ans. Pendant tout Tété, vingt à cinquante ba- teaux parlent chaque soir pour cette pêche , et chacun rap- porte communément deux à trois cents pièces. Tout ce qui ne se consomme pas frais se marine, et s'envoie en France et en Allemagne, Aceteffet, après avoir vidé et lavé ces poissons, on les fait cuire légèrement sur de grandsgrils; on les met ensuite dans des barils, et on les couvre de vinaigre salé et aroma- tisé avec du laurier, du thym, etc.

Le genre Paralepis de Cuvier enlève Tespèce de ce nom à celui-ci. (b.)

CORELLIANA , Pline. Synonyme de Castanea, chd- faigniers. (Lis.)

COREOPE , Coreopsis. Genre de plantes de la syngénésie polygamie frustranée , et de la famille des corymbifères , dont les caractères sont : un calice commun composé de deux rangs de folioles oblongues, dont les intérieures sont plus larges, et communément abords un peu colorés; quan- tité de fleurons hermaphrodites, tubulés , à cinq divisions, placés au centre ; plusieurs demi-fleurons femelles, stériles, un peu distans, à languettes , formant la couronne ; un ré- ceptacle chargé de paillettes ; plusieurs semences orbiculées, convexes d'un côté , concaves de l'autre , entourées d'un bord membraneux, et munies de deux cornes à leur sommet.

Les genres Simsie et Cosmos ont été établis aux dépens de celui-ci.

Les coréopes comprennent une trentaine d'espèces , qui sont des plantes vivaces , à tiges droites , à feuilles ordinaire- ment opposées , mullifides dans quelques espèces , à fleurs axillaires ou terminales , longxiement pédonculées , la plu- part, pour ne pas dire toutes, originaires de l'Amérique.

Les principales espèces sont : la Coréope a feuilles me- nues , Coreopsis verliciUata , Linn. , dont les caractères sont d'avoir les feuilles surdécomposées et leurs découpures fili- formes. Elle est bisannuelle , et croît très-abondamment dans les terrains sablonneux de la Caroline , je l'ai observée. La Coréope triptère , dont les feuilles sont pinnées , les supérieures ternées, et les folioles lancéolées. Elle croît dans les lieux ombragés ethumidcsdela Caroline je l'ai fréquem- ment observée, et est très-propre àla décoration des parterres. rcopsis chr)-santha , Linn. , a les

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feuilles ternées , dentele'es , glabres , et les rayons des fleurs de plusieurs couleurs. Celte espèce croît à Saint-Domingue et à la Martinique. Elle a une odeur agréable , approchant de l'angélique , et forme un fourrage qiie les bestiaux aiment beaucoup.

La CoRÉOPE A FEUILLES ALTERNES, dont le nom indique le caractère , croit dans les lieux sablonneux de la Caroline et de la Virginie. Elle diffère des autres par son aspect.

La CoRÉOPE A BAIES s'éloigne de ce genre par ses fruits. C'est une plante plus haute qu'un homme , qui croît à Su- rinam, (b.)

COREOPSIS, de deux mots grecs, qui signifient appa- rence de punaise. Il a été donné par Linnseus au CoRÉOPE , à cause de la forme d^es graines. Les genres cosmos, simsie, coréopsoïdes etpallasïe sont fondés sur des plantes qui faisoient partie de ce genre. Quelques-unes de ses autres espèces se trouvent placées avec les bidenls et les rudbeckies. (ln.)

COREOPSOÏDES. Genre établi par Moench , pour placer le Coréope lancéolé ( Co/«oy95ts /anr^o/a/a , L.), qui ne diffère des autres cui-éopes que par ses fruits légèrement tétragones, cymbiformes, muriqués et auriculés. Ce genre n'a pas été adopté, (ln.)

CORET. Coquille décrite et figurée dans Adanson. C'est un véritable Planorbe. (b.)

CORETA. JNom donné par Brown {Jam. i47)i ^ ""c espèce de plante qui fait partie du genre Corchorus , L. V. Corette. (ln.)

CORETHRE, Coreilua , Meig. ; Chironomus , Fab. Genre d'insectes , de l'ordre des diptères , famille des né- niocères , tribu des lipulaires , division des culiciformes , ayant pour caractères : antennes filiformes , de quatorze articles, pour la plupart ovoïdes, garnis de faisceaux de poils , surtout dans les mâles , les deux derniers plus longs et plus grêles ; ailes couchées horizontalement sur le corps.

Ainsi que les chironomes et les tanypcs , les corèthres ont les deux pattes antérieures rapprochées de la tête , longues et avancées ; mais leurs antennes sont composées de qua- torze articles, et presque semblables dans les deux sexes ; ce qui distingue les corèthres de ces deux genres; ces parties, dans les femelles , sont simplement moins velues.

M. Meigen , qui a fondé ce genre, en mentionne trois espèces : La CorÈTHRE latérale, Coreihra latéral! s , Dipl., tab. I, fig. 12. Son corselet est roussâtre , avec les cotés blancs. La Corètïire culiciforme , C. culicifomds ; elle est noirâtre, avec l'abdomen et les pieds gris ; les nervures des ailes sont velues. La Gorèthre bossue, C. gibba. Elle est.

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verte, avec le corselet élevé , prolongé en avant , et les ailes blanches et marquées d'une bande obscure.

On peut y ajouter la Tipiile cnirifiée (^rmcifixa^ ^ repré- sentée par Slabber , dans ses Ohseivations microscopiques , pi. 5 ; elle est très-voisine de la C. culiciforme , surtout par les nervures ciliées de ses ailes ; mais l'abdomen est entre- coupé de noirâtre et de brun clair, y formant des anneaux.

Degeer a observé les métamorphoses de la C. culiciforme. Sa larve , qu il a trouvée au mois de mai , dans l'eau des étangs et des marais , ressemble beaucoup , pour sa forme et sa couleur, à celle du cousin oi'dinaire. Son corps est un peu plus petit, d'un brun clair, avec quelques espaces plus foncés et transparens. Il est composé d'une tcte assez grosse , arrondie, offrant deux yeux et des barbillons ; d'un corselet très-grand , élevé , en forme de boule arrondie , et d'un abdomen allongé , s'amincissant peu à peu vers son exirémité , et composé de huit anneaux; le dernier forme une espèce de queue conique , recourbée en dessous , garnie de poils et percée à son extrémité pour le passage des excrémens ; près de sa jonction inférieure avec l'anneau pré- cédent , est une sorte de nageoire , qui consiste en un assem- blage de poils longs noirs , placés en rayons , et formant ensemble une lame circulaire. L'on voit , au bout du hui- tième anneau , une pièce , de figure conique , perpendicu- laire , ayant aussi une ouverture à son extrémité , mais qui sert à la larve pour la respiration. On distingue , dans l'in- térieur du corselet , deux corps assez volumineux , oblongs , ])runs , et de chacun desquels part un vaisseau qui se rend à l'extrémité postérieure du corps ; ces deux vaisseaux sont très-rapprochés l'un de l'autre , dans une bonne partie de leur longueur , et forment des ondulations ; ils se dilatent au septième anneau , et se rétrécissent ensuite. Degeer soup- çonne , avec fondement , que ce sont des trachées.

