MS EN

Bartard College Librars

FROM THE FUND OF

CAR ME) SNMONIOUR

(Class of 1828).

Received / One. 13 a".

MÉMOIRES SUR LES LEPIDOPTÈRES.

WÉMOIREN

SUR LES

LÉPIDOPTÈRES

RÉDIGÉS par

N. M. ROMANOFF.

Tome IX.

Avec 14 planches coloriées.

= ST.-P ÉTERSBOURG. Imprimerie de P. P. Soïkine, Strémiannaja, 12.

1897.

UN ARTAN VAERENTHU ATP.

TIBR ART:

1e]

. Alpheraky, S. dote aus Percus ge-

TABLE DES MATIÈRES

du

Neuvième volume.

. Alphéraky, S. Lépidoptères rapportés par M-r Gr.

Groum-Grshimaïlo de PAsieCentrale en 1889—1890.

. Alphéraky, S.—Lépidoptères des provinces chinoises

Sé-Tchouen et Kham recueillis, en 1893, par M-r G. N. Potanine.

. Alphéraky, $. Lévidorères de Ho et dl la

Corée.

. Alphéraky, S. ME nere sur Ho ds

tant nouveaux que peu connus, de La faune paléarctique. .

. Alphéraky, S.—Sur tes. Éd te one

de l’Asie, en 1893—1895, par l’expédition de M-rs Roborowsky et Kozlov. . . . .

. Herz, O.—kReise von Hu nach Kamtschatka im

Jahre 1890. sammelt von ©. Herz, bearbeitet von S. Alpheraky.

Juin, 1897

Or 83—149 191—184 18$—227 229—237

+ 239—299 301— 347

LÉPIDOPTÈRES

rappotés par M-r Gr. Groum-Grshimailo de l'Asie Centrale en 1889-—1890.

PAR

S. ALPHÉRAKY.

J'ai publié, dans le t. XXVI, 1892, des Horae Soc. Ent. Ross. sous le titre: Lepidoptera nova a Gr. Grum-Grshimailo in Asia Centrali novissime lecta, les diagnoses de quelques Hétérocères nouveaux décou- verts par M-r Groum-Grshimaïlo lors de son dernier voyage dans la Chine occidentale.

Ces diagnoses avaient pour but de garder la priorité, si non à toutes, du moins à une partie des très intéressantes nouveautés de ces lointains pays.

Aujourd’hui j'ai la possibilité non seulement de pouvoir com- pléter ces diagnoses par des descriptions plus détaillées mais, aussi, de livrer les descriptions des espèces restées alors inédites et de faire accompagner le tout de dessins qui serviront, je l’espère, à fixer définitivement toutes les nouvelles Noctuélites et Géométrides que nous devons à M-r Groum-Grshimailo.

M-r Groum-Grshimaïlo a gardé pour sa part la descripton des

I

Rhopalocères et des Héterocères jusqu'aux Noctuélites, c. à. d, jusqu’au point mon travail commence, à une exception près, —une Dré- panulide, dont M-r Groum-Grshimaïlo a bien voulu ‘m’abandonner

la publication. Cette dernière est la

Spica Parallelangula Alph. Tab. Il. fig 3, 9.

Alph, Iris 1893. B. VI. 346.

«Habitu staturaque Spicae Luteolae Swinh. proxima. Alae anlticae (margine postico subundato) lutescentes costa fuscescenti, strigis: basali, postbasali posticaque in medio fractis, parallelis (angulos externos formantibus) brunneis; striola obliqua apicali brunnescente sita inter apicem et venam VI.

Macula reniformi (annulari) brunneo circumscripta, parva. Pos- ticae flavide-grisescentes, umbris griseis duabus. Subtus omnes lutes- centes medio grisescentes». (Alph.).

C’est ainsi que j'avais diagnosé cette nouvelle espèce, en ran- voyant le lecteur aux Proceed. Zool. Soc. Lond. 1889, 424, le genre Spica a été établi par M-r Swinhoe.

M-r Hampson, dans son travail «Fauna Brit. India» Moths, Vol. I, p. 342, place le genre Spica parmi les Drépanulides, en quoi il a raison. |

Le facies des deux individus de la Parallelangula, que je con- sidère être des @ &, est absolument semblable à celui de la Spica Luteola Swinh., dont la collection de Son Altesse Impériale possède deux sujets de Sikkim dûs à l’obligeance de M-r Elwes.

Toute la coloration de linsecte est plus claire; les prenuères ailes sont d’un jaune-brunâtre pâle, faiblement sablées d’écailles rousses; la partie costale des ailes est d’un brun violacé, ce qui distingue à première vue cette espèce de la Luteola, dont les premières ailes sont d’un brun ocracé très chaud. Un autre caractère très important de la nouvelle espèce consiste en ce que les trois lignes: la basilaire, l’extrabasilaire et la coudée sont parallèles entre elles et, qu’en même temps, elles sont brisées, formant chacune un angle vers

le bord postérieur à la hauteur de la médiane, c. à. d. sur le milieu de l'aile à peu près. Le point annulaire au bout de la cellule (qui remplace la reniforme) est très finement écrit en brun ainsi que le sont les trois lignes parallèles précitées et le trait oblique apical. Ce dernier a le même parcours que dans la Zuteola. L’orbiculaire fait complètement défaut. Les ailes postérieures sont plus claires que dans la ZLuteola. L’abdomen de l’une des deux 9 9 n’atteint pas l'angle anal des postérieures, mais il l’atteint dans l’autre, Les antennes sont formées comme dans les g & de la Luleola, mais elles sont plus fines. L’état de conservation de l'abdomen de nos sujets ne me permet pas de dire positivement si ce sont des 9 9, comme je le suppose. Le revers des ailes est d’un brun jaunâtre pale, unicolore, avec le disque des antérieures enfumé.

M-r Groum-Grshimaïlo n’a rapporté que deux sujets de la Paral-

lelangula qu'il a rencontrée près de Moudjik dans PAmbo.

Simyra Splendida Stor.

Stett Ent. Zeit. 1888; Mémoires sur les Lép. Roman. vol. VI, p. 383, pl. VE fig. 1.

Graeser: Berl. Ent. Zeitsch. B. XXXII. S. 300.