Ces larves ont une attitude différente de celles des cou- sins ; leur corps est dans une position horizontale, au milieu de l'eau, et s'y maintient presque toujours en équilibre. Il des- cend lentement, et par son propre poids , au fond du liquide ; mais un mouvement de queue lui fait reprendre l'équilibre. C'est encore ainsi que ces larves remontent à la surface de l'eau; maisonles y voit rarement, elles nagent comme par secousses. Leurs nymphes ont aussi une grande conformité avec celles des cousins ; elles nagent de même , se suspendent également à la superficie de l'eau , par deux espèces de cornes ou d'oreillettes, situées sur le corselet, et qui sont les organes de la respiration ; devenues plus légères que le fluide qu'elles habitent, elles vont toujours naturellement

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à sa surface, et ne peuvent plonger qu'en donnant quelques coups de queue. Leur tête , leur corselet , et la saillie pecto- rale, où sont renfermés les antennes et les organes du mouve- ment, forment une masse irrégulière; l'abdomen estallongé, courbé en arc, de manière que son extrémité se trouve près du dessous de la tête ; il est divisé en huit anneaux , dont les côtés ont des inégalités angulaires. La nymphe l'étend cependant quelquefois , à raison de sa grande flexibilité , en ligne droite ; d'autres fois elle l'applique si exacte- ment contre la poitrine , que son corps a la figure d'une lentille aplatie. On voit , de chaque côté de la tête , un grand œil , ovale et noir. L'abdomen est terminé par deui nageoires ovales , semblables à deux petites feuilles , ayant des nervures , et par une pointe , qui paroît correspondre à la queue , ou au dernier segment de l'abdomen de la larve. L'intérieur du corps offre aussi ces deux trachées , dont nous avons parlé , et sa couleur n'a pas changé. Les deux tubes respiratoires du corselet se détachent aisément , et l'insecte ne périt point. Degeer remarque , cependant , qu'un individu auquel il avoit ôté ces parties , ne subit point sa dernière métamorphose. Elle s'opère au bout d'une huitaine de jours , à compter depuis le passage de la larve à l'état de nymphe, (l.)

CORETTE, Corchonis. Genre de plantes à fleurs poly- pétalées , de la polyandrie monogynie , et de la famille des tiliacées , dont les caractères sont : un calice de cinq fo- lioles caduques ; cinq pétales obtus ; un grand nombre déta- mines ; un ovaire supérieur oblong, sillonné, à style nul et à trois stigmates simples ou bifides. Le fruit est une capsule oblongue , à deux ou à cinq valves , et divisée intérieure- ment en autant de loges qui contiennent des semences nom- breuses et anguleuses.

Les corettes renferment une quinzaine d'espèces origi- naires des Indes orientales et de l'Amérique méridionale. Ce sont des plantes herbacées , annuelles ou vivaces , rarement frutescentes, dont les feuilles sont allernes, entières, dentées, et quelquefois filamenteuses en leurs bords, presque toujours stipulées. Les fleurs sont axillaires , de couleur jaune , et fort peu durables.

iics espèces les plus remarquables sont :

La Curette potagère, Corchonis olilonus , Linn. , dont les capsules sont oblongues , ventrues , les feuilles dentées et les dentelures inférieures terminées chacune par un filet. Cette plante croît naturellement dans l'Asie , l'Afrique et l'Amérique : elle est annuelle. Dans tous ces pays, on la cul- tive pour la manger en guise d'épinards, ou mieux d'oseille.

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quoiqu'elle ne soit pas acide , car on la met principalement dans les potages. On prétend , en général , que c'est un manger plus agréable que sain. On lui attribue quelques vertus médicinales, telles que d'être émoUiente , adoucissante et pectorale. V. pi. B. 82 , elle est figurée.

La CoRETTE CAPSULAIRE a huit à dix pieds de haut. Elle est annuelle comme la précédente. Ses capsules sont presque rondes , aplaties , rugueuses , et les découpures inférieures de ses feuilles sont terminées par des poils. Celte planle croît dans les Indes orientales. On tire de son écorce, par la ma- cération dans l'eau , une filasse qu'on emploie pour faire des cordes et des toiles , principalement à la Chine et à la Cochinchine, On mange également ses feuilles.

La CoRETTE LAINEUSE. C'est un arbrisseau de trois à quatre pieds de haut , dont toutes les parties sont très-velues ; ses feuilles sont elliptiques et crénelées ; ses capsules ovales» oblongues et disposées en ombelle. Elle croît dans l'Amérique méridionale.

La CoRETTE DU Japon a aussi une tige ligneuse , et les fleurs terminales latérales , et nous ne la connoissons que double. C'est mal à propos qu'elle a été placée dans ce genre ; car elle appartient à celui des Ronces , ou cons- titue un genre nouveau.

C'est une belle plante dont les fleurs sont assez grandes et d'un Jaune éclatant. On la cultive depuis quelques anuées en France, dans les orangeries et même en pleine terre. Sa multiplication par boutures est extrêmement facile, (b.)

COREVLV, KARAVIA. Noms arabes du Caryi. K ce mot. (ln.)

CORF. Dans le Brescian , c'est le nom des Corbeaux.

(desm.)

CORCrUE. Nom vulgaire de l'agaric du Panicaut, (b.)

CORGNO ou ACURNL Le fruit du Cornouiller, en Languedoc, (ln.)

CORI. Petit quadrupède de l'Amérique méridionale , dont quelques voyageurs ont fait mention , et qui me paroît ne pas différer de l'apéréa. En effet, tous les traits que l'on peut saisir dans les descriptions superficielles du coii , tracées par Oviedo , le Père Charlevoix et Perrin de Mont- fraisier, sont des traits de ressemblance avec l'apéréa ou Co- BAYECocHOND'lNDEàl'état sauvagc (F. ce mot). Je doisnéan- moins ajouter que, suivant la conjecture de M. d'Azara, le cori n'est autre que le lapin domestique ( Hi'sL nui. des Quadrupèdes du Paraguay, tom. 2 , p. 71); mais cet ob- servateur ne connoissoit , comme moi , le cori que par les indications des voyageais cités plus haut, (s.)

6^ COR

CORIACES , Coriaceœ. Nom que j'avois donné à une fA- milie d'insectes, de l'ordre des diptères , composée du genre Hippubosca de Llnnœus. V. Pupipares. (l.)

CORIAINON. V CoRiANDRON. (ln.)

CORIAIRE. V. Redoul ei Sumac, (b.)

CORIANDRE , Coriaiidmm , Linn, {Pentandrie digynic. ) Plante annuelle , originaire d'Italie, de la famille des om- bellifères, et qui a des rapports avec Vœthuse. On a donné son nom à un genre. Ses (leurs sont disposées en ombelles. Li' ombelle principale est composée de cinq à huit rayons ; elle a un involucre à une foliole , qui manque rarement ; les petites ombelles sont ordinairement garnies d'un involu- celle à trois folioles ; les fleurs qu'elles portent sont plus ou moins régulières : toutes ont un calice à cinq dents, cinq étamines et cinq pétales échancrés et réfléchis ; mais dans les fleurs du centre , les pétales sont très-petits et égaux , et dans celles de la circonférence , ils sont inégaux et plus grands, surtout à l'extérieur ; le germe, placé sous chaque licur , soutient deux styles distans , et se change , après sa fécondation , en un fruit globuleux , composé de deux se- mences sphériques , appliquées l'une contre l'autre, et cou- ronnées par le calice. Les fleurs du centre avortent le plus souvent.

La tige de coriandre est droite , glabre et ordinairement rameuse. Ses feuilles inférieures sont deux fois ailées, avec des folioles larges ; les supérieures sont divisées en lanières étroites. Les fleurs sont blanches et légèrement teintes de rouge.

Cette plante est aisément cultivée dans les jardins , et se trouve naturalisée dans les parties méridionales delà France, les champs en sont infectés. Lorsqu'elle est en végéta- tion, elle y répand une odeur désagréable, qui, surtout dans les temps pluvieux , cause des maux de tête et donne des envies de vomir à ceux qui traversent les terres elle .croît. Ce principe actif et pénétrant qui attaque les nerfs et le cerveau, est très-volatil; il réside principalement dans ses semences. Avant et après leur maturité , tant qu'elles sont fraîches , elles ont l'odeur de la punaise ; mais elles perdent cette odeur en vieillissant ; aussi ne les emploie- t-onquedesséchées. Alors leur saveur est forte, aromatique et gracieuse ; les confiseurs les couvrent de sucre et en font de petites dragées ; les brasseurs en parfument leur bière ; les Espagnols en mettent dans leurs cordiaux, et les Hollan- dais dans leurs alimens ; quelques peuples du Nord les mêlent avec la pâte dont ils font leur pain. Tout le monde les mâche avec plaisir , et l'haleine en est plus agréable.

COR 65

Enfin , la médecine s'en empare à son tour , et en fait usage comme d'un bon carminatif et stomachique. Une poignée de sa graine , infusée dans du vin blanc, est un remède sou- verain pour la gravelle. On boit l'infusion par petits verres à une heure de distance, (d.)

CORIANDRON, Coricmdrum. Formé d'un mot grec, qui signifie punaise. Il a été donné , par les Grecs et les La- tins , à la coriandre, à cause de l'odeur désagréable de sa graines non mûres. Elle portoit encore, chez les anciens, des noms divers qui rappeloient toujours sa fétidité. C'est le corion d'Hippocrate, et le conm/îo» eu conanno« de ïhéophraste. Ce nom de coriandrum a été appliqué par Crantz et Roth , à des plantes qu'ils ont cru devoir placer dans le genre coriandrum^ établi par Tournefort et adopté par Linnaeus. Ces plantes sont : la grande ciguë ( conium maculaium , L.) , la berle à larges feuilles ( sium latifoluim , L. ) , la ciguë (cicuta vîrosa ) , et la petite ciguë ( œthusa cynapium , L, ) (LN.)

CORIAINON. V. CORIANDRON. (LN.)

CORIAR. L'un des noms anglais de la Perdrix grise,

(desm.)

CORL\RIA. Nom latin d'une plante qui constitue le genre B.EDOUL, et d'une espèce de sumac Çrhus coriaria) employées dans la préparation du cuir. Ces plantes s'appelUnt pour cela herbes aux tanneurs. Le fustet {rhus cotinus) a été aussi nommé coriaria. (LN.)

CORICUS. Nom latin du genre de poissons nommé SuBLET par M. Cuvier , et qui comprend le lut/an verdâtre et le lutjan-Lamarck de Risso. (desm.)

CORIDON. V. Papillon, (s.)

CORIGUAYRA. L'un des noms américains des Sarigues, V. Didelphe. (desm.)

CORIMBE. V. CORYMBE (s.)

CORINDE , Cardiospermum. Genre de plantes de l'oc- tandrie trigynie , et de la famille des Sapindées, dont les caractères sont : calice de quatre folioles ovales, cou- caves, persistantes, et dont deux, opposées, plus gran- des; quatre pétales ovales, obtus; quatre folioles péta- liformes , droites , inégales , rapprochées en cylindre au- tour des parties génitales , et plus courtes que les pétaiea auxquels elles sont attachées ; huit étamines ; un ovaire supérieur , trigone, chargé de trois styles courts, à stigmates simples ; trois capsules enflées et cornées , qui forment une vessie triangulaire , à angles tranchans , et ayant un sillon sur chaque face. Chaque capsule contient une semence glo- buleuse , lisse, marquée d'une tache cordiforme très-re- marquable.

VIII. 5

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Les corindes sont des plantes annuelles , à liges forbles , sarmenteuses , à feuilles deux fois Icrnées , à pédoncules so- litaires , axillaiies , munis de deux vrilles au-dessous de leur sommet : ces pédoncules portent des fleurs disposées en co- rymbes. Il y a quatre espèces de corindes, une glabre venant des Indes, une cotonneuse venant d'Amérique, une velue ve- nant d'Afrique , et la dernière , remarquable par ses grandes fleurs , venant de la Jamaïque. V. Corindun. (b.)

CORINDON, Haiiy , Brong. ; Conuidum, Bournon. JEspèce minérale de la classe des pierres , qui comprend le Corindon viTRLUx (saphir);le Corindon lamelleux {spath adamantin)^ et le Corindon granuleux (émeril) , qu'on avoit d'abord regardés comme trois espèces. Ils sont composés des mêmes principes ; ils offrent un grand nombre de ca- ractères communs, et présentent chacun de nombreuses va- riétés intermédiaires, qui ne permettent pas de douter de l'exactitude de leur rapprochement.

Le corindon est la pierre la plus dure, après le diamant. Il raye la topaze , l'émeraude , le cristal de roche , le grenat , etc. Cette dureté est un de ses caractères les plus essentiels : un second est fourni par la cristallisation, sur laquelle nous re- viendrons bientôt, et un troisième, par i'infusibilité de cette substance. Le corindon est aussi une des pierres les plus pesantes : sa pesanteur spécifique varie de 4^,875 à 4^, 833.

Sa cassure est inégale ou vitreuse. Son éclat intérieur, dans les variétés vitreuses , est des plus vifs ; dans les va- riétés à tissus lamelleux ou du moins qui sont peutransparens, l'éclat est peu vif et même quelquefois loul-à-iait nul. Ordinairement on aperçoit , dans les cristaux , un reflet chatoyant, situé sur un plan perpendiculaire à leur axe. Quand les cristaux sont transparens , ce qui est rare , on voit que le corindon jouit de la double réfraction. Ce ca- ractère peut servir à le distinguer du spinelle. La forme primitive du corindon est le rhomboïde un peu aigu , de 86" 38, et93" 22, divisible dans un sens perpendiculaire a l'axe. L'on obtient assez aisément ce rhomboïde , avec des cristaux de corindon lamelleux. Quelquefois les cristaux de corindon vitreux sont marqués de stries, qui ne sont autre chose que les indices des joints parallèles aux faces de ce rhomboïde, et l'on voit le cristal marqué d'un réseau à maille rhom- Loïdale , qui décèle sa structure. Nous parlerons ci-après des formes particulières aux cristaux.

Le corindon est presque uniquement formé d'alumine. Les diverses analyses qui en ont été faites , y indiquent l'alumine dans les proportions de 84. à 98 centièmes ; la silice , dans celles de 5,25 à 6,25 , et le fer , dans celles de i à 7. Ce»

COR 67

analyses n'indiquant point d'eau, ne pourroit-on pas, d'après cela et conformément aux découvertes chimiques modernes, regarder le corindon comme de V aluminium anhydroxydé , c'est-à-dire, àtVoxyde d^aluminium sec F ^ous verrons que les variétés du corindon les plus parfaites , sont presque unique- ment composées d'alumine. C'est le lieu de rapporter ici une observation faite par M. Brongniart , et suggérée par la grande dureté du corindon et par sa nature: c'est celle du dur- cissement qu'éprouve Talumine lorsqu'on l'expose aufeu, et du grand degré de dureté qu'elle y acquiert , lequel est sans doute au dégagement de l'eau qu'elle peut contenir.

Les formes cristallines du corindon les plus remarquables sont :

1. Corindon primitif, Haiiy. Le rhomboïde de la forme primitive. Les cristaux de cette forme sont extrêmement rares , et ne se trouvent que dans le corindon lamelleux.

2. C. ternaire. Deux pyramides hexaèdres apposées base à base, et dont les faces sont des triangles isocèles, incli- nées entre elles de 27° 58", et sur celles adjacentes de l'autre pyramide, de 122" 26. Cette forme et la suivante sont com- munes dans le corindon vitreux.

3. C. assorti. Deux pyramides hexadres, encore plus aiguës, dontles faces sont inclinées l'une sur l'autre de 23°58'. L'in- cidence des pyramides l'une sur l'autre, est de i39''54'.

4.. C. basé. Le rhomboïde primitif, dont les deux angles so- lides , obtus , opposés, sont tranchés par une facette. Celle- ci est quelquefois tellement étendue , que le cristal ressemble à un octaèdre aplati.