Un & fut trouvé à Moudjik. Il est plus petit que celui figuré dans les Mémoires sur les Lépidopteres.

Acronycta Megacephala F. var? Grumi Alph.

d —4$s mm. À Megacephala differt alis anticis angustioribus, spatio inter strigam postbasalem et umbram medianr-albido alisque po- sticis ubique candidis.

Num species propria?

Le seul & que j'ai devant moi et qui vient du versant nord du Thian-Chan peut n'être qu’une variété de la Megacephala F., mais il peut aussi appartenir à une espèce distincte. Comme dis- position du dessin et comme coloration des premières ailes la

Grumi ne présente que peu de différence, sauf que l’éclaircie, à lin- *

RATÉ ONE

térieur de la coudée, n'existe pas (ceci n'arrive que bien rarement chez la Megacephala), Paile étant ici du même eris que le reste du fond, tandis qu’une large éclaircie traverse toute l’aile entre l’extrabasilaire et l’ombre transversale médiane. Cette éclaircie con- tient, presque dans son milieu mais plus près de lPextrabasilaire, la petite orbiculaire bien ronde, bien distinctemenr cerclée de gris et nullement salie de grisâtre dans le centre, ce qui est toujours le cas (plus ou moins) pour la Megacephala. Ce qui est encore bien ca- racteristique pour ce sujet c’est que les ailes postérieures sont en- tièrement blanches des deux côtés, sans dessin aucun. En outre, le facies de l’insecte me parait être autre car les premières aïles sont plus allongées et moins larges sur leur bord postérieur que dans Megacephala, la coupe des ailes étant plutôt celle de l’Acro- nycta Psi. Enfin, comme dernier caractère distinctif, je noterai que le deuxième article des palpes est, vu par en bas, d’un blanc pur et que sa villosité cache presque complètement l’article terminal. Le D-r Staudinger, qui a vu ce sujet, me dit qu'il croit que ce n’est qu'une variété de la très variable Megacephala et qu’il pos- sède (de PAsie Mineure) des individus intermédiaires entre le type ordinaire et ce sujet. Cet argument de mon illustre et savant ami est le seul qui me retienne de déclarer la Grumi comme espèce in- dépendante de la Mogacephala, comme je suis tout porté à la con- sidérer. C’est l'avenir qui décidera.

Agrotis Degeniata Chr. var. Aucta Alph.

Alph. Mémoires sur les Lép. Roman. Vol. VI, p. 25; pl. IL fig. 3.

M-r Groum-Grshimailo a trouvé quelques individus de cette grande forme à Myn-dyn-cha en Juin 1890. Ils ne diffèrent pas des individus rapportés par l'expédition Potanine (1884— 1885) des provinces Chan-Si et Kan-Sou,

Agrotis Degeniata Chr. var. Confinis Ster.

Une petite & de cette race de la Degeniata Chr. fut prise en

5

Août 1890 à Baboho, près du lac Koukou-nor. Je renvoie le lec- teur au VI volume (pages 2$— 26) des Mémoires sur les Lép. Romanoff. Je dois seulement ajouter que la Confinis Ster. ct P'Aucta Alph. sont chacune plus voisines du type Degeniata Chr., qu’elles ne le sont entre elles.

Agrotis Conspicua Hb. Cette espèce n’a été rencontrée par l'expédition Groum-Grshi- malo que dans le Thian-Chan.

Agrotis Alpestris B.

_ Quelques sujets à dessin des ailes très net, comme dans la plu-

part des sujets de l’Asie Centrale, furent pris à Moudjik en Juillet.

Agrotis Plecta L.

Le seul 4 des alpes Sinines est d’un brun-vineux moins foncé que ce n’est généralement le cas pour les individus d'Europe. L’on- dulée blanchâtre est visible sur tout son parcours.

Agrotis Dulcis Alph. Tab. Il fig. 2, &.

Alph. Horae Soc. Ent. Ross., t. XXVI, p. 444.

d —29—30 mm. nter Agr. Musivam Hb. et Stentzii Ld. po- nenda. Minor; alis angustioribus. Alae anticae ut in Agr. Stentzii signatae, sed vena media usque ad finem cellulae flavo-albida, striga arcuata postica subnulla, macula nigra costali ante apicem minus expressa serie punclorum sagittatorum ante lineam undulatam distinctiori. Tho- rax griseo-fuscus, obscurior; abdominis barba analis lutescens».

Il ne me reste rien à ajouter à la diagnose que j’ai donnée de cette

(el

spèce dont M-r Groum-Grshimailo n’a trouvé que trois & & près du Koukou-nor en Juillet 1890. Elle vient se ranger tout na- turellement entre la Srentzi Ld et la Musiva Hb. étant plus grêle

de corps que ne le sont ces deux espèces.

6

Agrotis Ledereri Ersch.

Erschoff: Troudy Soc. Ent. Ross., t. IV, p. 195.

Erschoff: Mémoires sur les Lép. Romano, t. Il, p. 209, pl. XVI fig. 4, à.

Alphéraky: Mémoires sur les Lép. Romanoff, t. VI, p. 29.

Agrotis Rava H. S. var. Mus Alph. Horae. Soc. Ent. Ross. 1882.

Agrotis Mus Alph. Staudinger «ris», Band. V (1892), p. 359.

C’est sur le versant nord du Thian-Chan que M-r Groum- Grshimaïlo a pris un individu typique de lAgrotis Ledereri Ersch. Cette espèce a un habitat assez vaste. Elle a été trouvée près d’Irkoutsk, dans le district de Kentei (Stgr.), sur le versant nord du Thian-Chan, à Kouldjà, dans les environs d’Ourga (en Mongolie) ainsi que dans la province Kan-Sou (Potanine).

Tous les individus de ces différentes localités appartiennent à la forme brun-clair qui a servi de type à la description de M-r Er- schoff et ce n’est que dans les montagnes de Kouldjà que j'ai ren- contrée des individus foncés (brun-noirâtre).

Mais parmi les individus de cette dernière provenance il est des sujets qui sont presque aussi brun-clair que le sont les Ledereri ty- piques. Je renvoie le lecteur au t. VI, p. 29, des Mém. sur les Lép. Romanoff, pour ne pas répéter, ici, ce que jy ai dit sur cette Agrotis.