5. C. prismatique. L'hexaèdre régulier. Cette forme est très-commune , surtout dans le corindon lamelleux.

6. C. lisalieme. L'hexaèdre , dont trois des angles des baseSj pris alternativement , offrent chacun une facette triangulaire qui appartient au rhomboïde primitif.

7. C. octo-duodécimal. La variété n." 3 , à sommet tronqué, ainsi que trois des six angles , pris alternativement autour des bases ; ce qui donne , en tout , vingt faces pour le cristal.

8. C. additif. La variété n.» 6 , dont les arêtes des bases sont remplacées par des facettes trapézoïdales; ce qui donne vingt-six faces au cristal.

A ces formes, décrites par M. Haiiy, et qui sont produites par cinq lois de décroissement sur le noyau primitif, nous en ajouterons quelques-unes, qui n'en sont que des combinai- sons assez communes.

9. C. épointé. Les variétés pyramidales 2 et 3 , dont les sommets sont épointés, et sans aucune autre facette addi- tionnelle que celles données par l'épointement.

68 COR

10. C. complexe. Cristaux produits par la combinaison dèk deux espèces de pyramides citées, ce qui donne des cristaux à vingt-quatre facettes.

11. C. dissimilaire. Cristaux bipyrftmidaux , dont une des pyramides est celle de la variété 2 , et l'autre , celle de la variété 3.

12. C. agrégé. Cristaux basés (n.*4) ou bipyramidaux ( n.°' 2 et 3) , joints bout à bout par la facette qui tronque la pointe des pyramides, de sorte qu'on a des angles rentrans autour du cristal. Il ne faut pas confondre cette forme avec l'hémitropie , censée due à une moitié du cristal tournée sur Vautre , ni à la mâcle , qui est le résultat du croisement des axes dans une réunion de plusieurs cristaux.

On observe encore une multitude d'autres formes dans le corindon. En général, elles sont très-difficiles à déterminer , à cause des stries ,des cannelures et de l'arrondissement des angles qui déforment les cristaux. Ceux qui voudront avoir une connoissance plus étendue sur cet objet , pourront consulter avec avantage un mémoire très-étendu et fort instructif , que M. le comte de Bournon a publié dans les Mémoires de la So- ctété Royale de Londres.

Parmi les formes indéterminables , il faut remarquer :

i3. C. cylindro'ide. Les cristaux prismatiques dont les arêtes sont usées , ou dont les pans sont défigurés par des stries transversales qui appartiennent à cette forme.

14.- C.fusiforme. Les variétés pyramidales dont les angles et les arêtes sont arrondis.

i5. C. roulé.

L" §. Corindon vitreux.

Télésie , Haiiy , trait. ; Corindon hyalin , Haiiy, tabl. ; Corin- don iélésie, Brong.; Saphir, Delam.; Corundum parfait, Boum.; Saphir y 'We.rn.; Rubis ei saphir , Reuss.; le Saphir, Broch.; Gemmes orientales , Rubis, Saphir, AméOiiste d'Orient , R.-D.

C'est dans cette sous-espèce que se trouvent les pierres Içs plus précieuses après le diamant , ces gemmes qui s'offrent à nous avec les couleurs les plus variées et l'éclat le plus vif, en un mot, ces gemmes qui ont un prix très- élevé , quelquefois supérieur à celui du diamant lui-même , quoique, dans aucun cas, leur éclat n'égale celui de cette der- nière substance. Le corindon vitreux a , pour caractère^ es- sentiels, de ne pas laisser apercevoir les joints qui indiquent la structure du cristal; cependant, ceux qui sont perpendiculaires à l'axe sont assez souvent très-apparens. Beaucoup de va- riétés sont intermédiaires entre le corindon vitreux et le spath adamantin, c'est-à-dire, \e corindon lamelleux.

En général , le corindon vitreux est transparent , ou demi-

COR 69

transparent , quelquefois opaque. Il se présente rarement ea gros volume , et ses cristaux , assez communs , ont ordi- nairement les angles et les arêtes arrondies , ce qui tient à ce que tous ceux que nous connoissons , n'ont été trouvés , jusqu'à présent, que roulés dans les sables des rivières. Ses formes cristallines sont presque toutes celles que nous avons citées.

Le corindon vitreux , taillé et poli , a un éclat très-vif et une transparence qui le distingue complètement du spaths- adamantin. Suivant les analyses de Klaproth et de Chenevix, il est composé des principes suivans :

Klaproth. Chenepix. Idem.

Alumine 98 .... 92 .... 90

Silice o . . . . 5,25 .... 7

Oxyde de fer. ... 3 . . . . 1 .... i,a Perte o . . . . 1,75 .... 1,8

100 100,00 100,0

La première et la seconde analyse , sont celles du corin- don vitreux bleu , ou saphir^ et la dernière , celle du corindon vitreux rose , ou rubis oriental.

Dans la joaillerie, l'on recherche, dans îescorindoosvitreux,' la transparence parfaite ,lavivâcité et le velouté de la couleur, et la grandeur. Us portent le nom de la pierre fine dont ils offrent la couleur, avecTépithète à' oriental^ adjectif qui veutseulement indiquer ici la supériorité de mérite. On les nomme encore gemmes orientales^ pour les distinguer des autres gemmes. Ce dernier mot, qui signifie précieux^ estaussi celui des bourgeons des arbres, dont la présence précieuse est, pour l'agriculteur^ l'espoir d'une nouvelle récolte.

Les corindons vitreux portent encore , dans plusieurs ou- vrages , le nom collectif de saphir , bien que ce dernier nom ne soit que celui d'une des variétés. On nomme aussi saphir, en bijouterie , toutes les variétés bleues , jaunes et vertes, et qui perdent leur couleur au feu ; les autres sont nommées ru- bis orientaux. D'après cela on voit que les variétés sont établies sur les couleurs , qui ne sont pas un excellent caractère , puisqu'on a une multitude de nuances. Néanmoins, nous allons faire remarquer ces variétés du corindon vitreux, parce qu'elles nous donneront occasion de faire connoitre celles qui sont les plus estimées.

Auparavant, nous ferons observer quelataille la plus favo-^ rable pour relever la beauté de ces pierres , est celle dite brillant à degrés. Les rubis orientaux d'un beau feu, taillés e]> brillans à facettes , et entourés de diamans , ont un éciaî

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des plus vifs , et n'ont pasbesoin d'être rehaussés par la feuille oulepaillon. En général, les rubis orientaux jouent mieux que les saphirs, et dans l'Inde, oùle goût des pierres gemmes est porté à l'excès , on emploie jusqu'au plus petit rubis ; alors , on leur donne la taille en cabochon. On apporte en Europe des pacotilles considérables de ces petits rubis , ainsi qu'une grande quantité de saphirs roulés , percés , et dont la sur- face est polie. L'Inde envoie encore en Angleterre une grande quantité de diamans , de saphirs , de rubis et d'autres pierres gemmes , uniquement pour y être taillés. C'est une branche de commerce très-lucrative, qui appartenoit autre- fois à Lisbonne.

L'on grave quelquefois sur les saphirs et les rubis orientaux. Coldoré , célèbre graveur sur pierres , a beaucoup employé le rubis. On voit , dans la collection de M. de Drée , une suite unique de corindons taillés. On y remarque , entre autres , un saphir sur lequel est gravée , en creux , une tête d'Antinous, et un rubis oriental, sur lequel Coldoré a représenté , en relief, la tête d'Henri iv.

* Variétés d'une seule couleur.

1. QorlnUon hlanc (leuro-saphir ^ saphir blanc). Il est blanc- limpide , et ne se distingue des autres gemmes , que par un éclat plus vif. Quelquefois il a une légère teinte bleue ,' ce qui annonce que cette variété est plus voisine de la suivante que di's autres. Il n'est qu'un objet de curiosité, et ne se substitue plus au diamant, dont il n'a jamais les feux.