Agrotis Xanthographa F. Un individu & très fruste, à peine reconnaissable mais bien

certainement de cette espèce; fut pris sur le Hei-ho en Août.

Agrotis Islandica Ster. et ab. Rossica Stor. (an Sa- gittae Hb. varietates?

J'ai déjà, à plusieurs reprises, exprimé l'opinion que la var. Ros- sica Stgr. de l’Agr. Islandica Ster. ne pouvait rester valable, car un grand nombre d'individus de cette Rossica Ster, ne sont absolu- ment pas à distinguer de certains individus, tant clairs que foncés,

venant d'Islande; ce ne seraient donc que les individus très grands,

ÿ

à dessin très accentué et à ailes fortement mélangées de blan- châtre qui pourraient, à la rigueur, être considérés comme la forme Rossica Stgr, et à titre d’aberration tout au plus, mais non de va- riété.

Mais, si de tels individus devaient porter un nom distinctif, qu’au- rait on faire et que de noms donner aux individus nombreux et infiniment plus variables que nous avons reçus de la Mongolie sep- tentrionale?! Là, paraît-il, la variabilité de cette espèce n’a pas de limites. Les individus tout noirs et grands (Agrotis Karschi Grae- ser?) se rencontrent en même temps et lieux avec des individus d’un gris-cendré clair presque unicolore et sans dessin, et nous possédons des individus nombreux présentant des passages discontinus entre ces formes extrêmes. En parlant de la faune lépidoptérologique d’Ourga, j'aurai l’occasion de revenir sur ces intéressants représen- tants de l’Jslandica. Les individus rapportés du lac Koukou-nor par M-r Groum-Grshimaïlo varient aussi très considérablement entre eux et certains sujets ne sont pas à distinguer des individus de l'Islande de la collection de Son Altesse Impériale, d’autant plus qu’ils sont bien moins grands que certains sujets de l’Oural, du Caucase, du Turkestan, de l'Amour, de la Corée etc., que j'ai devant moi.

Parmi des individus du Koukou-nor il y a une @ d’un gris- cendré-clair, prise le 23 Juillet, qui n’est pas à distinguer de quelques sujets qui nous ont été envoyés par le D-r Staudinger sous le nom d’Agrotis Sagitta Hb. et qui viennent de l’Angleterre et de l'Allemagne septentrionale. Or ces Sagitta anglaises et alleman- des ne sont bien certainement qu’une race claire de l’Islandica Ster. car, la colorotion exceptée, elles ne présentent aucune différence ni de structure, ni de dessin avec cette dernière. Ici surgit une ques- tion qui je crois ne pourra pas être facilement résolue. Est-ce que les individus d’Angleterre et d’Allemagne sont vraiment la Sagitta de Huebner? La figure de Huebner s’en éloigne considéra- blement; je crois, tout comme le fait le D-r Staudinger dans son

Catalogue de 1871, qu’elle se rapporte à une aberration de la

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Cursoria Hufn., espèce bien variable à son tour. Quoiqu'il en soit, les individus qui nous viennent comme Sagitla, de Staudinger, ne

sont pas spécifiquement distincts de l’Jslandica Star.

Agrotis Cursoria Hufn.

J'avais bien longtemps cru que les deux & 4 rapportés par M- Groum-Grshimaïlo (Thian-Chan) appartenaient À une forme grisâtre de la Tritici L., mais depuis que Son Altesse Impériale a reçu un grand nombre d’exemplaires de la Cursoria de la Mongo- lie (Ourga), qui varient autant que les individus de l’espèce précé- dente, je vois bien que ces 4 & ne peuvent appartenir qu'a cette

espèce.

Agrotis Tritici L. var. Varia Alph.

Alph. Mémoires sur les Lép. Roman. t. V, p. 138, pl. VIL fig. r.

Une 9 fut trouvée à Moudiik.

Le fond des aïles est très noir, mais lindividu n’est pas autrement différent de ceux d’Aram-Koungueï. Maintenant nous possédons cette Agrotis, en nombre, d’Ourga et c’est apparemment une forme des plus stables parmi les variétés innombrables de la Trihici.

La figure précitée rend malhereusement fort mal l’insecte.

Agrotis Difficilis Ersch.

Ersch. Horae Soc. Ent. Ross. T. XII, p. 337; Mém. s. I: L'ép. Roman. TE pl. XVL fig. s.

Agr. Albivenata Ster. Gris» Band V (1892), p. 359, Taf IL, fig. 4.

Agr. Alpherakii Chr. dris» VI (1893). p. 91.

Rivière Babo-ho, en Août. Les deux sujets rapportés, assez fru- stes (et qui par celà même ressemblent beaucoup à l’espèce précédente), appartiennent indubitablement à la Difhcilis Ersch., dont nous pos- sédons actuellement un certain nombre de sujets d'Ourga. L’indi- vidu 9 du Daghestan (Cauc. septentr.), qui a servi de type

à PAor. Alpherakii Chr., est cette même espèce. Ce dernier exem- plaire est bien plus grand et plus nettement dessiné que ne le sont les individus d’Ourga.

Le D-r Staudinger a décrit cette espèce sous le nom d'Albive-

nata d’après des individus du Kenteï.

Agrotis Ononensis Brem.

Agr. Scaramangae Alph.

Thian-Chan septentrional, Juillet, 2 & 4 qui ne diffèrent que par une coloration plus terne, plus grisâtre, des individus que je rapportai du district de Kouldjà.

L'on peut voir dans Iris», Band VII, 1894, p. 308—309, ma remarque sur cette espèce.

Agrotis Parvula Alph. Tab. II, fig. 1, à.

d 24 mm.

Habitu Agr. Corticeae Hb. sed multo minor, gracilior, antennis breviter bipectinatis, fronte longe villosa, palpis gracilioribus (articulis Î et IT sparse sed longe villosis) a Corticea distinctissima. Alae anbicae cinerascentes, dimidio costali usque ad strigam posticam brun- nescente infuscatae, macula orbiculari nulla, macula reniformi fusca permagna, macula claviformi intense nigra, fimbria cinerascente ad basin infuscata. Striga postica geminata, obliqua ad castam interne macula fusca limitata, umbra fuscescenti, loco strigae undulatae, apicem non tangente. Posticae supra immaculatae griseue; omnes alue subtus griseae punctis notatae centralibus fuscescentibus. Thorax nec non abdomen brunescente-grisei.

J'ai donné une diagnose longue qui contient, tous les carac- tères que j'ai pu trouver dans cette petite nouvelle Agro/is, dont M-r Groum-Grshimaïlo n’a malheureusement rapporté qu'un 4 des alpes Sinines, pris À une bien grande altitude. Sa similitude avec la Corticea n’est que superficielle. J'espère que le dessin que nous

en donnons sufhra à faire reconnaitre l’espèce.

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Note. J'ù vu, depuis, un & (appartenant au D-r Staudinger) dépassant le nôtre de 2 mm., il diffère en outre, de celui que je viens de décrire, en ce que la moitié subcostale des antérieures, de la base jusqu’à la coudée, est d’un brun-rouge vineux; la marge derrière la coudée, traversée par une ligne ombrée qui marque l’ondulée, est gris-cendré-clair, bleuâtre, ainsi que Pest, mais ici

moins pure, l’aile audessus du bord inférieur.

Agrotis Corticea Hb. var. Amurensis Stor.

Nous avons devant nous 4 & d et 2 $ @ pris dans les alpes Sinines à Moudjik ainsi que près du Koukou-nor. L’un de ces derniers individus porte sur létiquette: e Jarva.

Les g 4 sont de taille médiocre et ne différent guère de cer- tains sujets d'Europe. Mais les deux 9 9 ont l’espace des premières ailes compris entre les deux raies médianes (lextrabasilaire et la coudée) fortement obscurci, presque noir, caractère distinctif de la var. Amurensis Ster. (Mémoires sur les Lép. Romanoff, tome VI, p. 421). La seule 9 de lAmour que j'ai devant moi est seule- ment un peu plus foncée que ne le sont les $ $ rapportées par M-r Groum-Grshimaiïlo.

Agrotis Senescens Stor. var. Senilis Ster.

Quelques individus de cette race de la Senescens furent rappor- tés du versant nord du Thian-Chan. Cette variété, à dessin plus distictement marque, varie à son tour considérablement et atteint son plus fort développement, dans cette direction, chez les individus de Samarkand.

Comme patrie de la Senescens typique, je ne connais que l’Ala- Tau. La structure de cette espèce est absolument pareille à celle de l’Agrotis Kungessi Alph. que je découvris dans le Thian-Chan et, sans nul doute pour moi, il y a parenté spécifique entre ces deux

insectes.

II

Agrotis Deserta Stor. Un & et deux © 9 du versant nord du Thian-Chan.

Agrotis Occulta L. Une belle 9 de coloration claire. Thian-Chan.

Adelphagrotis Prasina F.

Deux petits individus de Thian-Chan. Cette espèce, grâce aux tibias des pattes antérieures non épineux, doit sortir du genre Agrotis et doit entrer dans le genre Adelphagrotis Smith (Smiths.

Inst Bull AUS: N°: M: 38; 1890, p. 38).

Rhynchagrotis Chardinyi B.

Un 4 des alpes Sinines, de Goui-doui-cha, pas différent de ceux de la Russie d'Europe.

Le genre Rhyuchagrotis a été établi par M-r le Prof. Smith dans le Bull. Smiths. Inst. U. S. N. M. 38, 1890, p. 13.!

? Ficomorpha Argillacea Alph. Tab. Il, fig 1, à.

Alph. Horae, S. Ent. Ross. T. XXVI, (1892), p. 445.

Agrotis (?) Decolor Stgr. «ris» 1895, p. 307.

Je reproduis ici la courte diagnose telle que je lai donnée dans les Horae:

«Tibiae omnes ut in Eicomorpha spinosae, sed anticae spina ro- busta cornea terminatae ut in Oncocnemide Ld.; antennae submonili- formes (non bipectinatae), dense sed breve ciliatae.

d parvus, statura Agr. Plectae L.; alae anticae diluto griseo-lu- tescentes (argillaceae), ciliis maculaque postcellulari griseis, maculis strigisque ordinaris nullis. Alae posticae e luleo grisescentes.

= IN

Habitat: Tschan-busa in montibus ad Sinin (Amdo), volans Julio».

A cela je dois ajouter qu'ayant recu depuis de meilleurs sujets,

du D-r Staudinger, j'ai pu constater chez cette espèce la présence

12

au bout du tibias antérieur, non d’un crochet, comme je lavais vu tout d’abord, mais de deux.

Il me reste à renvoyer le lecteur à la description si exacte de mon savant ami qui a décrit cette espèce sous le nom de Decolor Ster. d'aprés 16 & & venant du Thibet.

Cette espèce ne peut rester, ni dans le genre Æicomorpha Ster., ni dans le genre Agrotis, et c’est indubitablement dans un genre

encore inédit qu’elle trouvera sa vraie place.

Spinipalpa Maculata Alph. Tab. I, fig. tr, à.

Alph. Horae So:. Ent. Ross. T. XXVI, p. 444—445.

«Genus Spinipalpa Alpb.

Inter g. Agrotis O. et g. Charaeas Stph. ponendum.

Oculi nudi tenuiter circumciliati; palpi porrecti, articulo secundo subtus longe piloso, articulo terminali spinulis duabus corneis terminato. Pedes perlongi, femoribus anticis valde hirsutis, tibiis omnibus spino- sissimis. Aniennae bipectinatae.

Thorax cum scapulis villosus.

Abdomen non fasciculatum».

Spinipalpa Maculata Alph.

Thorax brunnescenti-criseus scapulis vitta alba signatis. Alae anticae dilute brunnescenti-criseae, costa ad basin nervisque disci dilutioribus, maculis strigisque ordinartis nullis; vittis longitudinalibus: basali, cellulari, internervularibus disci, neg non antemarginalibus migris. Posticae unicolores, brunnescente-griseaë; subtus alae omnes ob- scure-griseue.

d 30 mm. Amdo».