2. C Lieu pale , bleu , bleu d'azur ., bleu barbeau ., bleu pourpr-e ou iiuligo {sapliirs proprement dits). Cette variété est la plus commune, surtout dans la teinte pâle ; elle offre quelquefois alors un volume considérable. On a vendu , il y a quelques années , à Paris , un saphir de cette sorte , du poids de plus de six cents grains. Son mérite consistoit en sa grosseur. Le saphir bleu d'azur et le saphir bleu barbeau, sont les plus es- tiuiés : ils sont rarement d'un volume qui dépasse cinquante à soixante grains.

On a donné le nom\de saphir à plusieurs pierres qui n'en sont pas. V. Saphirs.

3. C. rose ^ rose foncé., cramoisi., écarlate. Ce sont les rubis or'ienlaux et les cscarboucles orientales. Ils sont toujours très- petits , leur poids dépasse rarement vingt grains. Ce sont des pierres excessivement chères , et d'un prix très-supé- rieur à celui ùu diamant , à poids égal. Leur couleur très-agréable et leur éclat très-vif , les font rechercher pour les parures. Un rubis oriental de trente grains , et parfait , «st une pierre inestimable.

COR 7,

4. C. rouge-violel^rouge-giroflée tiamélhyste{améthysteor!entale). La couleur giroflée est la plus estimée. Ces corindons sont également d'un petit volume , et plus chers que les autres.

10. C. rouge - aurore. Rouge, avec des reflets jaunâtres, comme dans les grenats. C est la. vermeille orientale, Vhyarinthe orientale.

11. Q. jaune pâle ^ jaune foncé., jaune doré. Ces corindons sont plus rares que les autres , mais moins estimés , si ce n'est le corindon jaune doré, ou topaze orientale. Nous en avons vu une pierre taillée , qui avoil à peu près la grosseur d'une noix , et dont on vouloit quarante mille francs. C'est à peu près le prix que fut vendu à Paris le saphir que nous avons cité plus haut.

12. Cvertpàlc, verdàtre, vert {émeraude onentale). Cette va- riété n'esl pas riche en couleur. Son éclat est, le plus souvent, moins vif que celui des autres variétés. Quelquefois elle a un reflet chatoyant qui a fait donner à la pierre le nom ai œil de chat. On en voit une belle pièce dans le musée de M. de Drée.

i3. C.vert péridot (c'est le péridot oiiental). Il est rarement, parfait.

14.. C. bleu-verdikre (aigue-marine orientale^ Moins estimée.

** Variétés versicolores.

i5. C. bleu et hlanc. Les saphirs sont ordinairement mar- qués de taches d'un bleu foncé , qu'on pourroit comparer à des coups de pinceau sur un fond plus clair.

16. C. hleu et rouge. Les corindons de cette variété , lors- qu'ils sont transparens , offrent ce phénomène , qu'ils se présentent sous la teinte bleuâtre , et qu'ils sont rouges lors- qu'on regarde une lumière à travers. Nous avons vu une très- belle pierre de celte variété, dans la collection de M. le comte Corvin Kosacoski.

17. C. jaune et bleu , ou jaune et rouge (^nilacandi des In- diens). Saphir-topaze et rubis-topaze des lapidaires.

18. C. rubané. Formé par un ruban bleu d'azur et un blanc limpide. Un saphir semblable existe dans les écrins de M. le comte Siracoski. Il a la grosseur d'un gros noyau de cerise , cl la partie blanche offre un reflet comme les corindons cha- toyans.

*** Accidens de lumière.

19. Cgirasol. Ce corindon est ordinairement blanc-rosé oh bleuâtre , avec un reflet plus clair et flottant. Il a quelquefois un grand volume ; mais il n'est pas d'un haut prix.

30. C. chatoyant. Ces corindons sont assez communs, sur- tout parmi les saphirs et les rubis orientaux. Ils offrent un reflet satiné, soyeux, en hexagone ou portion d'hexagone, très-

7, COR

vif, et qui se présente souvent comme une lame dans la pierre. Les hexagones sont quelquefois composés de ban- des ou filets , dans la même disposition , et qui sont bleus ou blancs. Ils n'ont lieu que perpendiculairement à l'axe des cristaux ; et quand on taille le cristal en cabochon et dans cette même condition, on a la variété suivante.

21. Le C. astérie, c'est-à-dire un corindon chatoyant qui, à une vive clarté , présente une étoile lumineuse à six rayons , et dont le centre mobile , suit jusqu'à un certain point les mouvemens donnés à la pierre. Ces corindons sont des objets de curiosité. Il y en a de bleus, de rouges, de verts et de bruns. Quelquefois, au lieu d'une étoile, ils en of- frent deux et même trois ; et ceux qui n'en présentent qu'une , regardés à plusieurs lumières à la fois , ont quelquefois plusieurs étoiles. On voit dans le cabinet de W.deDrée, à Paris, une astérie a douze rayons. Ce phé- nomène tient uniquement à la structure du cristal, et on le fait disparaître , si l'on applanit le cabochon. De plus, il n'est pas unique dans les corindons. Les cymophanes pré- sentent assez souvent une bande laiteuse mobile , qui les entoure comme une ceinture. Le grenat taillé en cabochon offre deux bandes en croix, et mobiles l'une sur l'autre; et les mêmes pièces ont quelquefois plusieurs de cts bandes. M. Caire Morand a donné , dans les Mémoires de F Académie de Turin , pour les années i8o5 et 1806 , un mémoire inté- ressant sur Tastérie , et particulièrement sur l'astérie des anciens. Il paroît que les anciens avoient plusieurs sortes d'astéries ; mais il est absolument impossible de les rapporter aux pierres que nous connoissons. M. Caire-Morand a dé- couvert que le quarz a également la propriété de donner une étoile et même plusieurs par la taille. Il est bon de faire remarquer que les cristaux de cette substance ont pour noyau primitif un rhomboïde. On cite encore des opales astéries.

*»»* Corindons accidentés.

22, Ç. aerohydre. Saphir bleu renfermant une goutte d'eau. Un pareil saphir est en la possession de M. Fazi, négociant à Paris.

23. Qi.ferrijere. Contenant des cristaux de fer oxydulé. C'est «n saphir, dans le centre duquel se trouvent rassemblés quel»- ques cristaux de fer oxydulé. Cette pierre est encore la pro-^ priété de M. Fazi.

[Nous nous sommes sans doute nn peu trop étendus sur les

COR 73

variétés du corindon vitreux ; mais nous avons pensé qu'une substance qui jouit d'une aussi grande célébrité , méritoik quelque attention. Il nous reste à parler de ses gisemens et des localités on la trouve.

Le corindon vitreux paroît appartenir à plusieurs forma- tions différentes.

i.» On le rencontre en petits cristaux dans les sables de certaines rivières de l'Inde ; dans la montagne de Capelan , à douze journées de Sirian , capitale du Pégu ; au royaume d'Ava et à Ceylan ; il y est mélangé avec des cristaux de fer oxydé-titanifère , et avec des cristaux de zircon, d'hyacîn- the , de spinelle , de tourmaline , de feldspath adulaire , etc . En Europe , les cristaux de corindon bleu , yert-péridot'j purpurin , vert , etc. , se trouvent dans le sable volcanique du ruisseau dit Riou pezouliou , près du Puy-en-Velai ; ils y sont mêlés avec une quantité prodigieuse de fer oxydé- titanifère et d'hyacinthe , outre les cristaux de pyroxène et des grains de péridot. Les basaltes ou laves lithoïdes pris- matiques de la même contrée , offrent de semblables cris- taux d'hyacinthe , de fer oxydulé, de pyroxène et de péridot,; de sorte qu'on peut en conclure qu'ils recèlent également les cristaux de corindon , ce que quelques minéralogistes ont cru reconnoître , mais ils avoient pris pour tels , des grains de haiiyne , qui se trouvent aussi dans quelques laves pétro-siliceuses du même pays. A Baulieu, près d'Aix en Provence; à Leonedo, dans le Vicentin ; en Bohème, à Meronitz et Bilin ; en Egypte (Descotils), et en Sibérie , on trouve des sables absolument semblables aux sables du Puy-en-Velai et à celui de Ceylan , qui présentent éga- lement des cristaux de corindons. Il paroît donc qu'il y a des corindons dans les produits volcaniques.

2.° Le corindon vitreux existe aussi dans les filons de fer oxydulé qui sont dans les montagnes primitives. M. Sw^edens- tiema en a découvert des cristaux jaunâtres dans la mine de fer de Gellivara, en Laponie. On le trouve encore dans des roches micacées, telle est la roche de Naxos , plus connue sous le nom d'Emeril; d'après l'observation de M. le comte de Boumon , elle est remplie d'une multitude de petits cris- taux de saphir. Cet émeril est lui-même rempli de cristaux octaèdres microscopiques , de fer oxydulé. On trouve encore du corindon rose dans la dolomie , au Saint-Gothard. J'en ai vu de cet endroit qui avolt la transparence et la beauté des beaux rubis orientaux , des sables d'Ava et du Pégu. Cette localité offre également des variétés de corindon d'un rose léger bleuâtre, et qui se rapprochent du corindon la- oatlleux par leur tissu.

74 C O R

§ II. Corindon lamelleux , Spath adamantin.

Corindon j Haiiv» Traité. Corindon-harmophane , Haiiy, Tabl.

compar. Coiindon adamantin, Brong. ; Comndum impaifaii

Bourn. Corindon et diamant-spath, A'\'ern. ; Spath adamantin,

Brocli.

Ce corindon est distingué du précédent par son tissu la- melleux et chatoyant, et par les joints obliques , à l'axe des cristaux , qui sont faciles à apercevoir. Ces fragmens don- nent ordinairement des pièces anguleuses qui sont des por- tions du rhomboïde primitif ; quelquefois on obtient aisé- ment le rhomboïde lui-mt^me, très-net. 11 n'est jamais transparent ; mais il jouit d'une espèce de translucidilë , qui passe au demi-transparent. Généralement, il est opaque ou presque opaque. L'éclat intérieur est ou terne ou un peu vitreux , et quelquefois gras. Polis dans le sens perpendicu- laire à l'axe , certains cristaux présentent un redel chatoyant métallique et hexagonal , comme cela a lieu dans le co- rindon vitreux : on obtient aussi quelquefois l'astérie. Ses couleurs sont communément ternes ou sombres, et sans aucun agrément. Ses formes cristallines sont ordinairement pris- mnli<jucs avec des facettes additionnelles. 11 y a aussi des cristaux pyramidaux fusifonnes. Ils se rapportent principa- lement aux n."' I, 2, ^i 5, 6, y, décrits plus haut. Ces cris- taux sont, en général, fort gros et même très -gros, relative- ment à ceux du corindon vitreux. On en cite de deux pouces de dimension. La surface des pans du prisme et des pyra- mides, est ou raboteuse ou striée transversalement.

Des corindons adamantins de plusieurs localités ont été analysés; voici ces analyses :.

Vauquelin. Klaproth. Chenevix.

Pi.MTior.t.

Ri-npni,!.

Cnrnaîc. îMalab.

Chine.

-Ava.

Alumine 92

89,50

91 86,5o

86,90

87

Silice 4,8

5,5o

5 7

5,25

6,5o

Fer 2,4

1,25

1,5 4 _

6,5o

4,5o

Perte 8

3,75

2,5 2,5

1,75

a

D'après ces analyses , on volt qu'il y a dans le spalh ada- mantin , un peu moins d'alumine que dans les saphirs et les rubis d'orient.

Les principales variétés de cette sorte de corindon , sont les suivantes :

I. C. gris, gris verdâire. Il est quelquefois jaune - pale ^ roussàtre oa rougeàtie. Les cristaux sont plus c jmniunément

COR 75

translucides et en prismes hexaèdres. Us se trouvent au Ben- gale et surtout dans le Carnate. Il en vient de la Chine de gris-bruns et de demi-transparens.

2. C. incarnai et rouge foncé. Les cristaux sont mieux con- formés ; il y en a de très-gros. On voit un cristal, dans le cabinet de M. de Drée, qui semble avoir servi d'ornement à quelque idole de l'Inde : il pèse sept cent soixante carats; il est d'un rouge foncé et poli sur plusieurs faces. Ce mor- ceau est percé sur un côté. On voyoit aussi, dans cette col- lection , une petite coupe précieuse et d'une seule pièce , en corindon de même variété. Elle est figurée pi. 2'"«. du calalogue in-4.° du Musée minéralogique de M. de Drée. Ces corindons proviennent sans doute du Bengale, patrie des corindons rouges que nous avons dans nos collections.

3. C. rouge sombre , opaque ou presque opaque , du Ma- labar. Les cristaux sont fusiformes.

4.. C. hnin et quelquefois chatoyant, avec reflet métallique, du Malabar et de la Chine , et ordinairement en cristaux assez bien conformés.

5. C. brun rougeàtre , opaque , sans reflets , du Thibet. En cristaux fort gros.

6. C. biiin-sombre et obscur. Du Piémont.

Le corindon adamantin abonde dans llnde, savoir: à la Chine , au Thibet , dans le royaume d'Ava , le Camale , le district de Deslors et la côte de Malabar. Il f-^it partie des roches primitives de ces contrées, et est accompagné de diverses substances, dont quelques-unes paroissent nouvelles et dont l'association nous aide à reconnoître les localités. Depuis , l'on a découvert cette substance en Europe. La gan- gue de celui qui se trouve dans la presqu'île de Tînde et spécialement au Carnate , est granuleuse et semblable à un marbre salin , à gros grains et un peu calcaire. Elle est composée d'une substance blanche , lamelleuse , que M. le comte de Bournon nomme indianite. ( F. ce mot. ) Elle renferme , outre les cristaux de corindon , une autre subs- tance fibreuse , qui est lafibrolùe du même auteur , l'épidote, lamphibole noir, le quarz , le mica, le talc chloriteux, le grenat , le jargon et le fer oxydulé. La roche qui contient les corindons, forme dans le Carnate plusieurs couches dans du mica talqueux, d'où l'on retire très-aisément le corindon pour le livrer au commerce.

Les corindons de la Chine , d'Ava et du Thibet , sont dans une roche granitique , composée de feldspath rougeàtre, de mica argentin ou gris, et de fer oxydulé. Celui de Chine est généralement brun ou brun verdâtre , et celui du Thibet, brun rougeàtre et recouvert de sléstile verte.

yÇ, COR

Le corindon du Piémont se trouve, i." dans la vaîlée de Ca- monica ; il est rouge , translucide , et dans du schiste mi- cacé ; 2." à Mozzo, près de Biella , il forme, avec le mica et le feldspath , des veines et des nids dans la partie dé- composée d'une sorte de granité à petits grains ou gruns- tein qui forme plusieurs couches ou assises.

Nous citerons encore une gangue de corindon très-cu- rieuse dont il existe des échantillons à Paris, dans les col- lections de MM. Brochant , Cordier , de Drée ; à Genève,, dans le cabinet de M. de Jurine ; à Londres , dans celui de M. Wollaston : on se les procure à Ghamouni. C'est une roche stéatiteuse , dans laquelle se trouvent des prismes de tTorindon lamelleux , les uns d'un beau rouge , et enveloppés d'une croûte épaisse de stéatite compacte , d'un beau vert , les autres blancs avec la stéatite blanche comme de la cire. On ignore le gisement de cette variété.