La caractéristique du genre et de l’espèce me parait suflisante pour faire reconnaitre l’espèce, d’autant plus que le dessin que j'en donne est réussi. Bien malheureusement l'individu unique, rapporté de Ia province Amdo par M-r Groum-Grshimailo, ne me

permet pas une étude plus minutieuse des caractères génériques.

Les deux épines cornées, qu'on ne peut voir qu’à la loupe, à l’ex- trémité des palpes, me parait être jusqu'ici un fait tout à fait isolé parmi les Noctuélites et il serait bien intéressant de constater si ce caractère, que je crois très important, l’est en eflet, ce qu’on ne pourra savoir que quand d’autres individus de cette espèce seront

repris.

Haderonia Arschanica Alph.

Hadena Arschanica Alph. Hor. S: Ent. Ross. T. XVII

C’est du Thian-Chan que M-r Groum-Grshimaïlo a rapporté un d de cette espèce.

Dans lP«lris» de 189$, p. 320, le D-r Staudinger établit pour cette espèce, ainsi que pour une autre, nouvelle, le genre Haderonta.

Dans le présent volume se trouve la description d’une troisième espèce appartenant à ce genre et l’on y verra que j'y fais encore entrer l’insecte décrit jadis, dans mon travail sur les lépidoptères de Kouldjà, comme Mamestra Khorçossi.

Mamestra Altaica Ld.

Un g du Thian-Chan septentrional, de couleur gris-clair, uni- forme, comme nous en possédons un autre sujet de l’Altai. Ces individus différent très sensiblement des individus d’'Ourga (Mon- golie septentr.), trouvés par M-r Léder et qui sont d’une colora- tion très foncée, noirâtre et qui ont le déssin très accentué.

Mamestra Nebulosa Hufn. var?

Un &, pris dans la même région avec l’espèce précédente, res- semble par sa coloration et son habitus à cette dernière à sv méprendre; mais un examen minutieux prouve incontestablement que c’est un individu très sombre de la Nebulosa. Est-ce une race constante?

Mamestra Pisi L.

Un méchant sujets du Thian-Chan.

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Mameostra Advena F.

Un & et une 9 de Moudijik.

Les deux sujets sont peu frais, mais on peut pourtant constater qu'ils ont le dessin faiblement accentué et une coloration plus grisâtre que dans le type Européen.

Mamestra Furcula Stor.

Stett. Ent. Z. 1889, p. 21.

Un & rapporté des Montagnes Célestes (d’Ounkan-vol) par M-r Groum-Grshimaïlo, qui le prit en Juin 1889, diffère considerab- lement d’un individu typique du Turkestan qui nous a été envoyé par le D-r Staudinger. Il est plus grand que ce dernier individu, il a les ailes plus allongées et les inférieures plus blanches dans leur moitié basilaire, le blanc tranchant nettement avec la large bordure noire. Sur le revers les parties claires des ailes sont d’un blanc très décidé dans ce sujet.

Peut-être est-ce à une race constante, propre au Thian-Chan, qu'appartient ce sujet. L'absence de tout reflet violet est l’un des caractères qui distingue le plus la Furcula Stgr. de la Furca Ev. Qui sait si, après tout, ce n’est pas une subspecies de cette dernière. Le matériel que nous avons devant nous est par trop insuflisant pour la décision d’une telle question.

Mamestra Texturata Alph. Tab. I, fig. 2, 9.

Horae Soc. Ent. Ross, TL XXVI-p. 446:

«Species pulchra, simillima Mam. Reticulatae Vill. Differt: thorace fusco obscuriore, scapulis griseo-marginatis, alis anticis obscurioribus fusco-nigris (non rubicundis), signis omnibus albidioribus, strigis post- basali posticaque albis simplicibus, angustioribus (non geminatis), alis posticis supra omnibusque subtus obscurioribus.

QUO 58740 mnt

Habitat: in montibus ad Sinin (Amdo)».

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C’est ainsi que j'avais diagnosé cette espèce dans les «Horae» ct e reproduis ici cette diagnose en corrigeant une faute (lapsus calami) quand je’ disai que javais des 4 & devant moi, au lieu de dire des @ 9.

La taille de l’insecte et le dessin des ailes sont pareils à ceux de la Reticulata Vill. et pourtant, en comparant les deux espèces en nature, leur différence spécifique me paraît être incotestable.

Je dois pourtant dire que je ne sais trop comment faire ressor- tir les légères différences qui existent entre ces deux Mamestra, excepté par les caractères donnés dans la diagnose.

Les lignes fines (non géminées) des ailes antérieures sont plus blanches dans la Texturata et elles tranchent plus nettement avec le fond brun-foncé de l’aile qui remplace, dans la nouvelle espèce, la couleur rose-violacé que présente généralement la Reficulata. En outre, les nervures IIT et IV sont (outre qu’elles sont blanches de- puis leur naissance jusqu’à la coudce) finement mais nettement lise- rées de blanc entre la coudée et la frange d’une manière bien plus tranchée que cela n’est le cas dans la Raticulata. Les deuxièmes ailes ainsi que toutes les ailes sur le revers sont beaucoup plus brun-noir que dans Reticulata.

M-r Groum-Grshimaïlo n’a pris que 2 $ & de cette jolie espèce dans l’Amdo.

Mamestra Sociabilis Grasl. var. Irrisor Ersch.

Mamestra Irrisor Ersch. Voyage de Fedts p. 42—43. pl. IV. fig. s3, ®

Mamestra Albipicta Chr. Mém. c. 1. Lép. Romano. T. I. peg- 119 pl. VIN, (0 ON

Une seule ® de cette race orientale de la Sociabilis du ver- sant nord des Montagnes Célestes. Cette espèce varie tout autant que sa congénère Zrifolii Rott. et c’est sans doute la raison qui a fait décrire encore une fois cette espèce sous le nom d’Albipicta par feu H. Christoph. Je ne sais vraiment pas comment caractériser

la var. Jrrisor,—tant les sujets varient entre eux. En outre de la

_16

coloration des ailes supérieures, qui de gris-blanc peut devenir gris- brun plus ou moins clair, de la différence dans la netteté du des- sin, nous voyons chez cette espèce une sensible différence dans la largeur des premières ailes, ce qui donne à certains sujets un fa- cies bien à part et, si toutes les transisions de l’un à l’autre de ces individus différents n'étaient présentes, l’on serait bien tenté de voir dans les formes extrêmes plusieurs espèces. Pourtant, comme des sujets de toutes ces formes se rencontrent dans les mêmes localités (ainsi sur le littoral Est de la mer Caspienne), il n’y a pas possibilité de subdiviser cette espèce même en races lo- cales. Cette var. Zrrisor habite le Turkestan, le Tekké, le Thian- Chan et, peu avant sa mort, H. Christoph la découvrit près de Sarepta. Les sujets de cette dernière localité sont grands, à dessin

très net et À ailes antérieures brun-clair.