Ce n'est que depuis quelques années que le corindon ada- mantin, est bien connu en Europe, llenexistoit quelquesmor- ceaux dans les cabinets. Romé-Delisle avoit pressenti qu'iit Avoit beaucoup d'analogie avec le saphir. M. Haiiy prouva qu'il apparlenoit à la même pierre, et M. de Bournon les a réunis dans un Mémoire qu'il a donné sur ces substances. La istructurelamelleusedu corindon, sa dureté et son emploi dans rinde pour polir les autres pierres, même , dit-on , le dia- mant, lui ont fait donner en Europe le nom de spath adamantin. Quelques échantillons existoient dans la collection de M. Gré- ville ; M. Georges Smlihson crut reconnoître en eux la subs- tance indienne, nommée dans quelques ouvrages iélé-co- nindum. M. Gréville fit faire dans l Inde des recherches sur le télé-corundum des Indiens , et il reçut une très-grande quan- tité de corindon-adamantin. Cette pierre étoit l'objet d'une exploitation particulière , comme nous l'avons déjà dit. En Europe , différens essais ont été faits pour polir le diamant avec le corindon en poudre ; le succès n'a pas répondu à i attente ; mais pour les autres gemmes , on a réussi complè- tement ; et, malgré l'assentiment des principaux lapi- daires de la capitale , on préfère l'émeril : il est plus avan- tageux , parce qu'il se vend tout préparé et à un prix extrê- mement bas.

§ IIL Corindon granulaire.

Corindon- granulaires, Haiiy ; Emeril, Brong. ; Schmirgel ,. Wern. ; vulgairement Emeril. Nous regardons comme type du corindon granulaire le corindon amorphe compacte de Madras, décrit par M. le comte de Bournon. 11 est en masse couleur de rose ou couleur de lie de vin ; sa contexture est

COR 7;

très-serrée et grano-lamellaire : on y voit épars de petits grains de fer oxydulé. Il en existe dans le cabinet de M. de Drée, deux échantillons qui ont été détachés de ceux de la collection de M. Gréville, maintenant au British Mu- séum à Londres , et que M. de Bournon a décrits dans son Mémoire.

On peut encore rapporter ici une sorte d'émeril de l'Inde , qu'on voit dans nos cabinets, qui est gris-noir, excessive- ment compacte , et dont le grain n'est presque visible qu'à la loupe.

Ces deux substances ne sont pas au nombre de celles que les minéralogistes ont regardées jusqu'à présent comme des va- riétés du corindon granulaire. Ils ne considèrent comme telles que quelques-unesdessubstancesappelées dans les arts émenls. Ces émerilssontde véritables.roches mélangées, dans lesquel- les entre une fort grande quantité de corindon , tantôt for- mant pâte , tantôt en petits cristaux réguliers ; quelquefois même certains morceaux d'émerils ne renferment presque pas de corindon. M. de Bournon cite de l'émeril de Naxos » qui est rempli d'une multitude de petits corindons vitreux y bleus; et dans beaucoup de morceaux de celui qu'on emploie À Paris , le fer oxydulé et le mica en forment presque la totalité.

M. Vauquelin a trouvé que l'émeril de Jersey étoit com- posé d'alumine, environ 70, et de fer, 3o. M. Smithson-Ten- nant a reconnu dans celui de Naxos , 80 d'alumine , et 4 dt fer et 3 de silice.

Les émerils sont en masses granulaires noirâtres , grises , brunes ou bleuâtres , accompagnés constamment de fer oxy- dulé , et nous avons vu ce minéral dans tous les glsemens du corindon : ils offrent aussi très-souvent le mica , dont l'abon- dance et la disposition donnent alors aux émerils une structure feuilletée. L'on connoît peu le gisement des émerils ; mais il est probablement le même que celui du corindon-lamelleux- On trouve en Saxe , à Ochsenkopf , près Schwarzenberg , une roche d'émeril. Elle est formée de corindon bleu ou blanc , presque à l'état pâteux et très-mélangé de stéatite verte, grise jaunâtre ouverdâtre, et de talc, qui est aussi la nature de la couche dans laquelle on le trouve. L'émeril de Naxos et celui qui vient de Jersey , sont en cailloux roulés , disposition qui semble annoncer que ce sont autant de noyaux ou nids qui se sont détachés d'une roche plus tendre dont ils faisoient partie.

Comme il est d'usage de nommer émeril la plupart des poudres qui servent chez les marbriers et les lapidaires pour polir et scier les pierres, et que quelques émerils sont des rc-

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ches corindonifères, il ne faut pas en conclure que tous les éinerils appartiennent à la même espèce. Tels sont , par exemple, rémeril de Parme; celui de Ronda, dans le royaume de Grenade , en Espagne ; celui du Pérou, dont la nature n'est pas connue.

L'émeril, réduit en poudre à l'aide d'un moulin, donne une poudre que, par des lavages et des décantations répétés , on réduit à différens degrés de finesse. L'on emploie les poudres grossières pour les objets dont la matière n'est pas tellement précieuse , qu'elle doive être ménagée ; elles usent plus promptement. Les poudres fines servent pour les objets plus précieux , ou pour donner le dernier degré de perfection à la surface de la pierre qu'on veut polir. L'émeril pul- vérisé est employé pour polir les glaces à Saint-Gobin ; c'est même à cette fabrique qu'on prépare tout celui qui est consommé dans Paris , et qui provient du commerce avec l'Angleterre. U est fait avec l'émeril de Jersey et celui dit des Indes-Orientales. L'émeril du Levant ou de Smyrne vient de l'île de Naxos. On en apporte à Marseille de brut et de tout préparé, (ln.)

CORINDUN. Nom donné par Tournefort à un genre de plantes que Linnœus a nommé c.ardiospermum. Adanson et Moench ont repris le nom de Tournefort. Linnœus l'a conservé à une espèce que Tournefort n'a pas connue. Ce mot de corindun signifie cœur des Indes II a été donné à la graine de l'espèce principale c.ardiospermum halicacahum^ qui est originaire de l'Inde, et qu'on nomme encore pois de mer- veille. V. CORINDE. (ln.)

CORINE ou CORINNE. Quadrupède ruminant, du genre des Antilopes. V. ce mot. (desm.) CORINE. Polype nu. V. Coryne. (desm.) CORINOCARPE, Corinocarpus. C'est une plante li- gneuse , dont les feuilles sont alternes , pétiolées , ovoïdes , presque échancrées, entières et très-glabres , les fleurs blan- ches , disposées en panicules terminales et sessiles.

Chaque fleur a un calice de cinq folioles oblongues, con- caves , caduques ; cinq pétales droits, arrondis, et étroits vers leur base -, cinq fulioles pétaliformes , munies à leur base d'une glande ; cinq étamines non saillantes ; un ovaire supérieur , globuleux , chargé d'un style court , à stigmate obtus.

Le fruit est une noix allongée , en massue , contenant \m noyau obiong.

Cette plante croît dans U Nouvelle-Zélande, (b.)

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CORINTHEN. L'un des noms allemands de la Gro- seille ROUGE ( ribes nibi-um , L. ). (lN.)

CORION, d'Hippocrate. F. Coriaisdrum. Il paroîr que le corion de Dioscoride est une espèce d'esparcetlc {hedy- sarum onohiychis. ). (ln.)

CORIOPE. V. CoRÉoPE. (s.)

CORIOPHORAetCORlOSMlïES.Nomsdonnés au- trefois à une espèce à^orchis , dont la fleur représentoit une punaise. C'est Vorchis coriophora , L. , nommée cimidna par Crantz. (ln.)

CORIOTRAGEMATODENDROS. Plukenet donne ce nom au cirier à feuilles dentées, et à celui à feuilles de chêne ( myrica serrata et quercifulia , L. ) , deux arbrisseaux du Cap de Bonne-Espérance, (ln.)

CORIPHÉE. Nom imposé par Levaillant, à un oiseau d'Afrique. V. le genre Fauvette, (v.)

CORIS , Cktris. Genre de poissons établi par Lacépède , mais sur une fausse observation. Les espèces qui y enlroient ont été rendues aux Labres, ou mieux, au sous -genre à^:% Girelles. V. pi. B. 20. (b.)

CORIS. C'est la Porcelaine monnaie, (b.)

CORIS , Coris. Petite plante dont les feuilles sont cparses , nombreuses , linéaires , entières ; les supérieures épineuses en leurs bords ; les fleurs rouges , presque sessiles, disposées au sommet des tiges en bouquets serrés ou en épis ovales.

Chacune de ces fleurs offre un calice monophylle , à cinq dents , et couronné de pointes épineuses ; une corolle nio- nopétale , irrégulière , à cinq découpures inégales et échan- crées ; cinq étamincs ; un ovaire supérieur , globuleux , chargé d'un style à stigmate épais.

Le fruit est une capsule arrondie , située au fond du ca- lice , uniloculaire , à cinq valves, et qui contient plusieurs petites semences.

Cette plante croît dans les lieux sablonneux et maritimes de l'Europe australe. On Tappelle coris de Montpellier ^ parce qu'elle est commune près de cette ville, (b.)

CORIS, Dioscoride. Il paroît que c'est le coris de Tour- nefort et de Linnœus. Lobel pense que ce nom tire son origine du mot grec Kop;? qui signifie vierge, jeune fiUe, et qu'il avoit été donné à la corise, parce que rien n'est plus charmant à voir que celte jolie plante , lorsqu'elle est c»» fleurs. Cependant , d'autres botanistes prétendent que <(• nom de coris signifie punaise, et qu'il rappelle la forme des graines de la plante. Au reste, les opinions varient sur le

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coris des anciens, qui est le coren d'Hippocrate. Il y a des au- teurs qui le retrouvent dans un millepertuis (Jhypericum coris\ ou dans une euphraise {Euphrasia lutea.) (ln.)

CORISÉ , Corixa^ Geoff. ; Noionecia , Linn. ; Sigara , Fab> Genre d'insectes'', de l'ordre des hémiptères , section des hétéroptères , famille des hydrocorises ^ ou punaises d'eau, ayant pour caractères : antennes insérées et cachées sous les yeux , très-courtes , en forme de cône allongé , de quatre articles, dont le dernier plus grêle et pointu ; bec fort court et triangulaire , strié transversalement , percé d'un trou à son extrémité ; pieds antérieurs beaucoup plus courts que les autres , courbes , terminés par un tarse d'un seul article , comprimé , cilié et sans crochets ; les autres pieds allongés , de tarses de deux articles ; deux longs cro- chets à l'extrémité des tarses de la seconde paire ; point d'écusson.

Les corises sont des insectes aquatiques , de forme al- longée , un peu aplatie ; ils ont la tête verticale , arrondie à la partie supérieure , appliquée contre le corselet ; les yeux triangulaires ; le corselet plus large que long , terminé en pointe à sa partie postérieure ; l'abdomen large , aplati en dessus ; les pattes antérieures courtes ; les intermédiaires longues , avec leurs tarses terminés par deux crochets fort longs ; les postérieures longues , avec leurs tarses larges >, aplatis , terminés en pointe , garnis de poils fins et serrés , et à crochets très-courts au bout ; les élytres coriacées à la base, membraneuses à l'extrémité, couchées sur l'abdomen, recouvrant deux ailes membraneuses et pliées.

Ces insectes, qui vivent dans l'eau, se tiennent ordinai- rement suspendus par le derrière à sa surface ; mais au tnoindre mouvement qu'ils aperçoivent, ils se précipitent au fond avec beaucoup de vitesse ; ils peuvent y rester un certain temps , en s'accrochant à quelques pierres. Ils vo- lent quelquefois , mais ils marchent mal et lentement sur la terre ; dans l'eau, ils sont très-agiles. Ils se nourrissent d'insectes aquatiques , qu'ils sucent avec leur trompe, après les avoir saisis avec les pinces de leurs pattes antérieures. Quand ils nagent , le dessous de leur corps paroît argenté , effet produit par l'air qui s'y attache.

Ces insectes sont peu nombreux en espèces ; la plus commune est la suivante :

CoRiSE STRIÉE, Coiixa striala y Geoff, B. 27, 11 ; Noto- necta , Linn, ; Sigara , Fab. Elle a environ cinq lignes de long ; la tête jaune ; les yeux noirs ; les antennes jaunes , peu visibles ; le corselet marqué de petites lignes transver- sales jaunes et noires^ les élytres jaunâtres , avec des ligne»

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transversales courtes , ondées , noires; tout le dessous di» corps et les pattes jaunes.

La larve et la nymphe diffèrent peu de l'insecte parfait , vivent également dans l'eau , et se nourrissent de petits insectes. La nymphe a ses ailes et ses élytres renfermées dans des fourreaux attachés de chaque côté de la poitrine.

On la trouve dans toute l'Europe, (l.)

CORISIES , Corisîœ. J'avois désigné sous ce nom une fa^- mille d'insectes, de Tordre des hémiptères, composée de plu- sieurs genres, formés aux dépens de celui de cimex de Lin- naeus, etqui ontpour caractèrescommuns : gaine du suçoirfor- mée de quatre articles distincts et découverts; le labre très-pro- longé au-delà de la tête , en forme d'alètie et strié en dessus; tarses ayant toujours trois articles distincts, dont le premier presque égal au second ou plus long que lui. Les corisies com- posent maintenant la première division de ma famille des GÉocoRisES ou Punaises terrestres. V. ce mot. (l.)

CORISPERME , Conspermum. Genre de plantes de la monandrie digynie , et de la famille des chénopodées , dont les caractères sont : un calice de deux folioles , opposées minces, concaves , comprimées ; une étamine, quelque- fois davantage ; un ovaire supérieur , comprimé, chargé de deux styles à stigmates simples ; une semence nue , ellip- tique , légèrement convexe , et entourée d'un rebord mince et tranchant.

Les corispermes ne comprennent que deux espèces, que l'on trouve sur les bords de la Méditerranée , aux environs de Montpellier. Ce sont des plantes annuelles , à tiges rameuses , dures, striées, dont les feuilles sont alternes, et les fleurs axillaires et de peu d'apparence, (b.)

CORIUS. V. KORE. (LN.)

CORIXA. V. CORISE. (DESM.)

CORIZÈME. V. Chorizème. (b.)

CORK-TRÉE. ISom anglais du ChÊNE-liége, Quercus suber , L. (ln.)

CORLEU, CORLl, CORLU, CORLUL Noms du Courlis en Normandie, (v.)

CORLL F. Courlis, (s.)

CORLIE. Nom vulgaire du Courlis dans la Picardie, (v.)

CORLIEU. Foy. le genre Courlis. Selon M. Cuvier (Règne animal) f les corlieus se distinguent des Courlis en ce qu'ils ont le bec sillonné sur presque toute sa longueur , tan- dis que les sillons n'en occupent qu'une très-petite partie sur celui des courlis.

Le Corlieu blaîîc de Catesby, est I'Ibis blanc du Brésil.

\ia. ' 6

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Le CoRLiEU BRUN de Catesby , est I'Ibis brun du Brésil. Le CoRLiEU ROUGE de Catesby, est I'Ibis rouge, (v.) CORLIS de Belon. C'est le Courlis, (desm.) CORLU. Nom du Courlis en Normandie, (v.) COR-MEILLE et CORR. Noms donnés, dans quelques parties de l'Angleterre, à I'Orobe tubéreux, Orobus tiibero- sus , L. (ln.)

CORMIER.