Mamestra Satanella Alph. Tab. IL fig, 14, @.

Horae Soc. Ent. Ross. tom. XXVI (1892), p. 445.

«Statura habitusque Mam. Trifolii Rott.

Alae omnes fusco-nigrae, signis ordinariis obscurius inscriptis, punc- tis costalibus ante apicem nec non linea undulata (antemarginali) mar- ginem versus inferiorem albidis.

Subtus alae obscure-griseae, nigricantes.

? ? 29 32 mm.

Habitat: Guj-duj in regione Amdo dicta».

Cette espèce a tout-à-fait le facies et l’habitus de la M. Zrifohi Rott. Ses ailes antérieures sont d’un brun noir que je crois devoir comparer à celui de l’Agrotis Neoricans L., avec le dessin ordinaire fortement envahi par la couleur du fond, mais qu'on peut pour- tant reconnaitre en examinant linsecte de près.

Seule londulée est quelque peu blanchâtre et, par conséquent, la plus voyante des raies transversales; elle est toujours plus déci- dée vers le bord inférieur de l’aile. Quelques points costaux, avant

Papex, sont aussi plus ou moins blanchitres.

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Le Dr. O. Staudinger m'avait communiqué quelques sujets de cette même espèce et du même pays et je crois me souvenir qu’il y avait des sujets à fond plus clair que ne l’ont les trois $ $ qui me servent de types.

Les ailes postérieures sont gris-noir unicolores, avec la frange, qui parait être, chez un sujet, quelque peu plus claire, grisitre. __ Sur le revers toutes les ailes sont brun-fuscescent unicolores teintées de rougeâtre-vineux près de la côte (tant les antérieures, que les postérieures), chez l’une des $ $ que j'ai devant moi. Le point discocellulaire est très faiblement indiqué aux anterieures et il est mieux accusé aux deuxièmes ailes, qui ont, aussi, une coudée médiocrement accentuée,

Il est présumable, d’après ce que j'ai vu de cette espèce, qu’elle est assez sujette à varier, tant par la coloration du fond, que par la netteté du dessin.

La Satanella ne diffère pas morphologiquement de la Trifolii, près de laquelle elle vient tout naturellement se ranger.

Mamestra Xena Stor.

Manobia Xena Ster. «lris». 1895, p. 317. Taf. VI, fig. 8. ®.

Une méchante @, frottée au point d'être À peine reconnaissable, fut prise à Goui-doui-cha. Mais nous possédons une paire très fraiche, du même pays, qui nous vient du Dr. Staudinger.

Dans la description, le Dr. Staudinger remarque qu'il ne peut pas se décider à la placer dans le genre Mamestra et il propose, pour l’espèce, le genre nouveau Manobia Ster.

Comme je ne vois pas un seul caractère générique par lequel le genre Manobia serait à séparer de Mamestra Tr. (car l'absence du signe Æ aux ailes antérieures n’en est pas un), je préfère laisser la Xena dans le genre Mamestra, à côte de l’Incommoda Ster. (Stett. Ent. Z. 1888 p. 250; Mém. s. L Lép. Roman. T. VI, p. 428, pl. VII, fig. 3), de l'Amour, avec laquelle elle a les plus grandes affinités.

D

IS

Dianthoecia Lurida Alph. Tab. I, fig. 4 9.

Horae Soc. Ent. Ross. T. XXVI, 1892, p. 446.

«Statura hahituque pone D. Xantocyaneam Hb. ponenda.

d. Alae anticae brunneo-fuscae, signis ordinarüs (orbicularibu, seu annularibus) cinerascentibus. Alae posticae brunnescenti luridae, triga sinuosa media, umbra lata postica nec non litura marginal (interrupta) griseo-fuscis.

RDS

Une description détailée qui, nécessairement, serait très longue,

35 MM».

n’ajouterait pas beaucoup de clarté, pour faire reconnaitre l’insecte. Le très exacte dessin de Mr. Rybakow, que nous en donnons, me semble plus apte à donner une bonne idée de cette espèce, que ne le ferait une description des plus minutieuses.

La figure de la Tab. I, péche un peu par la coloration des ailes inférieures qui, en nature, ont une teinte brunâtre-livide plus accen- tuée. Cette espèce habite la province Amdo, elle fut trouvée dans deux localités: à Gaui-doui et Myn-dyn-cha, au mois de Juil- let. Par la villosité très considérablement développée du corps, ont peu présumer que c’est une espèce des hautes régions.

E1“9n1-pas été trouvée.

Dianthoecia Deliciosa Alph. Tab. II, fig. 3, &.

Horae Soc. Ent. Ross. T. XXVWI, 1892, p. 446.

CAlae anticae sericeae, cinereae, griseo rufoque tenuiter marmora- lae et scripturatae. Posticae obscure-griseae, striga postica extus colore dilutiore limitata strigulaque diluta antemarginali (angulum super ana- lem) nec non lunula obscura venulae transversae ornatae.

Subtus alae anticae obscure-griseae, costa flavescenti, striga postica in costa nigro-notata, ciliis lutescenti-cinereis externe griseo-interruplis. Alae posticae cinereae, fimbria pallidiore, lunula cellulae strigaque lata distinctissima postica griseis.

d = 3j mm.

Habitat: Ljan-dsha-sjana in montibus ad Sinin (Amdo)».

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Il est de cette espèce comme de la précédente pour la difficulté qu’elle présente à être décrite à cause du parcours des nombreuses raies qui ornent les ailes supérieures et que le dessin de Mr. Ryba kow rend avec beaucoup d’exactitude.

Malheureusement le dessin ne peut rendre le soyeux de la sur- face des ailes ni les différentes teinte que celles-ci présentent, vues sous un certain jour, par la combinaison du gris, du cendré et du roux, dont sont finement marbrées les ailes. Sous un certain éclai- rage les ailes paraissent même être verdâtres, malgré l'absence d’écail- les vertes.

J'ai vu un sujet de la collection Staudinger, des mêmes régions, c’est-à-dire des montagnes Sinines (province Amdo), qui était très considérablement plus sombre de couleur, que l'individu type que nous figurons.

C’est, peut-être, près de la Mamestra Cappa Hb. que cette espèce devra trouver sa place si la ©, qui nous est encore inconnue, n’a

pas l’oviducte saillant et caractéristique du genre Dianthoecia B.

Dianthoecia Orientalis Alph. Versant Nord du Thian-Chan.

Polia Centralasiae Stor. Rapportée du Thian-Chan, l'espèce parait être fort ré-

pandue.

Dasypolia Templi Thnb. v. Asiatica Alph.

Var. magis grisea colore fulvescente nullo.

M-r Groum-Grshimaïlo a rapporté deux individus dont lun, ne ©, est bien surement une Dasypolia Templi, très grisâtre, et dont la coloration jaunâtre est tout à fait nulle. Du reste, les quelques individus de la Templi, de l'Asie Centrale, que j'ai pu exa-

miner, jusqu'ici, paraissent tous être dépourvus de la coloration jau-

*

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nâtre mais, malheuresement, ils etaient tous dans un état de con- servation déplorable.

L'autre individu, un &, porte sur l’étiquette: «près des sources de Hy-ho, trouvé après un fort chasse-neige courant sur la neige et nullement engourdi, malgré les—7" que marquait le thermo- mètre». Par la structure du corps c’est aussi à une Dasypolia qu’ap- partient ce dernier sujet, mais son état piteux ne me permet pas

de dire avec certitude si c’est bien à la même espèce qu’il appartient.

Dasypolia Pagodae Alph. Tab. I. fig. 9. &.

Horae Soc. Ent. Ross, XXVI, p. 451.

«Alae anticae (angulo inferiore rotundato) lutescenti-griseo-cinereae, fascia postbasali augulato-sinuata villaque basali fuscis, maculis cel- lulae magnis (orbiculari tota, reniformi interne) fusco-lituratis, striga postica (sub costam arcuata) fuscescenti, subrecta, maculae remiformi approximata extus lutescenti limitata. Alae posticae griseae; litura mar- ginalis omnium nigra; fimbria flavescenti-cinerea linea obscuriore divisa.

Subtus alae anticae griseae, posticae dilute-cinereae puncto cellulae Jusco, striga postica, per omnes continuata, evanescente, ciliis flavido- interruplis.

F 3j MM.

Habitat: Myn-dyn-scha in regione Amdo; volat Jumio».

Cette remarquable espèce me parait être une franche Dasypolia. Elle est fasilement reconnaissable à la coudée des premières ailes, qui traverse l’aile en ligne presque droite en dehors de la réniforme et très près de celle-ci. Quant au reste, la diagnose, jointe au des- sin très exact de M-r Rybakoff, me parait contenir tous les détails nécessaires à faire surement reconnaitre l’espèce. J'ai vu, depuis la publication de la diagnose de la Pagodae, un autre & en tout pa- reil à celui qui nous vient de M-r Groum-Grshimailo et qui se trouve en la possession du D-r Staudinger. Ce deuxième individu, tant que je me souviens, êtait d’un gris un peu plus foncé que celui qui ma

servi de type. Il provient également de la province Amdo.

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Dasypolia Gerbillus Alph. Tab. II, fig. 6, 9.

Horae Soc. Ent. R., T. XXVI, 1892, p. 451.

«Alae cinereae, vix lutescentes; anticae striga posthbasali undulata, postica arcuata, crenulata, umbra antemarginali nec non strigulis lim- balibus—fuscescentibus; macula orbiculari longiuscula, fusco circumducta, macula reniformi intus fuscescenti-adumbrata; ciliis albido-cinereis.

Alae posticae cinereae, puncto centrali sinuataque striga postica— grisescentibus.

Subtus alae omnes flavido-cinereae, lunula cellulae posticarum grisea.

Thorax e lutescenti-cinereus.

QU.

Habitat: ad Matisse in montibus Njan-Chan».

Cette petite espèce, dont je ne connais qu’une @ bien conservée, rapportée du Nan-Chan, (Matissé), a tout-à-fait le habitus et la structure des Dasypolia, sauf une particularité—la bien plus grande longueur du dernier article des palpes. Mais, comme tous les autres caractères sont ceux du genre Dasypolia et que je n’ai que cette & à étudier, je crois devoir l’y placer, en attendant.

Les ailes sont gris-cendré faiblement teinté de brunûtre-clair; le dessin ordinaire est marqué en gris plus foncé que le fond; l’or- biculaire, couleur du fond, petite et circonscrite de gris, est, chez ce sujet, un peu oblongue longitudinalement; la réniforme, finement cerclée de gris, est appuyée d’une ombre grise,—assez intense du côté de la base de Paile. La figure que nous en donnons repré- sente bien les détails du dessin, mais celui-ci y est rendu trop gros- sièrement, c. à d. d’une manière par trop accentuée.

La frange est large, gris-cendré; toutes les ailes sont, sur le dessous, gris-clair un peu brunâtre avec la coudée peu accentuée et le point central des inférieures faiblement indiqué.

Je vois, au dernier moment, que les palpes de la Gerbillus sont formés comme dans le 4 du genre Dasysternum, créé par le D-r Staudinger pour l'espèce Tibetanum Stgr. (Iris 1895, p. 327, Taf. VI, fig. 9) espèce dont nous ne possédons encore que ce seul sexe.

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Par contre ce 3 de Dasysternum Tibetanum a les pattes bien plus longues et plus grêles et les premières ailes à apex bien plus aigu que notre 9 de Gerbillus. Ce n’est donc pas avant d’avoir un bien plus grand matériel que l’on pourra voir si les affinités de la Ger- billus ne sont pas plus grandes avec le genre Dasysternum Ster., qu'avec le genre Dasypolia Gn.

Nous suivons feu Guenée, qui a bien eu raison d’indiquer la place du genre Dasypolia dans le voisinage immédiat du genre Po- lin O. d’où l’a, très injustement, éloigné Lederer.

Heliophobus Grumi Alph. Tab. IL, fig. $ a, b, a 9.

Horae Soc. Ent. Ross., vol. XXVI, p. 447.

«Species pone Helioph. Hispidum H. G. ponenda. Oculi minores profundius siti, antennae brevius bipectinatae, lamellis robustioribus, palpi articulo terminali paulum longiore minusque dense piloso.

Alae obscurae, fuscae, maculis orbiculari (annulari) reniformique (fusco impleta) albis, strigis postbasali posticaque minus arcuatis, plus minusve distinctis (postica saepe vix conspicua), striga undulata antemarginali accidentata albida, signum (ut in g. Mamestra) for- mante, macula claviformi-ut in Hel. Hispido. Posticae obscurae, imma- culatae.

@. Alae angustiores brevioresque.

dd = 27—30 MM. $ 2$ rmm.).

Cette diagnose contient à peu près tous les caractères morpho- logiques qui distinguent cette espèce de la ÆHispidus H.-G., qui est le type du genre Heliophobus B., comme l’accepte (quoiqu’à tort, à mon avis) feu J. Lederer. ;

Comme le présent travail n’est voué qu’aux descriptions des in- sectes rapportés par Mr. Groum Grshimaïlo, et nullement à une ré- vision du système, je préfère y adopter la classification de Lederer (acceptée par Staudinger et Wocke dans leur grand Catalogue de 1871) sauf les cas quand je crois absolument indispensable de m'en

éloigner. Je le fais, parfois, pour éviter des rapprochements fâcheux

23 et qui auraient pu nuire au but que je poursuis, qui est, de fixer aussi surement que possible les nouvelles découvertes et de les placer le plus naturellement possible près des espèces dont elles sont le plus rapprochées. Aussi n’est -ce pas avec le genre Heliophobus comme le comprenait Boisduval, mais bien avec l'espèce Hispidus H.-G. que je compare cette espèce, ainsi que la suivante.

Les pattes de lHel. Grumi sont un peu plus longuement velues que dans l’Hel. Hispidus Hb.

Les ailes de la Grumi sont bien plus brun-foncé que dans His- pidus et les deux taches de la cellule des ailes antérieures, très blanches (centrées de brun, ou non), sont très apparentes, lorbi- culaire étant toujours petite, quoiqu’elle soit, dans quelques 9 @ un peu tirée en longueur. L’ondulée, si caractéristique dans Hispi- dus, à un parcours trés accidenté dans Grumi et elle fait un Æ, comme dans certaines Mamestra, sur les nervures III et IV.

Les dessins que nous donnons du & et de la @ de cette espèce sont très exacts et la feront très surement reconnaître mais je dois faire la remarque suivante: le & a l’orbiculaire non pupil- lée de blanc, tandisque, le plus souvent, elle l’est, et très fortement, de manière qu’elle représente un anneau blanc, dans la 9.

La @ a les ailes moins developpées, tant en longueur, qu’en largeur. Elle varie très considérablement par la colaration, qui de- vient parfois très noire, comme je l’ai vu sur un sujet de la collec- tion du Dr. Staudinger, qui l’a reçue, presqu’en même temps que nous, des bords du lac Koukou-nor. La pectination des antennes est assez différente de celle de la Hispidus, qui sont plutôt en scie dans la

Grumi, avec les dents très longues et robustes.

Heliophobus Anachoretoides Alph. Tab. I, fig. 6, 4. Horae Soc. Ent. Ross., vol., XXVI, p. 447.

«Structura, statura, habitusque praecedentis.

Alae anticae brunnescenti-fuscae, macula reniformi magna, caeca,

cum vitta longitudinali venae mediae confluente orbicularique parva,

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longiuscula albido-flavescentibus. Alae posticae brunnescentes, post linean griseam posticam infuscatae.

Subtus alae flavo-brunnescentes, anticae obscuriores.

d 26 mm.

Habitat: ad lacum Kuku-noor; volat Julio».

En diagnosant ainsi l’unique & de cette espèce, j'ai commis une erreur, car les anteunes de l’Anachoretoides, ne sont pas bipectinées comme dans la précédente, mais à tige en scie, dont les dents sont rudimentaires, et elles sont fortement ciliées. Autrement les deux insectes ont la même structure. Comme je lai déjà exprimé ailleurs, à plusieurs reprises, la structure des antennes ne présente, le plus souvent, qu'un caractère spécifique, mais non générique dans les Noc- tuélites. Aussi, la parenté générique de l'Anachoretoides, avec la Grumi n'est elle nullement affectée par cette structure différente des antennes.

Il est très difficile de décrire d’une manière satisfaisante une Noctuélite d’après un seul sujet, car les Noctuélites sont presque toujours bien sujettes à varier; pourtant l’Anachoretoides sera tou- jours facilement reconnaissable, sans la moindre difficulté, par la ma- nière dont la réniforme conflue avec le gros trait blanc de la ner- vure médiane (inférieure de la cellule), qui donne à linsecte une ressemblance éloignée avec lAgrotis Anachoreta H. S., tout comme l'espèce précédente a un faux-air de la Luperina Haworthii Curtis.

Les ailes postérieures diffèrent, dans l’Anachoretoides, de celles de la Grumi, par la présence de la coudée et par une teinte brun- clair jaunâtre dans leur moitié basilaire, à l’exception de la cellule qui est fuscescente.

Même localité et même époque de prise avec la précédente.

Ulochlaena Superba Alph. Tab. I, fig. 7, à.

Horae Soc. Ent. Ross., vol. XXVI, p. 447—448.

«Ab. Ul. Hirta Hb., cui bhabitu, statura coloreque comparanda, differt: oculis (nudis) munoribus, profundius sitis, villositate corporis

paulum breviore nec non alis alius signatis.

Alae anticae brunneae, costa, macula orbiculari (extus acutiuscula), reniformi, macula permagna extracellulari extus